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Ilmatar, années 1920
Aquarelle pour le Grand Kalevala, Chant I • 41,5 x 33 cm • Coll. musée Gallen-Kallela, Espoo • Photo Jukka Paavola
Joseph Alanen, Joukainen guette Väinämöinen et le précipite dans les flots, Kalevala, Chant VI, vers 1910
Héros sur toile de jute
Inspiré par le mouvement anglais Arts and Crafts, Joseph Alanen (1885–1920) illustre le Kalevala par une série de peintures décoratives à l’œuf sur toile de jute, dont les couleurs et la rugosité évoquent celles des tapisseries anciennes. Inspirées de l’esthétique viking et d’autres arts primitifs, leurs lignes stylisées expriment un parfait mélange d’archaïsme et de modernité, accentuant le côté légendaire de ces récits de l’âge du bronze.
Tempera sur toile • 50 x 64,5 cm • Coll. particulière
Joseph Alanen, Ilmatar, Kalevala, Chant I, Vers 1910
Une nymphe fécondée par l’écume
Le Kalevala s’ouvre sur un récit de création du monde : fécondée par une vague, la belle nymphe Ilmatar tombe enceinte et attend 700 ans (le temps que la Finlande a passé dans le giron suédois !) avant de donner naissance à Väinämöinen, l’un des grands héros du mythe, et de façonner les continents. S’étirant comme des rayons, les lignes tracées à main levée ouvrent une brèche vers l’invisible, conférant aux peintures d’Alanen un caractère mystique.
Tempera sur toile • 49,5 x 64,5 cm • Coll. particulière
Joseph Alanen, Les Astres nouveaux ne donnent pas de lumière, Kalevala, Chant XLIX, vers 1910
Le vol du soleil et de la lune
Horreur : quelqu’un a dérobé le soleil et la lune, privant les habitants de lumière et de nourriture ! Pour y remédier, le forgeron Ilmarinen fabrique une lune en argent et un soleil en or, qu’il juche au sommet d’immenses sapins. Mais c’est un échec… Commence alors une épopée pour retrouver les astres volés. En contrepartie du soleil de minuit, dont elle bénéficie en été, la Laponie connaît en hiver une obscurité permanente : ce récit, comme beaucoup d’autres du même genre, cherche à fournir une explication mythologique à ce phénomène nordique.
Tempera sur toile • 61 x 46 cm • Photo Stella Ojala
Joseph Alanen, L’aigle et le brochet, Kalevala, Chant XIX, vers 1910
Combat épique
Pour épouser la vierge de Pohjola, Ilmarinen doit effectuer une série d’exploits. Le dernier consiste à capturer un brochet monstrueux qui hante le fleuve de Tuonela – le royaume des morts, comme l’indiquent la couleur sombre de l’eau et les crânes alignés sur le rivage. Symbole du soleil et du feu dans la mythologie finlandaise, un aigle lui vient en aide pour terrasser la bête.
Tempera sur toile • 49,5 x 64 cm • Coll. particulière
Rudolph Koivu, Illustration pour l’ “Histoire de l’étoile de Noël”, 1934
Piège de cristal
Guidés par une étoile scintillante, un frère et une sœur tombent nez à nez avec le méchant roi des Glaces, qui tient une petite fille prisonnière de son palais givré. Cette aquarelle est signée Rudolf Koivu (1890–1946), le plus connu des illustrateurs finlandais. Publiée en 1934 dans l’un des nombreux périodiques pour enfants qui fleurissent en Finlande dès les années 1920, l’Histoire de l’étoile de Noël est un concentré de motifs typiques des contes nordiques, qu’on retrouve notamment dans La Reine des neiges (1844), du conteur danois Andersen.
Aquarelle • 36,5 x 25,5 cm • Coll. Fondation Amer / Musée des beaux-arts de Tuusula
Rudolf Koivu, Illustration pour l’ “Histoire de l’étoile de Noël”, vers 1934
Traîneau enchanté
Après les avoir régalés d’un délicieux repas, la Bonne Dame des neiges ramène les deux petits héros et leurs amis (la petite fille libérée de sa prison de glace et un petit garçon arraché des griffes d’un troll) chez eux à bord d’un traîneau somptueux. Décorée de motifs féeriques inspirés des cristaux de neige, cette aquarelle est imprégnée de l’influence russe très présente chez Koivu, qui a passé son enfance à Saint-Pétersbourg avant de rejoindre sa grand-mère en Finlande.
Aquarelle • 36,5 x 25,5 cm • Coll. fondation Amer / Musée des beaux-arts de Tuusula
Rudolf Koivu, Illustration pour “Frère et sœur”, 1929
Féerie marine
Nimbée d’algues rouges, cette mystérieuse ville sous-marine évoque les visions de Gustave Moreau, Koivu s’étant, à ses débuts, beaucoup inspiré des peintres symbolistes. Un poisson rouge y emmène un petit garçon chercher sa sœur, prisonnière du Démon de la mer. L’eau hante les histoires populaires de la Finlande, qui compte plus de 3 000 lacs et dont la culture est depuis l’ère viking marquée par la pêche et la conquête maritime.
Aquarelle • 39 x 29 cm • Coll. fondation Amer / Musée des beaux-arts de Tuusula
Rudolph Koivu, Illustration pour “L’Oiseau d’or”, 1927
Lutin sauveteur
Alors qu’elle cueille des fraises en forêt, une petite fille tombe sous l’emprise d’un troll. Pour la libérer, ce lutin demande à la lune de lui envoyer une pelote de fil d’argent, avec laquelle il va ligoter la créature maléfique. Tout comme les trolls, dont ils se distinguent par leur bienveillance, les petits lutins vêtus de rouge font partie intégrante de la culture finlandaise. Un lutin serait même attribué à chaque enfant du pays et serait chargé d’informer le Père Noël de sa conduite ! Cette illustration met aussi en valeur la forêt, élément central du paysage finlandais, où vivent la plupart des créatures magiques…
Aquarelle et gouache • 30,5 x 33,5 cm • Coll. fondation Amer / Musée des beaux-arts de Tuusula
Martta Wendelin, Illustration pour “Le Cadeau de la maîtresse des eaux”, 1920
Virée en poisson volant
Aidés par un poisson volant, une petite mendiante et son chat viennent de sauver le fils d’un pêcheur, qu’une sorcière des abysses avait séquestré dans son château marin. Dans les années 1920–1930, l’illustratrice Martta Wendelin (1893–1986) met souvent en scène des enfants pauvres (hélas très nombreux en Finlande à cette époque), récompensés de leur bonté par des événements merveilleux qui viennent enchanter leur quotidien le temps d’un conte…
Encre et aquarelle • 26,5 x 30 cm • Coll. musée des beaux-arts de Tuusula
Légendes des pays du Nord
Du 26 novembre 2018 au 17 février 2019
Palais Lumière • Quai Charles Albert Besson • 74500 Évian-les-Bains
ville-evian.fr
La fabuleux village
D’étonnantes sculptures traditionnelles locales en bois flotté représentant elfes, lutins, farfadets, animaux et autres créatures légendaires, disséminées dans la ville d’Évian-les-Bains jusqu’au 6 janvier 2019.
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Aux origines du mythe du Kalevala
Après huit siècles de domination suédoise, puis russe, la Finlande finit par acquérir son indépendance en 1917. Recueillis dans les chaumières, puis abondamment illustrés, ses mythes et contes populaires sont alors la pierre angulaire d’une identité nationale toute fraîche… Au XIXe siècle, le folkloriste Elias Lönnrot part recueillir les histoires populaires finlandaises auprès des conteurs et des bardes de Carélie, dans l’est du pays. Cousues ensemble, elles forment un grand récit en 50 chants et 23 000 vers : le mythe du Kalevala. Dans les années 1920, le peintre romantique Akseli Gallen-Kallela (1865–1931) – qui a bénéficié d’une belle rétrospective au musée d’Orsay en 2012 – entreprend d’en faire un grand manuscrit enluminé inspiré des incunables du Moyen Âge… et des motifs géométriques des Indiens de Taos au Nouveau-Mexique !