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Pour le spectateur, le film est une épreuve d’endurance. Un homme nu, son amant de l’époque, le poète John Giorno, dort à poings fermés dans son appartement. D’une durée de 4 heures 30 (au lieu des 8 heures initialement prévues), Sleep est l’une des premières vidéos de l’artiste et son premier « anti-film ». Les gros plans, filmés en 16 mm, sur l’anatomie et le visage de l’homme se succèdent à un rythme très lent. Un pied de nez au cinéma expérimental ennuyeux et dont Andy Warhol se moque. Une œuvre, aussi, sur la fascination qu’exerce l’être aimé.
Sleep
Par Andy Warhol, avec John Giorno.
1963, 4 h 30
À l’instar d’Edie Sedgwick, Viva ou Ultra Violet, la drag queen et icône gay Mario Montez est l’une des égéries d’Andy Warhol. Il joue dans une dizaine de courts et longs métrages de l’artiste. Ici travesti en courtisane salace, il pèle et savoure une banane, rappelant la pochette de l’album des Velvet Underground, que l’artiste produit. Entre journal filmé, documentaire et fiction, le cinéma d’Andy Warhol exalte, sans rougir, l’hédonisme et le désir homosexuel. Un choix politique dans l’Amérique puritaine des années 60.
Mario Banana
Par Andy Warhol, avec Mario Montez.
1964, 4 min
Avec cette vidéo, un plan fixe de 8 heures 05, Andy Warhol poursuit ses expérimentations sur la durée. Au fil des heures, le soleil se couche sur l’Empire State Building, une icône populaire au même titre que les visages des personnalités et objets de consommation que l’artiste imprime à la chaîne dans sa « Factory ». Le gratte-ciel incarne avec autorité la puissance économique et politique des États-Unis : il est le symbole d’un empire capitaliste, fièrement dressé et que rien, semble-t-il, ne peut faire trembler.
Empire
Par Andy Warhol.
1964, 8 h 05
Andy Wahrol ne réalise pas seulement des portraits sérigraphiés. Il en réalise également une centaine en format vidéo. De 1964 à 1966, il collecte ainsi les visages du monde de l’underground new-yorkais : le musicien Lou Reed, Bob Dylan, Nico, la théoricienne Susan Sontag, le cinéaste Jonas Mekas, l’artiste Yoko Ono, Paul Thek… À chaque fois, le pape du pop art leur demande de s’asseoir un instant, sans bouger ni cligner des yeux. La plupart finissant par désobéir, les plans fixes esquissent des écarts et de brefs mouvements qui donnent à chaque portrait sa force émotionnelle et sa vérité.
Screen Tests
Par Andy Warhol.
1964 – 1966, 4 min
Certains paressent, d’autres discutent au lit ou se caressent. Drogue, sexe, sadisme… Chelsea Girls, réalisé avec Paul Morrissey, documente en split screen le quotidien débridé des pensionnaires du mythique Hotel Chelsea à New York. Ce lieu est connu pour avoir hébergé, dans les années 60, d’illustres figures du monde de l’art. Toujours fasciné par la marginalité, à la fois auto-destructrice et sublime, Andy Wahrol saisit sur le vif une génération qui aime se mettre en scène et qui résiste aux normes imposées par la société conservatrice de l’époque.
Chelsea Girls
Par Andy Warhol et Paul Morrissey.
1966, 3 h 30
Andy Warhol - From A to B and Back Again
Du 12 novembre 2018 au 31 mars 2019
Whitney Museum of American Art • 99 Gansevoort Street • 10014 New York
whitney.org
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