Bonne nouvelle : en 2024, l’art tient le beau rôle sur les planches ! Alors quels spectacles voir en ce début d’année à Paris ? On fonce aux Ateliers Berthier pour en prendre plein les yeux avec le Rohtko mis en scène par Łukasz Twarkowski, on s’émeut du destin de Charlotte Salomon avec Audrey Tautou à la Seine Musicale, on jubile avec les Culottées de Pénélope Bagieu à la Comédie-Française…
Côté danse, de belles émotions seront aussi au rendez-vous avec la première création de Boris Charmatz avec le mythique Tanztheater Wuppertal au théâtre du Châtelet, ou encore la relecture contemporaine (et inclusive) d’un monument du spectacle vivant par la chorégraphe Blanca Li, le rappeur Abd al Malik et le violoniste David Grimal. Prêts ? Réservez !
De la vie de Charlotte Salomon, David Foenkinos a écrit un roman, véritable succès littéraire de l’année 2014, couronné par le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens. Dix ans plus tard, l’auteur a retouché son texte pour en faire une lecture musicale, portée par Audrey Tautou et mise en scène par Jérémie Lippmann. Face au public de la Seine Musicale, la comédienne incarnera pour quelques dates seulement cette artiste juive allemande à la trajectoire éclair et tragique, de son enfance à Berlin à son exil en France pendant la Seconde Guerre mondiale – période prolifique durant laquelle elle a réalisé plus de 1 000 gouaches accompagnées de textes et de chants –, et jusqu’à sa mort en déportation à 26 ans, alors qu’elle était enceinte : une expérience émouvante entre littérature, musique et peinture.
"Charlotte". Avec Audrey Tautou
Du 19 au 25 Janvier 2024 à la Seine Musicale
À partir de 24€
Pour réserver votre place, consultez le site de la Seine Musicale.
Aurélien Bory, Invisibili, 2023
© Rosellina Garbo
En résidence au Teatro Biondo de Palerme, Aurélien Bory découvre Le Triomphe de la Mort, fresque peinte vers 1446 et conservée au Palazzo Abatellis. Hanté par ce chef-d’œuvre résolument macabre, dont l’auteur demeure inconnu, le chorégraphe a décidé d’en faire le décor de sa nouvelle création, présentée jusqu’au 20 janvier aux Abbesses (théâtre de la Ville). Sur scène, les danseurs évoluent au pied d’une monumentale reproduction de six mètres sur six, réinterprétant les postures de la trentaine de personnages et la myriade de détails représentés. Plus qu’une simple évocation de ce chef-d’œuvre devenu l’un des emblèmes de Palerme, Bory convoque aussi sur scène des fléaux contemporains (médecins en blouse blanche, naufragés…), mis en musique par le saxophoniste Gianni Gebbia et le chanteur, auteur-compositeur nigérian Chris Obehi : un flamboyant tableau vivant en forme d’hymne à la vie.
"Invisibili"
Du 5 au 20 janvier au théâtre des Abbesses
De 8 à 30 €
Pour réserver votre place, consultez le site du théâtre des Abbesses.
Anka Herbut, Rotkho, 2023
© Artūrs Pavlovs
Toujours au cœur d’une exposition-événement à la fondation Louis Vuitton (à voir jusqu’au 2 avril), Mark Rothko est aussi à l’affiche des Ateliers Berthier du théâtre de l’Odéon, où se jouera du 31 janvier au 9 février Rohtko d’Anka Herbut. En s’appuyant sur l’un des plus grands scandales de l’art contemporain de ces dernières années (la vente, pour une somme mirobolante, d’un faux Rothko au début des années 2000, en réalité peint par un faussaire chinois), le metteur en scène Łukasz Twarkowski a imaginé une grande fresque (le spectacle dure près de quatre heures) qui interroge la marchandisation de l’art contemporain et le mythe de l’authenticité. Portée par une troupe d’acteurs polonais, lettons et chinois, cette spectaculaire création, qui convoque autant les toiles du maître du color field painting que des récentes œuvres de crypto-art, dynamite habilement les idées reçues sur l’art et sa valeur.
"Rohtko"
Du 31 janvier au 9 février au théâtre de l’Odéon (Ateliers Berthier)
De 9 à 37 €
Pour réserver votre place, consultez le site du théâtre de l’Odéon.
Cookie, 2022
© Léa Comelli
Écrivaine, actrice, gogo danseuse, Cookie Mueller a aussi bien croisé la route de Jean-Michel Basquiat que celle de Nan Goldin, dont elle fut non seulement la muse mais aussi l’une des plus poches amies. Inspiré par son récit autobiographique (Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir), le spectacle musical Cookie, mis en scène par Justine Heynemann, redonne vie à cette icône underground, disparue prématurément des suites du sida. Sur scène, l’actrice Éléonore Arnaud, accompagnée par le guitariste James Borniche (en alternance avec Valérian Béhar-Bonnet), offre une plongée décoiffante dans le bouillonnement culturel du New York des années 1970–1980 : résolument punk !
"Cookie"
Du 8 décembre au 16 mars au théâtre de la Huchette
De 18,99 € à 30,99 €
Pour réserver votre place, consultez le site du théâtre de la Huchette.
Justine Heynemann d’après Pénélope Bagieu, Culottées, 2024
Véritable phénomène en librairies, les bandes dessinées Culottées de Pénélope Bagieu mettent en lumière les destins de femmes exceptionnelles trop longtemps restées dans l’ombre, telles que la première femme médecin dans la Grèce antique (Agnodice), une courageuse rappeuse afghane (Sonita Alizadeh), ou encore une impératrice chinoise du VIIe siècle injustement tombée dans l’oubli (Wu Zetian)… Toutes seront incarnées sur les planches par la troupe de la Comédie-Française dans une réjouissante adaptation façon cabaret proposée par Justine Heynemann (encore !) et Rachel Arditi : une galerie de personnages extraordinaires.
"Culottées"
Du 25 janvier au 3 mars au Studio de la Comédie-Française
De 12 € à 27 €
Pour réserver votre place, consultez le site de la Comédie-Française
Abd Al Malik, Blanca Li et David Grimal à la Villette, 2024
© Fa Bien Coste
Quand la chorégraphe Blanca Li, le rappeur Abd al Malik et le violoniste David Grimal se rencontrent autour d’un monument du spectacle vivant, cela donne Notre Sacre, vivifiante relecture contemporaine du célèbre Sacre du printemps, créé en 1913 par Vaslav Nijinski et Igor Stravinsky. Cette nouvelle création, qui a vu le jour dans le cadre de l’Olympiade culturelle, fera dialoguer sur scène une troupe de danseuses et danseurs, âgés de 18 à 25 ans et originaires de quartiers populaires et de zones rurales avec les musiciennes et musiciens de l’ensemble Les Dissonances. Sans oublier le rappeur Abd al Malik qui lira ses poèmes accompagné par la musique originale composée par le beatmaker Bilal, d’après des chants folkloriques qui ont inspiré Stravinsky… Le tout mis en mouvement par Blanca Li. Une relecture audacieuse, à découvrir seulement le temps de deux représentations à La Villette !
"Notre Sacre"
Vendredi 12 et Samedi 13 avril à La Villette
Entre 10 € et 45 €
Pour réserver votre place, consultez le site de La Villette.
Hortense Belhôte devant l’Olympia d’Édouard Manet
© Julien Benhamou
On adore ses savoureux décryptages de chefs-d’œuvre de la peinture européenne à la sauce queer et féministe (Merci de ne pas toucher, une web-série à voir sur Arte.tv). Bonne nouvelle : l’historienne de l’art et performeuse Hortense Belhôte investit dès le 25 janvier le musée d’Orsay, le temps de quatre « promenades performées et participatives » (à raison d’une par mois jusqu’en avril), invitant les visiteurs à admirer les trésors de la vénérable institution sous un nouveau jour ; le tout, comme toujours, avec un humour aussi irrésistible que décapant ! Année olympique oblige, elle proposera aussi, le 4 avril, dans l’auditorium du musée, une histoire du football féminin lors d’un spectacle mêlant habilement les codes de la conférence et de la performance. À réserver sans attendre !
Hortense Belhôte / Promenade performée
Les jeudis 25 janvier, 29 février, 28 mars et 25 avril au musée d’Orsay
Pour en savoir plus, consultez la billetterie du musée d’Orsay.
Une histoire du football féminin
Le jeudi 4 avril au musée d’Orsay
Pour en savoir plus, consultez la billetterie du Musée d’Orsay.
Depuis un peu plus d’un an, Boris Charmatz a pris la tête du Tanztheater Wuppertal, compagnie fondée par la mythique chorégraphe Pina Bausch, disparue en 2009. Il présente au théâtre du Châtelet Liberté Cathédrale, nouvelle création initialement imaginée pour l’impressionnante église de style brutaliste de Neviges, en Rhénanie. Sur scène, la vingtaine de danseurs incarnent une assemblée en mouvement, une architecture en corps vibrant sur du Beethoven, mais aussi au son tonitruant de l’orgue et des envolées de cloches. Une grand-messe aux allures de rave party qui ne laissera, c’est sûr, personne indifférent.
Liberté Cathédrale
Du 7 au 18 avril au théâtre du Châtelet
De 10 € à 45 €
Pour réserver votre place, consultez le site du théâtre du Châtelet.
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