Maître Louise Beriot, avocate au barreau de Paris
© Alexandre Isard
Organiser le procès d’une œuvre d’art… Il fallait oser, et le musée d’Orsay l’a fait ! Le 2 octobre prochain, l’auditorium de l’institution ouvrira à 20h un débat exceptionnel autour du Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet, dont le scandale lors de son exposition en 1863 a fait date dans l’histoire de l’art occidental.
À la barre ? Maître Louise Beriot (avocate au barreau de Paris), maître Frédérique Cassereau (avocate associée chez Hoche-Avocats), Valérie-Odile Dervieux (présidente de chambre de l’instruction à la Cour d’appel de Paris) et Isolde Pludermacher (conservatrice en chef des peintures au musée d’Orsay).
Inédite, la soirée est le tout premier « Orsay Live », une nouvelle programmation de nocturnes qui entend s’adresser à un public jeune, entre 18 et 25 ans (mais pas uniquement !), avec des soirées inédites et audacieuses.
À mi-chemin entre une conférence performative et un spectacle aux coups de théâtre nombreux, le procès sera ponctué de plaidoiries assurées par des étudiants de la Fédération française de débat et d’éloquence.
La soirée offrira aussi l’occasion de se souvenir des idées décloisonnées et du dynamisme portés par Sylvain Amic, président du musée d’Orsay avant son décès soudain récemment. Et ce, quelques jours seulement après le « Jour des écrivains », où l’on a pu voir une trentaine d’auteurs s’emparer du musée pour y mener des lectures au cœur des collections permanentes…
Edouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863
Le plus moqué
Cette scène de pique-nique peinte par Édouard Manet (1832–1883) a déclenché un tonnerre de rires et d’exclamations outrées au « Salon des Refusés », où elle fut exposée après son rejet du Salon de 1863. Les causes du scandale ? La trivialité du sujet (auquel le public, nourri aux sujets religieux, historiques ou mythologiques, n’était pas encore habitué), la présence surréaliste et obscène (pour cette société très prude) d’une femme nue au milieu d’hommes habillés, et la modernité de sa facture : des contrastes brutaux d’ombre et de lumière, de simples aplats de couleur parfois apposés lestement, et un décor dans lequel les personnages se découpent comme dans un collage. L’emblème du début de la remise en cause des conventions picturales au XIXe siècle !
Huile sur toile • 207 × 265 cm • Musée d’Orsay, Paris • Coll. musée d’Orsay, Paris / © RMN-Grand Palais / Photo Benoît Touchard, Mathieu Rabeau
« Parce que ses collections résonnent avec les grandes questions de notre temps — en particulier celles qui mobilisent les jeunes générations —, le musée d’Orsay offre un espace unique pour confronter les regards et nourrir une pensée critique, affirmait ainsi l’ancien président. Organiser un procès fictif autour du Déjeuner sur l’herbe de Manet, œuvre nimbée de scandale et d’interrogations depuis sa création, c’est inviter à l’écoute, au débat constructif. C’est aussi mettre l’érudition au service du public pour l’embarquer dans une véritable école du regard. On en sort grandi, riche de nuances, en ayant construit au fil des plaidoiries son intime conviction, tel un véritable historien d’art. »
Le procès fictif du Déjeuner sur l'herbe
Le 2 octobre 2025 à 20h
Pour en savoir plus, consultez le site du musée d’Orsay
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