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Le 29 juillet 1890, à Auvers-sur-Oise, Vincent Van Gogh agonise dans sa petite chambre de l’auberge Ravoux. En imaginant les dernières heures du peintre, Emmanuel Fandre propose moins un spectacle biographique qu’une réflexion hallucinée sur la place de l’artiste dans la société. Point de départ de la pièce, le suicide de l’artiste néerlandais donne lieu à une succession de dialogues avec des personnages aussi bien réels – le docteur Gachet ou sa logeuse – qu’allégoriques, avec l’apparition de la Mort. Dans ce huis clos fort bien documenté, correspondance historique à l’appui, la mise en scène dynamisée par des références plus contemporaines (notamment la musique) joue les grands écarts pour nous conter la genèse du mythe. Trop de jaune ! nous aide à voir autrement (et à aimer encore) Van Gogh.
Correspondances Compagnie, Trop de jaune
© Stéphane Audran
Trop de jaune !
Du 8 janvier au 16 février
Au Studio Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles, 75017 Paris
Encore une adaptation du Dom Juan en costume ? Jean Lambert-wild déjoue les représentations du classique de Molière, en reprenant certes la chemise à fanfreluches, mais en se jouant des décors historiques. Dom Juan a ici les cheveux rouges et semble se tenir sur les planches comme dans un cabaret. Avec le soutien des manufactures du Limousin, le metteur en scène a imaginé des variations contemporaines sur les porcelaines de Limoges et des tapisseries d’Aubusson dessinées par le plasticien Stéphane Blanquet, qui deviennent bien plus que des motifs ou de simples accessoires. L’attention aux détails est ici constante. Quand les savoir-faire rencontrent la création contemporaine, le spectacle est total !
Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra, Dom Juan ou le Festin de pierre
© Tristan Jeanne Vale
Dom Juan ou le Festin de pierre
Du 13 janvier au 15 février 2020
Au Théâtre de la Cité Internationale, 21 A, boulevard Jourdan, 75014 Paris
Vous trouvez les chansons de l’Eurovision un peu bêtes ? Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre ont imaginé de nouvelles règles pour un concours européen de la chanson philosophique. Pas moins de onze pays ont été sollicités et, à travers eux, des sociologues et des historiens, des anthropologues et des philosophes, pour leur demander d’imaginer partager leurs recherches en musique. Complètement décalé, le projet est tout aussi sérieux que drôle quand vient le moment des délibérations du jury. Si vous ne vous étiez jamais demandé ce qu’un concours populaire apporterait au débat d’idées, vous êtes sûr d’avoir la réponse avec ce spectacle.
Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre, Concours européen de la chanson philosophique
© Laure Ceillier et Pierre Nydegger
Concours européen de la chanson philosophique
Du 27 au 29 février 2020
À la MC93, 9, boulevard Lénine, 93000 Bobigny
Il faut imaginer des corps comme sur un tour de poterie. Le plasticien japonais Kohei Nawa ne travaille pas l’argile mais le katakuriko, une matière surprenante, à la fois liquide et solide. En collaborant avec lui, le chorégraphe Damien Jalet a travaillé le mouvement à la manière d’un sculpteur (en faisant attention à ne rien casser !). Vessel dilate notre perception du temps à mesure que les corps se fondent avec la matière. La musique elle-même trouble et donne l’impression dans ses basses d’une intimité partagée. Un spectacle organique et hypnotique !
Damien Jalet et Kohei Nawa, Vessel
© Yoshikazu Inoue
Vessel
Du 6 au 13 mars 2020
Au Théâtre national de la Danse – Chaillot, 1, place du Trocadéro, 75016 Paris
Le musicien électro Rone a imaginé son dernier album comme un spectacle. Inspiré par les carrières d’où était extrait le marbre employé par Michel-Ange, il a voulu libérer, tout comme l’illustre sculpteur, la musique de la pierre, construire des paysages sonores. Le collectif (LA)HORDE a, de son côté, imaginé la place que pourraient revendiquer les corps des danseurs dans un paysage aussi minéral. Room with a view est ainsi une collaboration où se pose encore la question de la beauté. Tandis que Rone fait crisser ses machines, les danseurs cherchent à échapper à l’immobilité et à la mort, et dessinent des lignes de fuite, des lignes de résistance. « Quels sont les chants qui existent au-delà des Hommes ? », demande le musicien.
Rone et (La)Horde, Room with a view
© Boris Camaca
Room with a view
Du 5 au 14 mars
Au Théâtre du Châtelet, 2, rue Edouard Colonne, 75001 Paris
Mieux que n’importe quel cours d’histoire de l’art, Lisaboa Houbrechts nous emmène à la rencontre de Bruegel. La metteuse en scène recrée l’atelier du peintre en pleine séance de travail sur son tableau Margot la folle. Croyait-on vraiment à tous ces monstres et à cet Enfer que l’on représentait au moment de l’âge d’or de la peinture flamande ? En mêlant art visuel et théâtre, mais aussi danse et musique, cette fresque théâtrale raconte une histoire de la Flandre étonnamment actuelle, où, frappés par les conflits et la famine, les artistes et les philosophes s’efforcent de penser le monde, de soutenir l’humanisme en temps de crise.
Lisaboa Houbrechts, Bruegel
© Kurt Van Der Elst
L’histoire d’Orlando telle que la raconte Virgina Woolf est celle d’un homme qui traverse les siècles… et devient femme. Pas simple de résumer cette aventure, mais ce n’est pas tant les péripéties qui inspirent François Chaignaud et Nino Laisné, que l’idée d’un trouble dans le genre. S’inspirant également de chansons espagnoles des XVIe et XVIIe siècles, les deux artistes cherchent par la danse, par le corps et par la musique à raconter des identités fluides, incertaines. Irrévérencieux, empruntant ses effets au cabaret, les interprètes nous rappellent que le monde est un théâtre. Et qu’il serait bien dommage de ne se limiter qu’à un seul rôle.
François Chaignaud et Nino Laisné, Romances Inciertos
© Jose Caldeira
Romances Inciertos, un autre Orlando
Du 1er au 5 avril
Au CentQuatre, 5, rue Curial, 75019 Paris
Rémi évoquera peut-être des souvenirs aux amateurs d’animé japonais période Club Dorothée. Aujourd’hui oublié, le roman d’Hector Malot, Rémi sans famille (1878), a inspiré un spectacle à emporter chez soi à Jonathan Capdevielle. Les aventures de ce petit garçon abandonné et recueilli par un artiste de rue sont à la fois déclinées sur scène et en livre audio illustré. Adapter aujourd’hui ce roman d’apprentissage, qui n’épargne pas aux lecteurs la rudesse, est une gageure ; le metteur en scène parvient à offrir une vision tendre de ce personnage, que l’on n’a plus envie de quitter !
Jonathan Capdevielle, Rémi
© Vanessa Cour
Rémi
Du 2 au 5 juin
Au T2G, 41, avenue des Grésillons, 92230 Gennevilliers
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