La Maison de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt
© Région Île de France / Photo Christian Descamps
C’est tout nouveau ! La maison de Jean Cocteau (1889–1963), inaugurée au public en 2010, ouvre enfin à la visite son deuxième étage, où se trouve la chambre de Jean Marais (1913–1998) – comédien fétiche du cinéaste, qui le dirigea aussi bien au théâtre, dans Œdipe Roi (1937) et Les Parents terribles (1938), qu’au cinéma, dans La Belle et la Bête (1946) et Orphée (1950), il fut aussi, et surtout, son amant.
Si l’atelier de Cocteau, qui se trouve au même étage, reste pour le moment hermétiquement fermé (mais bientôt dévoilé, nous promet-on !), il est heureux d’entrer dans les coulisses d’une facette intime de sa vie artistique et personnelle.
Le bureau de Jean Cocteau
© Région Île De France / Photo Christian Descamps
La chambre réunit en effet différents témoignages de leur relation amoureuse : des photographies, quelques objets, des archives, des sculptures, des dessins… Clou du spectacle : une œuvre de Jean Cocteau lui-même dessinée à la craie sur un tableau noir.
La chambre, comme celle de Cocteau, est orientée sur le grand jardin de la demeure, dont la vue nous fait comprendre en un rien de temps l’amour qu’ont pu porter les deux artistes à cet endroit à part. « À Milly, j’ai trouvé la chose la plus rare au monde : un cadre », a dit ainsi Cocteau, qui y emménage en 1946, à 57 ans, juste après avoir tourné La Belle et la Bête.
Sam Lévin, Jean Cocteau et Jean Marais, vers 1950
Photographie argentique • Coll. Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie • © Ministère de la Culture / Dist. Grand-Palais RMN © Sam Lévin
« C’est la maison qui m’attendait… Elle me donne l’exemple de l’absurde entêtement des végétaux… L’eau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles. »
Jean Marais a tout de suite fait pleinement partie de l’aventure : il visite la maison avec son amant, en tombe amoureux comme lui, et s’installe avec lui dans ces anciennes dépendances d’un édifice du XIIIe siècle, le château de la Bonde. Autour d’eux, règne un calme heureux, seulement peuplé du bruissement du vent dans les arbres touffus et du clapotis de l’eau. « C’est la maison qui m’attendait… Elle me donne l’exemple de l’absurde entêtement des végétaux… L’eau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles. »
Héritage d’Édouard Dermit (1925–1995), le « Doudou » de Cocteau, son jardinier et chauffeur devenu son comédien et collaborateur, la maison est passée entre les mains de Pierre Bergé (1930–2017) qui l’a ouverte au public, puis, dès 2019, de la région Île-de-France. Parfaite pour une escapade de printemps, la Maison Jean Cocteau héberge depuis son ouverture annuelle le 3 mai (et jusqu’au 3 novembre) une exposition temporaire intitulée « Prenez garde à la musique ». Celle-ci éclaire la place de la musique dans la vie de l’artiste (son amour pour le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky, ses chansons, son ballet Parade dont la partition a été écrite par Erik Satie…).
Concert en plein air, dans le jardin de la maison de Jean Cocteau en 2023
© La Maison Jean Cocteau
Pour accompagner l’exposition, une série de concerts se tiendront dans le jardin du 22 juin au 14 septembre : la Maison a confié au compositeur Marc-Olivier Dupin la mission d’imaginer une programmation faisant écho aux musiciens amis de Cocteau (Georges Auric, Darius Milhaud, Francis Poulenc…) mais aussi à son goût pour le jazz comme pour la variété française (Yvette Guilbert, Édith Piaf). Des moments prometteurs, aussi bien pour les mélomanes que pour les amateurs de spectacles en plein air !
Prenez garde à la musique
Du 3 mai 2024 au 3 novembre 2024
Maison de Jean Cocteau • 15, rue du Lau • 91490 Milly-la-Forêt
maisonjeancocteau.com
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