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Le lac de Bled, à une quarantaine de minutes au nord de Ljubljana
© Slovenia Tourist board / Photo Alex Strohl
Première étape, indispensable : Ljubljana, étincelante capitale dont le centre entièrement piétonnisé s’explore volontiers à vélo. En longeant les rives verdoyantes de sa rivière, la Ljubljanica, vous remarquerez sûrement son emblème, le dragon, fièrement dressé sur le bien nommé pont des Dragons. La légende raconte que le héros grec Jason aurait ici vaincu l’animal mythique !
Sous le joug de l’Empire romain au Ier siècle, la cité garde quelques vestiges de son passé antique – la Maison Emona, du nom de la ville sur laquelle fut édifiée Ljubljana. Mais c’est surtout la longue domination des Habsbourg, du XIVe au début du XXe siècle, qui a laissé son empreinte dans le paysage architectural. Pour s’en convaincre, une ascension s’impose (à pied ou en funiculaire) jusqu’au château fort de Ljubljana, construit au XVe siècle pour résister aux invasions ottomanes. Il abrite aujourd’hui deux musées, des restaurants et une tour panoramique.
Vues d’en haut, les façades baroques typiquement germaniques colorent toute la ville de teintes pastel, à l’image de la cathédrale Saint-Nicolas reconnaissable à son dôme vert amande ou de l’église franciscaine de l’Annonciation aux murs rouge brique. Immanquable, celle-ci se dresse fièrement sur la place Prešeren, du nom d’un poète romantique érigé en héros national, France Prešeren (1800–1849).
Précisons en effet que la langue slovène est un patrimoine chéri. Raison pour laquelle la ville a érigé un surprenant monument à Napoléon Ier, énième occupant du pays mais qui le premier encouragea le peuple à se réapproprier sa langue.
La place Prešeren à Ljubljana
Photo Mihael Grmek
La place Prešeren, cœur battant de la métropole, offre ainsi un bel aperçu de l’exceptionnelle diversité architecturale qui règne à Ljubljana : ici, l’imposante pharmacie centrale (Mayerjeva palača) d’allure néo-Renaissance; là, la silhouette élancée de la maison Hauptmann aux motifs Art nouveau ; en face, une insolite construction qui enjambe triplement la Ljublanica depuis le remaniement ingénieux, en 1929–1932, d’un premier pont somme toute classique, par l’architecte iconique de la Slovénie : Jože Plečnik (1872–1957). Passé par l’atelier d’Otto Wagner à Vienne, ce visionnaire a en effet redessiné une bonne partie de la ville dans les années 1920, en suivant une ligne originale entre classicisme et Sécession viennoise.
La Maison-musée de l’architecte Jože Plečnik vue de la rue et du jardin à Ljubljana
© MGML / Photo Matevž Paternoster
S’il fut redécouvert tardivement (sa première rétrospective eut lieu au Centre Pompidou en 1986), certaines de ses réalisations sont classées aujourd’hui patrimoine mondial de l’UNESCO et se visitent au fil d’un parcours thématique dans la capitale. D’abord son chef-d’œuvre, la Bibliothèque nationale et universitaire, mais aussi sa maison-musée restée intacte, discrète bâtisse qui offre une immersion fascinante dans l’univers très monacal de cet homme amoureux de la nature et pétri de spiritualité.
Territoire à peine plus vaste que la Picardie, la Slovénie se parcourt rapidement en voiture (les moins pressés opteront pour le train). Poursuivons donc notre chasse aux trésors à une quarantaine de minutes au nord de Ljubljana où s’étend le lac de Bled, si enchanteur qu’il vaut mieux l’éviter en plein été.
Au milieu de son étendue bleu turquoise, pointe une petite île où trône l’église de la Mère de Dieu [ill. en Une]. Perché en haut de 99 marches qu’il faut grimper pour l’atteindre, le pittoresque édifice remanié au XVIIe siècle à la suite d’un tremblement de terre (fréquents en Slovénie) offre depuis les montagnes alentour un paysage époustouflant !
La ville de Piran vue depuis les remparts
Photo Patrick Giraud
Cap ensuite vers le sud, où les 46 kilomètres de rivages que possède le pays sur la mer Adriatique recèlent un joyau : Piran. Fondée par les Romains sur une étroite péninsule, cette petite cité de caractère a prospéré grâce à ses salines, encore exploitées aujourd’hui. Tombée au XIIIe siècle entre les mains de la République de Venise voisine, elle a hérité de son atmosphère envoûtante. Engouffrez-vous dans ses ruelles, sous ses étroits passages, sur ses quais animés, autour de ses vieilles fontaines… En montant, vous atteindrez le campanile, jumeau de celui de la place Saint-Marc, puis la superbe cathédrale baroque dédiée à saint Georges. Depuis son parvis perché au-dessus des eaux transparentes de l’Adriatique, on aperçoit à droite les côtes italiennes et à gauche celles de la Croatie toute proche.
Autre édifice qui mérite une halte, le monastère de Saint-François dont le cloître immaculé, créé en 1301, est toujours occupé par les Frères mineurs. L’été, il accueille des concerts ! L’église Saint-François d’Assise attenante vaut aussi le coup d’œil : elle attend que lui soit restituée une madone en majesté de Vittore Carpaccio, aujourd’hui conservée à Padoue…
Maison vénitienne du XVe siècle, sur la place Tartini, à Piran
© Dean Dubokovic
En redescendant vers le port, une authentique maison de style gothique vénitien de couleur rose pâle vous attend. Elle donne sur l’élégante place centrale de Piran, nommée en l’honneur de Giuseppe Tartini (1692–1770). Si vous ne connaissez pas ce violoniste virtuose des Lumières, une visite de sa maison natale, sur la même place, vous donnera l’occasion de découvrir sa vie on ne peut plus romanesque. Ne quittez pas Piran sans avoir fait un tour sur son petit marché, d’où l’on peut repartir avec du sel et de l’huile d’olive, produits localement !
En remontant vers le nord, entre la vallée de la Soča (l’une des plus belles rivières d’Europe avec sa couleur émeraude) et la frontière italienne, s’étend Goriška, région moins courue et pleine d’attraits. La commune de Brda, véritable « Toscane slovène » aux 45 hameaux, y offre un panorama d’exception avec ses collines couvertes de vignes et ses villages médiévaux, parmi lesquels Šmartno, le mieux préservé de tous. Vous pourrez y goûter ses cerises et son vin de classe mondiale, le fameux Rebula. Ne manquez pas également de faire un stop à la villa Vipolže, à Dobrovo, majestueux édifice du XVIe siècle récemment restauré pour accueillir divers événements culturels (concerts, projections, expositions…).
Objectif: créer pour les générations futures un patrimoine enfin libéré des frontières.
A priori moins séduisante, Nova Gorica, la ville principale de la région, mérite une escale, non seulement pour son monastère franciscain Kostanjevica, qui a la particularité surprenante d’abriter les sépultures des derniers Bourbons, mais aussi parce qu’elle incarne tout un pan de l’histoire moderne de la Slovénie, qui lui a valu d’être sacrée Capitale européenne de la culture pour 2025. Tout un symbole, puisque cette agglomération fut coupée en deux après la Seconde Guerre mondiale avec, côté ouest, le centre historique attribué à l’Italie, qui garda le nom de Gorizia, et, côté est, une ville nouvelle, Nova Gorica donc, construite selon les préceptes de Le Corbusier par l’État slovène alors fédéré à la Yougoslavie communiste.
Le monastère Franciscain de Kostanjevica en Slovénie
© Panther Media GmbH / Alamy / Hemis
Aujourd’hui, la place de l’Europe, devant la gare, matérialise cette frontière qui déchira les familles jusqu’en 2007, date de l’entrée de la Slovénie dans l’espace Schengen. C’est donc avec un programme transfrontalier commun – chose inédite – que les deux villes s’animeront l’an prochain de projections, concerts et expositions, dont cinq consacrées au célèbre peintre Zoran Mušič, né dans un hameau proche. Objectif : créer pour les générations futures un patrimoine enfin libéré des frontières.
Préparer son voyage
Comment s’y rendre ?
Vol direct Paris-Ljubljana (Air France) une fois par jour
Où dormir et se restaurer ?
AS Hotel et son restaurant Jaz
Čopova ulica 5A • Ljubljana • +386 1 547 66 66
ashotel.si
Niché dans un petit parc verdoyant au cœur des rues piétonnes, ce tout nouveau boutique-hôtel au design soigné et élégant abrite le restaurant bistronomique Jaz de la célèbre cheffe Ana Roš. Le petit déjeuner est à tomber !
Chambre d’hôtes et table gastronomique
Hiša Franko Staro selo 1 • Kobarid
+386 5 389 41 20 • hisafranko.com
En 2023, Ana Roš est devenue la 8e femme triplement étoilée au monde pour son restaurant Hiša Franko, situé dans un village de la vallée de la Soča à laquelle elle rend hommage avec sa gastronomie durable. L’auberge possède une dizaine de chambres au luxe discret.
Auberge et maison d’hôtes
Klinec Plesivo 51b • Dobrovo • +386 3 133 94 63
klinecplesivo.si
Tenue par une famille passionnée d’art et de nature, cette auberge avec piscine propose cinq chambres et une excellente table qui sert un prosciutto d’exception vieilli dans ses propres caves, ainsi qu’un vin bio maison mondialement connu.
Où dormir à Lipica ?
Hôtel Maestoso dans le haras
Lipica Lipica 5 • Sežana • +386 5 739 17 90 • lipica.org
Non loin des rivages de l’Adriatique, le plus important haras de chevaux lipizzans au monde, créé en 1580, abrite au cœur de son immense parc (en plus d’un musée dédié au constructiviste slovène Avgust Černigoj, d’une chapelle et d’étables historiques), un hôtel quatre-étoiles à l’architecture contemporaine doté de 139 chambres au look design.
Où se restaurer à Piran ?
Rostelin Gallusova ulica 2 • Piran • +386 8 200 59 87
Excellente terrasse sur une petite place, avec cuisine authentique aux saveurs italiennes. Mention spéciale pour le carpaccio à la truffe et les gnocchis all’ ragù.
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