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LE TOPO

Giambattista Tiepolo en 2 minutes

En bref

Peintre vénitien, Giambattista Tiepolo (1696–1770) est associé au mouvement rococo. Célèbre, son nom rayonne dans l’Europe du siècle des Lumières. Sa manière très enlevée et pleine de virtuosité, son goût pour le pittoresque en font un décorateur d’immense talent. Peintre des spectacles agités, amoureux de l’effet et du décor, Tiepolo parle peut-être davantage à l’œil qu’à l’esprit. Fresquiste passé maître dans l’art d’orner les plafonds des églises comme des palais, il développe une science manifeste des jeux de perspective et de raccourcis. Ses qualités de coloriste, quoique débattues, lui valurent d’être comparé à Véronèse.

Giambattista Tiepolo, Autoportrait de Giambattista Tiepolo, détail de la fresque du plafond du grand escalier de la résidence de Wurtzbourg
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Giambattista Tiepolo, Autoportrait de Giambattista Tiepolo, détail de la fresque du plafond du grand escalier de la résidence de Wurtzbourg, 1752–1753

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fresque

On a dit de lui

« Les teintes de Tiepolo et ses draperies ne sont pas moins belles que celles du Véronèse, ni moins heureusement peintes. » Zanetti

Sa vie

Tiepolo, l’élève
Né à Venise en 1696, Tiepolo est le fils d’un négociant-armateur. Il a pour premier maître un peintre fort sage, Gregorio Lazzarini, très éloigné de son tempérament fougueux. Le jeune apprenti est davantage attiré par Giambattista Piazzetta, peintre du clair-obscur qui pose pour l’équivalent vénitien de Caravage. Comme ce dernier, Tiepolo est d’abord fasciné par les jeux de lumières violents avant d’adoucir progressivement sa manière. En 1723, il aborde pour la première fois la technique de la peinture à fresque qui fait sa renommée.

Un peintre travaillant pour l’Église
Dès l’âge de 19 ans, Tiepolo est employé par l’Église. Pour l’hôpital dell’Ospedaletto, il peint ses premières figures prophétiques puis intervient à Saint-Roch à Venise. En 1717, il est inscrit à la corporation des peintres vénitiens. Très rapidement, Tiepolo s’impose comme un brillant fresquiste et se voit commander le décor d’une voûte pour une chapelle consacrée à Sainte-Thérèse dans l’église de Scalzi (1722–1724).

Sa vie familiale
En 1719, Tiepolo se marie avec Maria Cecilia Guardi, sœur de deux célèbres peintres vénitiens. Le couple met au monde dix enfants dont deux fils, peintres également : Giandomenico et Lorenzo. Tiepolo père est très proche de son fils Giandomenico, tant sur le plan de la ressemblance physique que de la communauté d’esprit. Ils travaillent d’ailleurs ensemble, le fils gravant les œuvres de son père.

Chez les artistocrates
Dans la république de Venise au XVIIIe siècle, temps d’insouciance et de prospérité, Tiepolo travaille pour les grandes familles italiennes, notamment les Baglione qui lui confient le décor à fresque d’une salle entière dans leur palais à San Cassiano (1719–1720). L’artiste surpasse de loin les décorateurs de son temps, faisant vibrer les coloris, déployant des compositions audacieuses aux plafonds des palais. Sa première composition décorative d’ampleur, en 1725, est commandée pour le Palazzo Sandi à Venise. Suivent d’autres commandes importantes, pour le Palazzo Dolfin (1726–1729), avec une série de dix peintures à l’huile, puis pour le Palazzo Labia, sur le thème de l’histoire d’Antoine et Cléopâtre (1746–47), ou pour la Ca’ Rezzonico (1758). Ces décors très virtuoses signalent la position sociale des commanditaires, fusionnent peinture et architecture dans un souci illusionniste, traduisent la vie sur un rythme effréné et héroïque digne d’un opéra baroque.

Un virtuose de l’effet
Tiepolo impose son style enlevé, distribue à la perfection les taches de lumière et d’ombre. Il sait parler à la vue, cultiver l’effet et développe une manière très décorative. Son succès le conduit à peindre le portrait du Doge. Il est alors appelé à œuvrer hors de Venise, sa notoriété prenant de l’ampleur. On le rencontre à Udine, Milan ou Bergame, mais aussi en Bavière ou en Espagne, pays dans lequel il réside jusqu’à sa mort le 27 mars 1770. Son corps est rapatrié à Venise où il est enterré, dans l’église de la Madonna dell’Orto.

Ses œuvres clés

Giambattista Tiepolo, Le Jugement de Salomon
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Giambattista Tiepolo, Le Jugement de Salomon, 1726–1729

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fresque • 360 × 655 cm • Palais patriarcal d’Udine • © akg-images

Fresques du palais patriarcal d’Udine. Notamment Le Jugement de Salomon, 1726–1729
En 1726, Tiepolo est invité à orner le palais patriarcal (devenu archiépiscopal) d’Udine sur la demande de Dionisio Dolfin. Le peintre conçoit plusieurs décors, notamment le plafond de la cage d’escalier représentant La Chute des anges rebelles, puis la galerie, la salle rouge et la salle du trône. Sur le plafond de la salle rouge, Tiepolo peint Le Jugement de Salomon, thème bien adapté à la fonction de la pièce servant de tribunal civil et ecclésiastique. L’ensemble du décor vise à asseoir l’autorité du patriarche commanditaire et représente les débuts triomphants de la carrière de Tiepolo, fêté comme un nouveau Véronèse.

Giambattista Tiepolo, Junon au milieu des nuées
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Giambattista Tiepolo, Junon au milieu des nuées, 1735

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fresque détachée et montée sur bois • 350 × 210 cm • coll. Musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau

Junon au milieu des nuées, 1735
Jusqu’en 2020, le Louvre ne possédait que de petites œuvres de Tiepolo. Cette année-là, il acquit une œuvre majeure du maître vénitien. Fruit d’une commande pour un plafond du palais Sagredo à Venise, ce décor à fresque transposé en tableau représente Junon (sœur et épouse de Jupiter) et son paon, installés sur un nuage. Non loin, se trouve un malicieux putto. Cette œuvre majeure témoigne du talent si prolixe de Tiepolo dans le domaine de la fresque, technique exigeante requérant rapidité et virtuosité.

Giambattista Tiepolo, La Gloire de l’Espagne
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Giambattista Tiepolo, La Gloire de l’Espagne, 1762–1766

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fresque • 2700 × 1000 cm • coll. Salle du trône, Palais Royal, Madrid • © Bridgeman Art Library

Fresques du palais royal de Madrid. Notamment La Gloire de l’Espagne, 1762–1766
Commandité pour de grandes fresques au palais royal de Madrid, Tiepolo livre des compositions au sommet de sa carrière. Bien qu’âgé, il s’y adonne avec passion et fougue. À cette époque, il est l’un des rares artistes européens à pourvoir honorer ce type de décors monumentaux, illusionnistes, dont la mode est en train de s’éteindre. La Gloire de l’Espagne orne le plafond de la salle du trône. Elle dépeint, de manière allégorique et dans un large ciel aérien, le triomphe de la nation espagnole rayonnant sur l’Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles.

Par • le 27 novembre 2023
Retrouvez dans l’Encyclo : Rococo Giambattista Tiepolo

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