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Les metteurs en scène Yvan Clédat et Coco Petitpierre ravivent le Carnaval de Venise d’André Campra
© Photo Laurent Guizard
« Nous voulons que cet opéra-ballet soit une joie, une fête, un enchantement. » Ce cri du cœur poussé par le couple de plasticiens Yvan Clédat et Coco Petitpierre est aussi une déclaration d’intention. Sculpteurs, metteurs en scène et chorégraphes, connus pour leurs œuvres hybrides où les corps déploient un langage singulier pétri d’humour et de poésie, ils s’offrent leur premier opéra et nous livrent une version savoureuse du Carnaval de Venise créé par André Campra en 1699, mêlant musique baroque française et italienne.
Le courant est passé d’emblée entre le duo et Camille Delaforge, qui en assure la direction musicale avec son ensemble Il Caravaggio. Ces trois esprits libres (réunis à l’initiative de La co[opéra]tive, association de six structures culturelles) ont su réinventer avec malice cette intrigue amoureuse à rebondissements ayant pour cadre le carnaval de Venise, où les faux-semblants, les artifices et les masques sont de rigueur… Comme au théâtre.
Le duo crée un monde aux dimensions démesurées, labyrinthe circulaire animé par des sphères colorées.
C’est précisément ce qui a plu à Clédat et Petitpierre : la pièce est une mise en abyme de la forme opératique. Le spectacle multiplie les tableaux dans le tableau, depuis le prologue où la déesse Minerve s’improvise régisseuse afin que la représentation puisse commencer, jusqu’au bouquet final, avec Orfeo nell’Inferi, petit opéra dans l’opéra.
Les metteurs en scène de ce Carnaval de Venise, Yvan Clédat et Coco Petitpierre, ont aussi imaginé costumes et décor.
© Photo Laurent Guizard
Pour le décor et les costumes, le duo s’est inspiré des peintures de Tiepolo et de l’esthétique de la commedia dell’arte, envisageant un monde aux dimensions démesurées, labyrinthe circulaire animé par des sphères colorées évoquant aussi bien les planètes du cosmos que des balles de jonglage XXL.
Compagnons de scène des chanteurs en tenue d’Arlequin, cinq danseurs, polichinelles blagueurs, habitent le plateau en permanence, jusque dans les gradins et la fosse – ne soyez pas surpris de trouver l’un d’eux confortablement installé dans votre fauteuil quand vous prendrez place ! « Les polichinelles sont semblables à une petite meute ultrasensible. Ils participent à sortir l’opéra de son aspect trop protocolaire et permettent de retrouver la porosité qui existait aux XVIIe et XVIIIe siècles entre la salle et la scène », soulignent Clédat et Petitpierre. Campra avait voulu rendre l’art lyrique plus accessible et faire de l’opéra un divertissement, dans un état d’esprit que résument parfaitement les derniers mots du livret écrit par le dramaturge Jean-François Regnard : « Les moments que l’on passe à rire sont les mieux employés de tous. »
Le Carnaval de Venise
Opéra d'André Campra, mise en scène par Yvan Clédat et Coco Petitpierre, direction musicale par Camille Delaforge
30-31 janvier à Compiègne • 5-6 février à Grenoble • 12-13 février à Sénart • 1er-2 mars à Tourcoing • 6 mars à Châteauroux • 14 mars à Brest • 19-20-22-23 mars à Rennes • 27-28 mars à Quimper • 5-6 avril à Nantes
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Clédat et Petitpierre
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