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Week-end culturel

Cologne, reine du Rhin

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Célèbre pour son eau de parfum et sa cathédrale, Cologne la contemporaine a plus d’un tour dans son sac. Sa douceur de vivre sur les bords du Rhin se conjugue à une exigeante actualité artistique, marquée au printemps par la foire Art Cologne. Mais c’est sans doute l’automne qui lui sied le mieux, à elle et à ses grands espaces verts, qui prennent pour quelques semaines des teintes dorées. L’occasion parfaite d’y passer deux journées.

Jour 1. 11 h – Pénétrer dans l’inénarrable cathédrale

C’est l’une des singularités les plus frappantes de la ville : cette gare, située en plein cœur du quartier touristique, nous plonge d’emblée dans une densité urbaine fourmillante. Tout juste déposé(e) à Cologne par votre Thalys matinal, vous tomberez immédiatement nez à nez avec la cathédrale, monument le plus visité du pays, immense et grise sous le ciel allemand. Sa construction, débutée en 1248, a duré jusqu’en 1880 (ce qui lui a valu bien des quolibets !) ; d’architecture gothique, elle accueille depuis 2007 des vitraux signés par l’artiste contemporain Gerhard Richter, qui diffractent la lumière en milliers de pixels de 72 couleurs différentes.

Vue de la cathédrale de Cologne classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO
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Vue de la cathédrale de Cologne classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO

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© René Mattes / hemis.fr

13 h – À la (re)découverte de Lucia Moholy au musée Ludwig

À deux pas de la cathédrale se trouvent réunis le musée romain-germanique (ouvert au regard depuis l’extérieur grâce à de grandes baies vitrées, ce qui nous permet de jeter un œil indiscret à ses collections archéologiques), la cinémathèque, la philharmonie et… le musée Ludwig, notre favori. Celui-ci accueille une très importante collection de pop art et d’œuvres de Picasso ; mais c’est surtout pour ses toiles expressionnistes allemandes que l’on se régale en visitant ses collections permanentes. Un déjeuner dans son très beau restaurant s’impose, avant de visiter l’exposition consacrée à Lucia Moholy (1894–1989), compagne oubliée et spoliée de László Moholy-Nagy. C’est elle qui lui a tout appris du photogramme, elle aussi qui se plaisait à établir des liens entre photographie et peinture abstraite. Une (re)découverte passionnante, qui va avec la récente relecture du Bauhaus par ses artistes femmes.

Vue du musée Ludwig
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Vue du musée Ludwig

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© A.R.

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Lucia Moholy

Du 12 octobre 2019 au 2 février 2020

15 h – Halluciner dans l’architecture du Kolumba

Cologne a la chance d’accueillir l’un des rares bâtiments de Peter Zumthor, architecte suisse lauréat du prix Pritzker – et, disons-le avec émotion, génie absolu qui travaille ses projets jusque dans les moindres détails. Le Kolumba (2007) a été conçu autour des ruines d’une église détruite pendant la Seconde Guerre mondiale : de l’extérieur, on admire la fine intégration des arches gothiques dans les façades cubiques en briques, elles-mêmes rythmées de moucharabiehs. De l’intérieur, deux possibilités : la visite de l’ancienne église (encore en activité), piquetée de points lumineux ; et celle du musée où tout émerveille, vestiaire, jardin, escaliers, salles d’exposition et de lecture, ouvertures et plafonds hauts. Les yeux se baladent partout, y compris sur le sol, car l’écrin est trop beau ; mais n’oublions pas le bijou, qu’est le nouveau parcours d’œuvres archéologiques, anciennes et contemporaines, intitulé New beginnings, une proposition éminemment poétique.

Vue du musée de Kolumba conçu autour des ruines de l’église St.Kolumba
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Vue du musée de Kolumba conçu autour des ruines de l’église St.Kolumba

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© Jon Arnold Images / hemis.fr

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Kolumba

16 h – Finir la journée avec une balade dans les galeries

Et elles sont nombreuses ! Dans la première venue, on déniche le programme de poche trimestriel Köln Galerien pour faire un choix parmi les 47 adresses recensées – avec un plan détaillé. Cet automne, ne manquez pas les photographies de Pieter Hugo chez Priska Pasquer : le photographe sud-africain explore un Mexique stupéfiant, fait de portraits sensuels sur fonds sales et de cactus en flammes. Chez Ruttkowski;68, on se laisse séduire par les peintures récentes du jeune Allemand Fabian Treiber – qui continue son exploration de la matière peinte en faisant dialoguer, dans de riches compositions énigmatiques, l’encre et l’acrylique. Le soir, dîner dans le quartier belge, qui regorge de jolis restaurants.

Vue de l’exposition « La Cucaracha » de Pieter Hugo
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Vue de l’exposition « La Cucaracha » de Pieter Hugo

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Courtesy PRISKA PASQUER, Cologne 5 © Pieter Hugo, Photo Nathan Ishar

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La cucaracha. Pieter Hugo

Du 6 septembre 2019 au 23 novembre 2019

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More Feeling. Fabian Treiber

Du 11 octobre 2019 au 12 décembre 2019

www.ruttkowski68.com

Jour 2. 10 h – S’émerveiller dans les allées d’un parc

Pour profiter de l’automne et de ses couleurs tout en gardant l’art contemporain pour cap, rendez-vous au Skulpturen Park, situé au nord de la ville. Vous pouvez vous y rendre en passant par Ebertplatz et son joli parc tout en longueur qui mène au Rhin, ou bien en vous baladant le long du fleuve, les quais étant particulièrement accueillants. Niché tout près du pont Zoobrücke, le Skulpturen Park accueille en ce moment des sculptures extrêmement variées. Klara Lidén et Karin Sander ont choisi de travailler directement sur l’élément végétal, la première présentant un buisson géométrique, la seconde interpellant le regard par un simple carré d’herbes. D’autres sont plus spectaculaires : le sculpteur italien Mauro Staccioli installe un gigantesque triangle rouge contre un arbre, Pedro Wirz fait dégouliner des œufs au plat sur des pierres et Anish Kapoor installe un miroir circulaire et déformant face au paysage. Un enchantement (surtout si vous êtes en famille !).

Vue de l’Ebertplatz à Cologne, en août 2019
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Vue de l’Ebertplatz à Cologne, en août 2019

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© Photo: Oliver Berg/dpa / dpa Picture-Alliance

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Skulpturen Park Köln

11 h – Interroger la masculinité dans un centre d’art contemporain

Changement de décor radical au Kölnischer Kunstverein, lieu exigeant du centre-ville. Dans les salles, les escaliers et le cinéma du lieu s’installe une exposition tentaculaire au thème ultra-actuel : la masculinité, vue par le prisme de l’art contemporain. L’idée de l’exposition ? « Déstabiliser les notions de genre patriarcales et hétéronormées ». On y croise des pêcheurs caressant des poissons s’asphyxiant (dans O Peixe (2016), une vidéo de Jonathas de Andrade, un cactus dressé dans un urinoir (Juliette Blightman), des collages sensuels de Carol Rama, une machine d’entraînement surmontée d’un sextoy (Georgia Anderson, David Doherty, Morag Keil et Henry Stringer)… Autant d’œuvres qui ridiculisent les relents réactionnaires actuels, dans un grand éclat de rire – parfois mêlé de larmes glacées. Avec une belle dose de queer pour saveur. Et pour le déjeuner, le café Riphahn, voisin du Kölnischer Kunstverein, ravira les gourmands avec, au programme, plats du jour frais, cadre chaleureux et gâteaux gargantuesques.

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Maskulinitäten

Du 1 septembre 2019 au 24 novembre 2019

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Riphahn Café & Restaurant

14 h – Faire un aller-retour dans le Berlin d’Otto Dix

À cinq minutes à pied de là vous attend le Käthe Kollwitz Museum… au sein d’un luxueux centre commercial. Passez les pâtisseries et les chocolateries (certes alléchantes) pour vous rendre directement à l’ascenseur central, tout de verre : celui-ci vous mènera à la belle exposition « Berliner Realismus, de Käthe Kollwitz à Otto Dix », qui couvre quarante ans de dessins, peintures et sculptures berlinois, de 1890 à 1930. Les thèmes sont durs, le regard acéré : la pénibilité du travail, la guerre, la prostitution et la ville anonyme y sont explorées à coups de traits pointus et de gueules torves. La dernière salle reste en mémoire longtemps, grâce à sa collection de visions colorées et acides de George Grosz (1893–1959), qui montrent Berlin comme un vaste bordel.

Otto Dix, Tranchée
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Otto Dix, Tranchée, 1918

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Gouache sur papier • © Otto Dix, ADAGP, Paris, 2022

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Berliner Realismus, de Käthe Kollwitz à Otto Dix

Du 10 octobre 2019 au 5 janvier 2020

16 h – Passer la fin du week-end avec le fils spirituel de Bernd et Hilla Becher

Une vingtaine de minutes de marche vers le nord et vous arriverez à Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur, un lieu d’exposition dédié à la photographie et situé, une nouvelle fois, dans les étages d’un immeuble contemporain. Une rétrospective y est actuellement consacrée à Boris Becker (né en 1961 à Cologne), élève ultra-fidèle du couple de photographes Bernd et Hilla Becher. Célèbres pour leurs images de bâtiments industriels, ils lui ont transmis leur amour d’une photographie frontale et sans figures. Car il a lui aussi photographié de très nombreux bâtiments – laids et dégradés – en noir et blanc, avant d’élargir sa pratique dans les années 1980 à la couleur pour immortaliser les grandes fresques qui recouvrent les villes, commandes urbaines et trompe-l’œil ultra kitsch. On s’amuse beaucoup devant cette série pince-sans-rire, attentive aux tentatives d’égaiement de quartiers mornes… avant de retourner vers la gare, les yeux ouverts sur les rues de Cologne.

Boris Becker, Bunker, Hamburg, Löwenstraße
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Boris Becker, Bunker, Hamburg, Löwenstraße, 1987

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© Boris Becker, VG Bild-Kunst, 2019

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Boris Becker

Du 6 septembre 2019 au 9 février 2020

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