« Le manège», le pavillon de la Fédération Française d’équitation conçu par les élèves de l’ENSA Versailles, qui évoque la forme des manèges équestres
© Ministère de la Culture / Sipa Press / Photo Pauliner Gauer
Ils n’ont pas encore reçu leur diplôme d’architecte mais peuvent déjà se targuer d’être les auteurs de constructions en dur : les étudiants de 20 écoles d’architecture partout en France ont été sollicités pour concevoir les pavillons de 20 fédérations sportives. Montés directement dans le parc de la Villette, ceux-ci accueilleront bientôt les athlètes des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, le parc étant destiné à se transformer en un vaste espace de festivités pour les sportifs français – le « Club France ».
Après les JOP, les pavillons seront soit pérennisés, soit démontés et recyclés. En attendant, ils sont visitables gratuitement jusqu’au 7 juillet (puis à nouveau du 28 août au 3 septembre) ! L’occasion d’observer de près les pistes de réflexions esthétiques et techniques de la jeune garde architecturale, qui a dû travailler selon un cahier des charges à la fois précis dans ses contraintes et ouvert à des propositions extrêmement variées.
Le chantier d’installation des différents pavillons, mai 2024
© La Villette / Photo Clément Vayssieres
Parmi les contraintes, il y a celle de s’intégrer dans un environnement déjà très fort : inauguré en 1987, le parc de la Villette a été conçu par Bernard Tschumi (né en 1944) – qui parraine d’ailleurs le projet – et est remarquable pour ses « folies », soit 26 petits bâtiments écartés de 120 mètres chacun, recouverts d’acier rouge et déclinant leurs formes toujours différentes à partir d’un cube de 10,80 mètres de côté.
Pour leurs « Archi-Folies », les étudiants ont donc dû, eux aussi, se soumettre à la contrainte d’un cube aux mesures prédéfinies (11,25 mètres de côté) – mais sans avoir à réaliser une structure cubique, c’est là tout l’intérêt –, ainsi qu’à l’univers du sport qui leur a été attribué. L’école de Versailles a par exemple choisi de travailler une structure en paille pour le pavillon de la Fédération d’équitation, tandis que celle de Rennes a utilisé du liège pour répondre au tir à l’arc.
« La routine », le pavillon de la Fédération Française de gymnastique conçu par les élèves de l’ENSA de Saint-Etienne comme un praticable à ciel ouvert
© Ministère de la Culture / Sipa Press / Photo Pauliner Gauer
Montés en une dizaine de jours, les pavillons ont parfois même été réalisés à partir des matériaux utilisés au quotidien par les sports en question. C’est le cas de l’école de Marseille, qui a eu recours à des arceaux de planches à voile, ou de l’École spéciale d’architecture de Paris, qui a utilisé des plumes de volants de badminton pour les toiles tendues qui enveloppent son pavillon.
Vous l’aurez compris : à l’instar de la mode (au Palais Galliera), de la peinture (au musée Marmottan Monet) et du design (au musée du Luxembourg), le sport peut aussi inspirer l’architecture… Et donner lieu à un sacré panel de créations !
Archi-folies 2024
Du 14 juin 2024 au 7 juillet 2024
Parc de la Villette • 211 Avenue Jean Jaurès • 75019 Paris
lavillette.com
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