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ÉVÉNEMENT

Le Grand Palais renaît avec Art Basel Paris !

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Le somptueux monument parisien totalement rénové s’ouvre à nouveau au public, du 18 au 20 octobre, avec cette 3e édition d’Art Basel Paris. Nouvelles galeries, nouvelles ambitions, nouveaux événements collatéraux : l’écrin est à la mesure de la méga foire d’art contemporain que le monde nous envie désormais ! Visite guidée en avant-première.
Vue du Grand Palais
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Vue du Grand Palais

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© Aliki Christoforou

« Pour le visiteur d’Art Basel Paris, ce sera vraiment une année zéro. Elle nous fera vivre au rythme d’un bâtiment d’exception qui vient de faire peau neuve et fait envie au monde entier », affirme Clément Delépine, le directeur de la foire qui a renoncé à son appellation étrange de « Paris+ » pour adopter le format de ses sœurs de sang à Bâle, Miami et Hong Kong. Déménager au Grand Palais après avoir essuyé les plâtres de son éphémère avatar du Champ-de-Mars, c’est effectivement un événement pour la foire, parvenue à vitesse grand V à s’inscrire dans l’écosystème artistique parisien. « Les JO ont rappelé que Paris était une capitale diverse et irrévérencieuse, nous voulons nous hisser à la hauteur de notre responsabilité », poursuit-il.

Dévoilé pendant les Jeux, mais sous verrière bâchée, le somptueux bâtiment 1900 va à nouveau révéler ses mille feux. Après trois ans de travaux, pour un coût de plus de 500 millions d’euros, le voilà décapé, décloisonné, magnifié. Menées par Chatillon Architectes, les interventions ont surtout visé à rendre sa pureté à l’espace, dans des harmoniques de rose, ciel et réséda. Sur 23 000 m2, dont 15 000 exploitables, toutes les greffes ont disparu comme des verrues. La lumière envahit désormais non seulement la nef, mais aussi la plupart des galeries, dont les fenêtres avaient été murées.

La nef rénovée du Grand Palais en 2024
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La nef rénovée du Grand Palais en 2024

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© Photo Laurent Kronental / Chatillon Architectes

Jusqu’à présent inaccessibles, les balcons délabrés ont été restaurés, la dalle de béton supporterait désormais des armées d’éléphants. Et une quarantaine de monte-charges et ascenseurs facilitent enfin la circulation du public, mais aussi des œuvres d’art. Quant à l’escalier d’honneur, jusqu’alors peint en jaune, il a retrouvé ses nuances cuivrées d’origine. Bref, tous ceux qui franchiront la façade aux sculptures restaurées ne pourront que succomber à la beauté de ce Grand Palais retrouvé. Un argument de vente majeur pour cette 3e édition d’Art Basel.

Un attrait de plus en plus international : Paris pourrait-il supplanter Bâle ?

« 50 % des transactions artistiques européennes se font désormais en France. »

Il serait présomptueux de le clamer. La version suisse d’Art Basel demeure un indépassable, en termes de volume de vente, d’exceptionnalité des œuvres et d’attrait international. Mais il se murmure que certains collectionneurs, notamment américains, ont préféré cette année faire le voyage vers la France plutôt que vers la Suisse. Et Clément Delépine de rappeler que « 50 % des transactions artistiques européennes se font désormais en France. Il est vrai que le marché mondial ralentit, mais nous restons pétris d’optimisme. »

Il mise notamment sur la capacité du label Art Basel à faire venir les collectionneurs qui boudaient auparavant la Fiac, notamment des Américains, mais aussi des Coréens, des Hongkongais ou des Japonais. Et bien sûr nos voisins suisses, britanniques et italiens. « Mais les Français restent évidemment notre premier contingent de collectionneurs, un réservoir encore mal cartographié comparé à Madrid ou New York, où il y a plus de transparence sur la richesse », énonce-t-il. Les collectionneurs français vont-ils profiter d’Art Basel Paris pour sortir un peu plus du bois ?

Toujours plus de galeries

Son déménagement au Grand Palais autorise Art Basel à trouver une vitesse de croisière équivalente à ses versions de Bâle, Miami et Hong Kong. Issues de 42 pays (du Maroc, nouveau venu dans la galaxie de la foire, à la Chine), 195 galeries ont été sélectionnées, dont 53 qui participent pour la première fois à l’événement parisien. Étant donné l’augmentation de 40 % du prix de la location du site par rapport au Grand Palais éphémère, le prix des stands a augmenté (il est de 580 € le m2 à l’étage et de 965 € pour les emplacements les plus centraux), sans pour autant freiner l’entrain des galeries.

Lou Fauroux, The Lithium Battery, série The Butterfly Sanctuary
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Lou Fauroux, The Lithium Battery, série The Butterfly Sanctuary, 2022

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EXO EXO (Paris)

papillon, résine, composants électroniques • 23,5 × 14,5 × 3 cm • Courtesy Exo Exo, Paris.

Pour ne pas handicaper les petites structures, plus on est gros, plus on paye. Dix d’entre elles ont néanmoins choisi de partager un stand afin d’amortir les coûts. L’idée avait été inaugurée lors des deux précédentes éditions par Franco Noero (Turin) et Meyer Riegger (Berlin-Karlsruhe-Bâle), qui réitèrent ici. Emalin (Londres) voisinera ainsi avec Commonwealth and Council (Los Angeles-Mexico), Felix Gaudlitz (Vienne) avec LC Queisser (Tbilissi), dans un stand autour de la Géorgienne Tolia Astakhishvili et de l’Allemand Simon Lässig.

Elles sont disséminées au fil d’un parcours organisé en trois secteurs : « Galeries », où les exposants dévoilent leur programme complet ; pour les amateurs de découvertes, « Emergence » rassemble 16 stands de jeunes galeries, soutenues comme toujours par le groupe Galeries Lafayette. Parmi eux, 14 nouveaux venus, qui font le voyage depuis Jakarta ou Bucarest. Tous se déploieront sur les balcons qui cernent la nef centrale, jusqu’alors inaccessibles : le gage d’une plus grande visibilité. À quoi s’ajoute un nouveau secteur, « Premise ».

« Premise » et « Oh La La ! » : deux nouveaux secteurs

Inédit, le secteur « Premise » permet à neuf galeries de faire des grands écarts historiques et conceptuels. « Il est consacré aux propositions curatoriales singulières, selon l’idée que l’exposition fait œuvre », éclaire Clément Delépine, qui cherche à orchestrer la foire en créant ainsi « une tension productive ». Les créations antérieures à 1900 sont ici les bienvenues. Mais surtout les visions singulières, du dessinateur underground espagnol Nazario chez Bombon (Barcelone) au collectionneur Wilhelm Uhde, amateur de Séraphine Louis et du Douanier Rousseau, mis à l’honneur par Dina Vierny (Paris).

Chico Tabibuia, Sans titre 2
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Chico Tabibuia, Sans titre 2, Non daté

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NARA ROESLER (São Paulo- Rio de Janeiro, New York)

bois • Courtesy Nara Roesler, Sao Paula, Rio de Janeiro, New York / Photo Flávio Freire

La galerie parisienne Pauline Pavec réveille le souvenir de Juliette Roche (1884–1980), proche de Duchamp et Picabia, épouse du cubiste Albert Gleizes, qui fut peintre et écrivaine. Sies + Höke (Düsseldorf) met en dialogue les photographies de Gerhard Richter et Sigmar Polke, plus connus pour leur peinture. Le San Francisco de la Beat Generation est évoqué avec Wally Hedrick, chez Parker Gallery (Los Angeles). Enfin, la galerie brésilienne Nara Roesler fait dialoguer deux de ses concitoyens les plus visionnaires, Tomie Ohtake et Chico Tabibuia.

Autre invention, « Oh La La ! » : « une initiative qui permet aux galeries de montrer des œuvres rarement vues et surprenantes autour de l’amour, l’attraction, l’érotisme, en proposant un réaccrochage le vendredi et le samedi ». Façon de rappeler aux collectionneurs que la foire continue après les previews de mercredi et jeudi qui leur sont consacrées. Mais aussi, selon Clément Delépine, de la construire « comme un récit tissé de différentes trames, qui durent quelques heures ou quelques jours ». Oh la la, c’est Paris !

Une foire en symbiose avec la capitale

Les galeries parisiennes représentent 30 % des effectifs, soient 64 exposants.

« En renommant la foire ‘Art Basel Paris’, Art Basel consolide son engagement vis-à-vis de la ville et de son écosystème culturel exceptionnel, en tirant parti de l’impact de la marque mondiale Art Basel pour renforcer la foire parisienne, affirmer son ambition et amplifier sa résonance à Paris et dans le monde », claironne l’institution. Elle tient donc à préserver une présence forte des galeries parisiennes d’origine, ou implantées récemment dans la ville. Elles représentent ainsi 30 % des effectifs, soient 64 exposants.

Max Ernst, Figure anthropomorphe
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Max Ernst, Figure anthropomorphe, 1929

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LE MINOTAURE (Paris)

huile sur toile • 35 × 27 cm • Courtesy Archives Le Minotaure, Paris

Des piliers qui essaiment depuis Paris vers le monde entier, tels Chantal Crousel et Perrotin ; des mastodontes de l’art moderne, comme Applicat-Prazan ou Le Minotaure ; des galeries plus modestes mais au programme singulier et remarquable, à l’instar d’Anne Barrault, Semiose ou christian berst art brut. Art Basel mise non seulement sur l’écosystème artistique, mais aussi sur les richesses de Paris en matière de gastronomie, d’art de vivre et de patrimoine. Largement réinventé, le programme public hors-les-murs s’attache à en faire son miel, du Palais-Royal à l’hôtel de Sully.

Y a-t-il un effet Bâle à Paris ?

Le monde des galeries parisiennes est en pleine ébullition, et Art Basel n’en est pas la seule cause : en refermant sur elle-même la Grande-Bretagne, le Brexit a poussé nombre d’enseignes internationales à choisir Paris, et non plus Londres, comme tête de pont de leur présence européenne. Ainsi de David Zwirner, qui vient de rénover son espace de la rue Vieille du Temple, signe de ses espérances dans le marché parisien.

Dans la foulée des installations récentes d’Hauser & Wirth, White Cube, Modern Art, Dvir Gallery et bien d’autres, cet automne ne va pas sans sa liste de nouveaux arrivants. Débarque ainsi Micki Meng (de San Francisco), qui reprend l’ancien espace de Jérôme Poggi à deux pas de Beaubourg. LambdaLambdaLambda (Pristina) et Misako & Rosen (Tokyo) partagent non seulement leur stand sur la foire, mais aussi une galerie commune qu’ils inaugurent à Paris.

Le site de Komunuma, à Romainville, voit l’arrivée de nouvelles galeries internationales.
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Le site de Komunuma, à Romainville, voit l’arrivée de nouvelles galeries internationales.

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© Komunuma

The Pill, la plus francophile des galeries turques, annonce elle aussi son implantation. Symbole du dialogue entre les deux pays, l’artiste franco-turque Nil Yalter y sera mise à l’honneur. The Pill va s’installer au 4 place de Valois. Le signe de l’émergence d’un nouveau quartier de galeries autour du Palais-Royal, motivée par l’ouverture prochaine de la fondation Cartier nouvelle génération dans l’ancien Louvre des antiquaires ?

Last but not least, le New-Yorkais Peter Freeman en offre une autre preuve en ouvrant un nouvel espace à deux pas de là, au 7 rue de Montpensier. Après dix ans d’absence, un retour attendu dans la capitale, où il avait collaboré avec feu Philip Nelson pour créer Nelson-Freeman. Il défendra ici les Français Robert Filliou et Dove Allouche, mais aussi un remarquable ensemble d’artistes internationaux, comme Thomas Schütte ou Fiona Tan. À noter enfin : après l’arrivée de 22,48 m2, le pôle de galeries Komunuma, à Romainville, se renforce avec Nika Project Space (Dubaï).

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Art Basel Paris 2024

Du 18 octobre 2024 au 20 octobre 2024

www.artbasel.com

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