Vue du site archéologique d’Olympie dans la péninsule grecque du Péloponnèse, en Grèce
© Alamy / Hemis / Photo Franck Guiziou
Remontons le temps il y a 3 000 ans… Dans la clameur de la foule qui s’élève au sein du stadion, les athlètes, grands, pas trop musclés, minces, et nus, vont s’élancer et disputer une course, l’épreuve reine des Jeux panhelléniques, ancêtres des Jeux olympiques. Soyez les bienvenus en 776 av. J.C., à Olympie, là-même où la compétition prestigieuse se déroulait tous les quatre ans jusqu’en 393 ap. J.C. Avant de renaître au XIXe siècle sous l’impulsion de Pierre de Coubertin.
Niché dans la région d’Ilia (Elis), avec ses oliviers à perte de vue, au nord-ouest de la péninsule du Péloponnèse, Olympie trouve ses origines à la fin du Néolithique (IVe millénaire av. J.-C). Le site conserve magnifiquement le souvenir de rites religieux, de présence politique et de tradition sportive. Car Olympie n’était pas seulement le terrain de jeu de sportifs auréolés d’une couronne d’oliviers sauvages tous les quatre ans. Ici de remarquables œuvres d’art ont été créées pour vénérer le dieu des dieux grecs, Zeus.
Les ruines de l’atelier de Phidias (célèbre sculpteur, orfèvre et peintre dans l’Antiquité) à Olympie, en Grèce
© Wikimedia Commons
Ce site divin regorge de trésors. D’abord parce qu’Olympie fut autrefois le centre du culte de Zeus, le père des douze dieux de l’Olympe. Pour honorer Zeus, de grands artistes, tel Phidias dont on a trouvé la trace, furent sollicités. Dans son atelier à Olympie, le sculpteur athénien a même créé la légendaire statue de Zeus chryséléphantine, en ivoire et or, l’une des sept merveilles du monde antique !
De nombreux chefs-d’œuvre voués à Zeus ont miraculeusement survécu aux affres du temps.
Toutes ces œuvres ornaient le sanctuaire dédié au dieu ainsi que son bois sacré (l’Altis). De nombreux chefs-d’œuvre voués à Zeus ont miraculeusement survécu aux affres du temps : de grands bronzes archaïques votifs (la plus importante réunion au monde), des sculptures de fronton et des métopes du temple de Zeus, ou encore le splendide complexe d’Hermès par Praxitèle. Toutes ces sculptures majeures de l’histoire de l’art s’admirent au musée archéologique d’Olympie, situé à quelques mètres du site archéologique.
Ce n’est pas tout. Même s’il faut parfois un peu d’imagination pour se projeter devant certains vestiges, Olympie abrite des sanctuaires très anciens, comme le Pélopion et une rangée de trésors au pied du mont Kronion sont encore visibles à l’intérieur du péribole (cour fermée). Olympie comptait aussi des résidences pour les invités de marque (maison de Néron) et évidemment des structures sportives pour organiser les Jeux olympiques : le stade et l’hippodrome à l’est, les thermes, la palestre et le gymnase au sud et à l’ouest.
Mais le plus émouvant dans ce parcours, c’est le temple d’Héra, érigé vers 590 av. J.-C. avec ses fières colonnes doriques. C’est devant l’autel consacré à la déesse que la flamme olympique est allumée tous les quatre ans. Ce temple est aussi le lieu où l’on a retrouvé en 1877, au cours de fouilles, Hermès portant Dionysos enfant, chef-d’œuvre en marbre de Paros attribué à Praxitèle (visible au musée d’Olympie).
À gauche, les ruines du temple Philipeion à Olympie en Grèce. À droite, la sculpture en marbre d’ “Hermès et l’enfant Dionysos” de Praxitèle, sculpteur attique de renom (IVe siècle av. J.-C.)
© Alamy / Hemis / Photo Robert Harding © Wikimedia Commons
Olympie n’attend pas quatre ans pour s’animer. Les lieux sont le théâtre d’événements musicaux et culturels importants tels que le festival international de l’Ancienne Olympie et le festival international du film pour les enfants et les jeunes.
Si vous n’êtes pas dans la bonne période, on complète ici sa visite un peu plus haut sur une colline, en découvrant le musée de l’Histoire des Jeux olympiques antiques, créé en 2004 à l’occasion des J.O. d’Athènes (compris dans le prix du billet pour le site archéologique). À vos marques, prêts… vous voilà parés pour Paris 2024.
Comment s’y rendre ?
En bus, on gagne Olympie depuis Athènes via Pyrgos.
En voiture, la ville est à 290 kilomètres d’Athènes.
En bateau, le port le plus proche se trouve à Katakolo (34 km).
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