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L'ÉDITO DE FABRICE BOUSTEAU

« Voyager pour voir de l’art, c’est découvrir une ville, un environnement, autrement »

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Publié le , mis à jour le

Dans quasiment tous les domiciles, des plus luxueux aux plus modestes, au moins une peinture originale ou une reproduction d’œuvre célèbre orne les murs. Pourquoi ? Sans doute parce qu’un tableau est comme une fenêtre sur un paysage magnifique, il ouvre notre champ de vision, il invite à l’ailleurs, au voyage par l’esprit.

De plus en plus scénographiées, conçues quasiment comme des séquences de film, les meilleures expositions offrent souvent des chemins inattendus et on en revient comme après un long périple dans un pays inconnu. Depuis vingt ans, dans le monde entier, les fondations, les musées, les biennales, les foires, les parcs de sculptures prolifèrent dans des lieux qui hier encore semblaient hors des radars culturels.

L’art s’empare du monde entier

Quand on voyage pour voir de l’art, c’est aussi souvent pour profiter de l’environnement où il s’épanouit.

D’une forêt en Thaïlande où des œuvres font s’épanouir la nature jusqu’à Trondheim en Norvège en passant par Margate en Angleterre ou Rochefort en France, des endroits peu fréquentés créent un appel d’air, un prétexte au déplacement du fait d’interventions artistiques, de rénovation patrimoniale. Voyager pour voir de l’art, c’est découvrir une ville, un environnement, autrement. Les fans du street artiste Invader sont ainsi nombreux à arpenter une ville uniquement par le biais de la carte d’implantation de ses mosaïques dans les rues de celle-ci.

Pour ma part, je ne serais sans doute jamais allé en Tasmanie sans l’appel du Mona, un musée fou qui donne le sentiment d’être dans un film de James Bond ; ou encore sur l’île de Naoshima, au Japon, pour voir et vivre ces architectures flottantes et ces œuvres expérimentales uniques au monde. Quand on voyage pour voir de l’art, c’est aussi souvent pour profiter de l’environnement où il s’épanouit.

Le danger du surtourisme lié à la consommation culturelle

Si beaucoup d’experts du marché estiment que la foire Art Basel risque d’être supplantée par Art Basel Paris, c’est parce que, à qualité égale, les collectionneurs préféreront sans doute la magie du Grand Palais et de Paris au triste centre d’expositions de Bâle, en Suisse. De même, la Biennale de Venise sera toujours la plus excitante du monde tant la magie de la Sérénissime est particulière.

Pourtant, la multiplication de l’art touristique interroge. Sommes-nous en quête d’une œuvre ou de son décor instagrammable ? Enfin, comment gérer le surtourisme engendré par l’esthétisation généralisée du monde et la multiplication des sites et événements liés à l’art ? Face à la frénésie de la consommation artistique, quelle beauté et quel voyage de rester face à un tableau pendant une heure pour en pénétrer les arcanes et s’envoler dans ces imaginaires infinis ! C’est cela aussi les mondes de l’art.

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