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Le décès brutal de Sylvain Amic, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, crée le choc dans le monde de la culture

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Sylvain Amic au musée d’Orsay
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Sylvain Amic au musée d’Orsay

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Photo Musée d'Orsay, Dist. GrandPalais Rmn / Photo Allison Bellido

C’est sous le coup d’une triste nouvelle que le monde de la culture s’apprête à faire sa rentrée. Ce dimanche 31 août, le très apprécié président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, Sylvain Amic (1967–2025), grand défenseur de la démocratisation culturelle, est mort brutalement d’un arrêt cardiaque à l’âge de seulement 58 ans, après moins de 18 mois à occuper ce poste prestigieux. Selon une source proche citée par l’AFP, le drame est survenu alors qu’il « se trouvait dans un petit village près de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard ». Sylvain Amic y est décédé après avoir appelé le Samu, semble-t-il de causes naturelles.

« La culture perd l’un de ses meilleurs connaisseurs et la France un grand serviteur de l’État »

Rachida Dati, ministre de la Culture

« Sa disparition est un choc », a réagi dimanche sur X le président Emmanuel Macron. « À Montpellier, Rouen ou Paris, Sylvain Amic œuvrait pour que chacun puisse accéder aux merveilles de l’art, de Soulages à Manet. » « La culture perd l’un de ses meilleurs connaisseurs et la France un grand serviteur de l’État », un homme « ouvert », « créatif », « chaleureux » et « attentif aux autres », a également regretté sur le même réseau social la ministre de la Culture Rachida Dati – qui l’avait justement recommandé à Emmanuel Macron au printemps 2024 afin qu’il obtienne ce poste en tant que successeur du très aimé Christophe Leribault, nommé à la tête du château de Versailles. Ce dernier s’est lui aussi exprimé sur Instagram, saluant « une personnalité engagée, dynamique et chaleureuse ».

De Montpellier à Rouen

Né à Dakar de parents enseignants, Sylvain Amic avait débuté sa carrière comme instituteur, puis directeur de l’école française de Banjul, en Gambie, avant de réussir le concours de l’Institut national du patrimoine et d’embrasser à ses 30 ans, en 1997–1998, la carrière de conservateur. Dès 2000, il est nommé conservateur en chef des collections XIXe, modernes et contemporaines au musée Fabre de Montpellier (poste qu’il occupera durant 11 ans) par le socialiste Georges Frêche, maire historique de la ville. Durant cette période, Sylvain Amic contribue activement à la rénovation titanesque de l’établissement entre 2000 et 2007, ainsi qu’à son ouverture au numérique et à l’art contemporain.

Rachida Dati, ministre de la Culture et Sylvain Amic à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art (JEMA)
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Rachida Dati, ministre de la Culture et Sylvain Amic à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art (JEMA), 4 avril 2025

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© Chang Martin / Sipa

Le spécialiste dirige ensuite, jusqu’à l’été 2022, les 11 musées de Rouen, qu’il rassemble au sein de la Réunion des musées métropolitains Rouen-Normandie afin d’améliorer leur coordination et leur rayonnement. Là, il lance une opération qui récolte de nombreuses critiques positives : Le Temps des collections, un cycle d’expositions annuelles destiné à sortir de l’ombre la richesse des fonds permanents de la ville.

En tant que commissaire, Sylvain Amic a presenté de nombreuses expositions importantes, dont « Nolde » au Grand Palais (2008),  « Gustave Courbet » (2008) et « Soulages, verre, cartons, vitraux de Conques » (2010) à Montpellier, ou encore, à Rouen, « Éblouissants reflets » (2013), « Sienne, aux origines de la Renaissance » (2015), et « Salammbô. Fureur ! Passion ! Éléphants ! » (2021) à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’écrivain Gustave Flaubert – qui avait donné lieu à un riche programme dans la ville, alliant expositions, projections numériques, balade interactive et menus gastronomiques.

« Diriger le musée d’Orsay était le rêve de sa vie »

En 2022, il accepte de devenir conseiller (en charge des musées, des métiers d’art, du design et de la mode) de l’ancienne ministre de la Culture Rima Abdul Malak, qui a souligné son « travail extraordinaire », aussi bien à Rouen que dans son cabinet. « Diriger le musée d’Orsay était le rêve de sa vie », a-t-elle ajouté dans une déclaration transmise à l’AFP. Sylvain Amic s’était porté candidat à ce poste dès 2017, mais Laurence des Cars (désormais directrice du Louvre depuis 2021) l’avait emporté. C’est finalement en avril 2024 qu’il avait obtenu cette place, la plus convoitée en France après la direction du Louvre dans le domaine de l’art pré-1914.

« Le musée d’Orsay, c’est un musée républicain, un bien commun de la nation qu’il faut restituer à l’ensemble de la nation. »

Sylvain Amic

« Le musée d’Orsay, c’est un musée républicain, un bien commun de la nation qu’il faut restituer à l’ensemble de la nation », déclarait Sylvain Amic dans Le Monde en janvier dernier. Pour aller dans le sens de cette politique de démocratisation culturelle qui lui tenait à cœur, le nouveau venu travaillait à « proposer aux 18–25 ans une programmation plus stimulante », à développer une offre accessible, ouverte et innovante, notamment en favorisant la pluridisciplinarité, les dialogues avec la création contemporaine et l’utilisation du numérique et de l’immersif, mais aussi à multiplier les prêts d’œuvres d’Orsay aux quatre coins de la France, en renforçant les partenariats avec les musées régionaux.

Sous sa présidence, le musée a également lancé pour 2026, en partenariat avec le MuMo (musée mobile) et la Fondation Art Explora, le MuM’Orsay, un musée itinérant qui sillonnera les territoires sans musées pour fêter les 40 ans d’Orsay. Tout entier dévoué à sa mission, Sylvain Amic planchait enfin sur l’amélioration du confort des visiteurs grâce au lancement de grands travaux visant à modifier les espaces d’accueil, ainsi que sur une refonte du parcours permanent, et l’inauguration du centre de ressources et de recherche Daniel-Marchesseau – un vaste projet lancé par son prédécesseur Christophe Leribault, qui lui avait aussi laissé chapeauter l’ouverture de deux grandes expositions historiques élaborées sous sa présidence : « Paris 1874. Inventer l’impressionnisme », et « Gustave Caillebotte. Peindre les hommes ».

Installé en bord de Seine dans le superbe décor d’une ancienne gare 1900, Orsay regorge de chefs-d’œuvre datant de 1848 à 1914, signés Manet ou Courbet, et abrite en particulier une collection exceptionnelle d’art impressionniste et post-impressionniste, de Monet à Van Gogh. Accueillant avec lui environ 5 millions de visiteurs par an, l’Orangerie complète cette immersion unique dans la naissance de l’art moderne avec les célèbres « Nymphéas » de Monet, sans compter des œuvres de Cézanne, Matisse ou Picasso. Reste à savoir qui reprendra les rênes de ce vaisseau amiral, qui inaugurera en septembre l’exposition très attendue « John Singer Sargent. Éblouir Paris », puis « Renoir et l’amour » en mars 2026.

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