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Week-end arty

48 heures à Grenoble, où l’art se niche au creux des montagnes

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La saison des sports d’hiver est arrivée ! L’occasion de passer par Grenoble, ville entourée de montagnes… D’autant plus que celle-ci a vu récemment rouvrir son centre national d’art contemporain, Le Magasin. Expositions, spectacles et marches artistico-sportives nous donnent donc, plus que jamais, envie d’un week-end dans la capitale des Alpes.

Jour 1. 11h – Fonçons au Magasin !

Construite en un temps record (de 1966 à 1968) pour pouvoir accueillir les spectateurs des Jeux olympiques d’hiver de 1968, la gare de Grenoble n’est qu’à quelques minutes à pied du Magasin, où l’on débutera notre visite de la ville. Pour y parvenir, on traverse le quartier populaire de Saint-Bruno, son marché animé, les rues résidentielles qui l’entourent… Jusqu’à arriver devant cette grande halle construite par les ateliers de Gustave Eiffel pour l’Exposition universelle de 1900, et déplacée de Paris à Grenoble par l’industriel Hippolyte Bouchayer. L’ancienne chaudronnerie a été l’une des premières friches industrielles à être transformées en lieu d’art et de culture, par un architecte qui deviendra spécialiste de l’exercice, Patrick Bouchain (également auteur du Lieu unique à Nantes et de la Condition publique à Roubaix). Inauguré en 1986, le Magasin a connu ces dernières années des troubles dans sa direction, qui ont mené à sa fermeture… jusqu’à l’arrivée de Céline Kopp en janvier 2022, qui a mis les bouchées doubles pour rouvrir au plus vite ce lieu fondamental de l’art contemporain en France.

Vue extérieure du Magasin – CNAC, Grenoble
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Vue extérieure du Magasin – CNAC, Grenoble

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© Le Magasin, centre national d’art contemporain, 2023

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Magasin - Centre National d'Art Contemporain

12h – D’amour et d’eau fraîche

Ouvrez les yeux : ici, rien n’a été laissé au hasard. Investi dès le mois de février, le Magasin a reçu en résidence trois studios de design et d’architecture qui ont remodelé ses espaces, conçu son mobilier et réfléchi à ses usages. À l’accueil, on se pose un instant sur les assises pimpantes du studio Stromboli, avant de dériver dans la nef, où les courbes de l’espace des expositions temporaires ont été dessinées par l’agence d’architecture Cookies. En dialogue avec le territoire dans lequel il est implanté, le Magasin accueille les enfants dans une salle dédiée, et verra bientôt son école historique (créée en 1987 et fermée en 2020) renaître pour former de nouveaux commissaires d’exposition, médiateurs, critiques d’art… en adéquation avec les problématiques sociales et écologiques d’aujourd’hui.

Vue de l’exposition « La Position de l’Amour » au Magasin – CNAC. Hannah Quinlan & Rosie Hastings, « Everything Is Folly That Does Not Give Us Pleasure » (2021)
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Vue de l’exposition « La Position de l’Amour » au Magasin – CNAC. Hannah Quinlan & Rosie Hastings, « Everything Is Folly That Does Not Give Us Pleasure » (2021), 2022

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© Le Magasin CNAC / Photo Aurélien Mole

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La position de l’amour • Binta Diaw

Du 19 novembre 2022 au 12 mars 2023

www.magasin-cnac.org

13h30 – Tous au couvent !

Pour déjeuner à côté du Magasin, ne faites pas plus de trois pas : ils vous mèneront chez sa voisine, La Belle Électrique, salle de concerts fort recommandable (à noter pour une éventuelle soirée) dotée d’un joyeux restaurant. Ensuite, direction le centre-ville. Là, le couvent Sainte-Cécile multiplie les bonnes surprises. Déjà, pour l’architecture du lieu, héritée du début du XVIIe siècle. Ces murs ont hébergé des bernardines jusqu’à la Révolution française, puis des soldats, des cinéphiles (la salle de cinéma s’appelait alors le Rio !), les oiseaux de nuit d’un bar-dancing, des spectateurs de théâtre… Depuis 2008, ce sont les salariés de l’éditeur Glénat qui travaillent ici. On y vient pour la librairie, richement dotée en bandes dessinées, et pour les expositions temporaires qui investissent le cloître (après « Les Vélos de Doisneau », la prochaine sera consacrée au thème de « L’Arbre dessiné, entre illustration et bande dessinée » du 12 octobre 2023 au 13 janvier 2024).

Façade extérieure du Couvent Sainte-Cécile, Grenoble
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Façade extérieure du Couvent Sainte-Cécile, Grenoble

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Photo Jean-Marc Blache

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La Belle électrique

12 Esp. Andry Farcy, 38000 Grenoble

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Couvent Sainte-Cécile - Grenoble

15h15 – Rembrandt, vous ici !

Rembrandt, Deuxième tête orientale
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Rembrandt, Deuxième tête orientale, vers 1635

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Eau Forte • 147 × 120 mm • © Collection fonds Glénat pour le patrimoine et la création / Photo D. Guillaumin

L’autre surprise du couvent Sainte-Cécile, c’est son cabinet Rembrandt. Soit un petit espace joliment scénographié, installé dans l’ancien parloir des nonnes. Le parcours se concentre sur d’admirables gravures de Rembrandt (1606–1669), accompagnées de différents outils numériques, de quoi en savoir un peu plus et amuser les plus jeunes. Pourquoi ici, pourquoi Rembrandt ? Tout simplement parce que Glénat est riche d’un fonds pour le patrimoine et la création, et possède pas moins de 81 eaux-fortes du maître. Actuellement, l’exposition s’intitule « De l’ombre à la lumière » et bénéficie d’un prêt de la fondation Custodia.

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De l’ombre à la lumière

Du 24 mars 2022

www.couventsaintececile.com

18h30 – Ce soir, c’est théâtre !

Inauguré en 1968 (pour les JO, donc), la MC2 de Grenoble mérite absolument un détour nocturne. Déjà, pour son petit restaurant, raisonnable cantine où l’on dînera léger, puis pour sa superbe architecture signée André Wogenscky (un fidèle de Le Corbusier, mari de la sculptrice Marta Pan) et enfin pour l’excellence de sa programmation, pensée par Arnaud Meunier, directeur du lieu depuis 2021. À venir cet hiver : l’humoriste sensible Vincent Dedienne (les 27 et 28 janvier), Les Enfants terribles de Philip Glass d’après Jean Cocteau (les 1er et 2 février), un récital de Bertrand Chamayou (le 28 février)…

Vue extérieure de la MC2, Maison de la Culture de Grenoble
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Vue extérieure de la MC2, Maison de la Culture de Grenoble

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Photo Pascale Cholette

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MC2 • Maison de la Culture de Grenoble

Jour 2. 10h – À la rencontre de l’un des musées les plus anciens de France

Grenoble est une ville de sportifs. Suivez le mouvement et allez donc courir sur les rives de l’Isère – ou restez au lit avec la dernière bande dessinée d’Alison Bechdel, Le Secret de la force surhumaine (éd. Denoël Graphic, 2022), qui raconte avec génie son addiction au sport et que vous trouverez aisément, Grenoble regorgeant de librairies spécialisées en BD (rappelons que c’est la ville de Glénat !). Ensuite, direction le musée de Grenoble. Ouvert en 1798, soit cinq ans seulement après le Louvre, il est l’un des plus anciens de France… Et sa riche collection en témoigne. Côté art ancien, Philippe de Champaigne, Georges de La Tour, Simon Vouet ou encore Pierre Paul Rubens côtoient un superbe ensemble de quatre œuvres de Francisco de Zurbarán, ainsi que de belles collections d’antiquités égyptiennes (Grenoble étant aussi la ville de Champollion, elle accueille jusqu’au 19 février une petite exposition-dossier en l’honneur de l’anniversaire du déchiffrement des hiéroglyphes). Conservateur du musée de 1919 à 1949, Andry-Farcy a fait entrer dans les collections l’art moderne de son temps – Henri Matisse, Pablo Picasso, Pierre Bonnard, Fernand Léger. Plus récemment, Serge Lemoine et Guy Tosatto ont travaillé à l’arrivée de l’art contemporain au musée – Jeff Wall, Jannis Kounellis, Annette Messager… La petite surprise ? Les vestiges d’une muraille datant du XIVe siècle, visible au niveau –2, qui rappellent qu’ici se tenait le premier hôtel de ville de Grenoble !

Vue extérieure du Musée de Grenoble
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Vue extérieure du Musée de Grenoble

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© Musée de Grenoble

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Musée de Grenoble

11h30 – Un peu de pollen, beaucoup de nature

Giuseppe Penone, Vert du bois
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Giuseppe Penone, Vert du bois, été 2017

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© Archivio Penone / ADAGP, Paris, 2023

À ne pas manquer en ce moment, la belle exposition « De la nature » réunit quatre artistes contemporains. Leur point commun ? Avoir bénéficié d’une exposition monographique au musée de Grenoble ces dernières années, sous le commissariat du directeur du musée Guy Tosatto. Une réunion amicale, en somme, où les émerveillements se succèdent. Les fleurs de Philippe Cognée (né en 1957) ouvrent le bal, vénéneuses visions de cire en grand format, suivies de ses paysages de forêts, dans lesquels le corps du visiteur se laisse happer non sans inquiétude, et de ses châteaux de sable, souvenirs d’enfance transformés en natures mortes. Cristina Iglesias (née en 1956) nous invite ensuite dans une installation immersive et minérale, temple humide dans lequel on se perd pour mieux retrouver un sentiment de nature primordial. Puis c’est l’éblouissement du pollen délicatement déposé sur le sol du musée par Wolfgang Laib (né en 1950) – à voir, à vivre. Enfin le parcours se termine sur Giuseppe Penone (né en 1947) et ses dessins-frottages, réalisés avec de la chlorophylle sur des pans de tissu. De ces quatre regards sur la nature, on retiendra la pulsion de vie, le désir, le lien au monde – et l’écologie discrète, hantée de beauté.

Vue in situ de l’exposition “De la nature” au Musée de Grenoble
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Vue in situ de l’exposition “De la nature” au Musée de Grenoble, 2022

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© Ville de Grenoble - Musée de Grenoble / Photo Jean-Luc Lacroix

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De la nature

Du 22 octobre 2022 au 19 mars 2023

www.museedegrenoble.fr

12h15 – Une ascension vers l’art contemporain

Vue de l’exposition « Oui la nuit rêve dans le minéral » de Nelson Pernisco, une production Centre d’Art Bastille
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Vue de l’exposition « Oui la nuit rêve dans le minéral » de Nelson Pernisco, une production Centre d’Art Bastille, 2020

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Photo Christophe Levet

Faire une randonnée en sortant à peine du centre-ville, à Grenoble, c’est possible. Depuis le musée, traversez l’Isère et empruntez le sentier montant jusqu’à la Bastille, un ancien fort militaire construit à près de 500 mètres d’altitude sur le massif de la Chartreuse. La randonnée dure une heure et se fait facilement, même avec des enfants. Là-haut, le sympathique restaurant O2 (pour oxygène !) vous attend, pour déjeuner avec une vue panoramique sur la ville et les montagnes qui l’entourent – ça vaut le détour ! Et si vous avez de la chance, le Centre d’art Bastille – tout petit centre d’art contemporain au charme fou – présentera une exposition au moment de votre séjour. Ici, les jeunes artistes sont à l’honneur, et les bonnes découvertes nombreuses.

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Restaurant O2

5 Fort de la Bastille • 38000 Grenoble

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Centre d'art Bastille

15h – Plongée dans l’histoire alpine

Les « bulles » (téléphériques) qui montent de Grenoble à la Bastille
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Les « bulles » (téléphériques) qui montent de Grenoble à la Bastille

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© Alamy / Hemis / Photo Al Argueta

Pour redescendre, deux choix : soit prendre les « bulles », téléphérique dont les cabines toutes rondes sont très amusantes à emprunter (gare à vous si vous êtes sensible au vertige), soit redescendre par le sentier emprunté à l’aller. Cette deuxième option vous permettra de passer par le Musée dauphinois, ultime étape de notre week-end grenoblois. Installé dans le couvent Sainte-Marie d’en-Haut et dédié à l’histoire des Alpes, il renferme une collection allant de la Préhistoire à nos jours, et raconte comment les hommes, au fil des siècles, ont habité les montagnes qui nous entourent. En ce moment, plusieurs expositions sont au programme, dont « Égyptomania », consacrée à la passion occidentale pour l’Égypte et son fantasme, et « Fait main. Quand Grenoble gantait le monde », qui retrace l’histoire des fabriques de gants de luxe de la ville – disparues aujourd’hui. Et maintenant, c’est parti pour le ski !

Vue de l’exposition « Egyptomania – La collection Jean-Marcel Humbert » au Musée dauphinois, Grenoble
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Vue de l’exposition « Egyptomania – La collection Jean-Marcel Humbert » au Musée dauphinois, Grenoble, 2022

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© Musée dauphinois – Département de l’Isère

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Musée dauphinois

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Paris-Grenoble : en route !

3 heures de route en TGV

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Où dormir ?

Hôtel d’Angleterre

Ancien mais très bien tenu, cet hôtel a l’avantage d’être installé sur la place Victor Hugo, en plein centre-ville.

5 Place Victor Hugo • 38000 Grenoble

Chambres à partir de 87 euros

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