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Peter Lindbergh, Isabelle Huppert (détail)
© Peter Lindbergh
Il a fait trembler tout Avignon, du Palais des Papes à l’église des Célestins, avec sa version infernale de la Divine Comédie de Dante, ramené le spectateur à son instinct animal et à ses angoisses ancestrales dans Orestie (une comédie organique ?), où se déchiraient des créatures hybrides perdues dans les entrailles de la Terre, créé la controverse avec sa pièce Sur le visage du concept du fils de Dieu, où il souillait la reproduction géante du Salvator Mundi peint au XVe siècle par Antonello da Messina, transcendé nos âmes avec les images immaculées et les sons grandioses de son Parsifal de Wagner…
S’il est bien un metteur en scène capable de bouleverser tous les sens et d’embrasser toutes les formes d’expression artistique (théâtre, musique, opéra, vidéo, performances) pour incarner le concept esthétique d’œuvre d’art total, c’est Romeo Castellucci. Plasticien de formation, l’artiste démiurge qui ne laisse personne indifférent secoue la scène contemporaine depuis plus de trente ans en lui offrant des moments uniques qui imprègnent la chair et l’esprit de façon indélébile.
« L’écriture de Racine m’a toujours impressionné… »
Alors tremblez, simples mortels ! Le créateur est de retour au Théâtre de la Ville où il s’attaque à un célèbre triptyque amoureux et politique, le Bérénice (1670) de Racine, en usant de dispositifs scéniques qui promettent une fois encore de défier l’entendement.
« L’écriture de Racine m’a toujours impressionné de par ses mélanges entre la culture grecque et la culture chrétienne, alliage tout à fait impossible puisque, si l’au-delà existait, il n’y aurait pas de tragédie », explique-t-il dans sa note d’intention. Et de préciser que ce qui le stimule, c’est « l’inactualité » du dramaturge français, « sa réthorique classique et la théologie en général » car elles répondent aux contradictions et aux impasses de notre société contemporaine. Pour la musique, Castellucci a fait appel à son complice de toujours, le compositeur électroacoustique Scott Gibbons.
Et pour interpréter Bérénice, Isabelle Huppert s’est imposée d’emblée parce qu’elle incarne « l’actrice définitive » et « radicale », dit-il, à l’image du texte de Racine. Avec elle, il va tenter « d’exprimer l’hardcore du théâtre ». Nous voilà prévenus.
Bérénice
D’après Jean Racine
Une création de Romeo Castellucci • du 5 au 28 mars • Théâtre de la Ville 2, place du Châtelet • Paris 4e • 01 42 74 22 77 •
Pour réserver votre place, rendez-vous sur le site du Théâtre de la Ville.
Bros
De Romeo Castellucci
Les 14, 15 et 16 mai • Le Lieu Unique • quai Ferdinand Favre • Nantes 02 40 12 14 34
Pour réserver votre place, rendez-vous sur le site internet du Lieu Unique.
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