Baie de Hanavave à Fatu Hiva dans l’archipel des îles Marquises
© John Frumm / hémis
Perdue en plein océan Pacifique, la beauté sauvage et mystique des îles Marquises, vaste archipel polynésien d’origine volcanique a totalement envoûté le peintre Paul Gauguin (1848–1903), au point que ce dernier y a fini ses jours.
En 1901, après avoir séjourné plusieurs années à Tahiti, l’artiste s’installe au milieu d’une abondante végétation tropicale dans une case sur pilotis à Atuona, sur l’île de Hiva Oa, où il réalise en deux ans ses dernières œuvres : une trentaine de peintures et de nombreuses sculptures sur bois inspirées de l’art local.
Paul Gauguin, Une promenade au bord de la mer, 1902
Huile sur toile • 92 × 73 cm • Coll. particulière • © Bridgeman Images
Mer bleue, falaises abruptes, plages de sable noir, végétation luxuriante, lumière vibrante, montagnes escarpées… Les paysages spectaculaires de ces îles éloignées de la civilisation occidentale représentent pour Gauguin un monde idéal, primitif et spirituel, propice à l’introspection créative – ainsi qu’à la volupté, qu’il vient chercher auprès de très jeunes Polynésiennes, provoquant la colère des locaux. Émerveillé par le décor naturel marquisien, tout comme par ses habitants et leur culture qu’il défend dans ses écrits, l’artiste ne les représente pas de façon purement réaliste, mais à travers des compositions symboliques aux couleurs intenses, empreintes de mysticisme.
Inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 2024, cet archipel de 997 km², dont certains sommets culminent à plus de 1 000 mètres d’altitude, constitue l’un des plus étendus de la Polynésie française. C’est l’Espagnol Álvaro de Mendaña, premier Européen à avoir accosté ces îles en 1595, qui leur a donné leur nom, en hommage à l’épouse de son protecteur, le marquis de Cañete, vice-roi du Pérou.
Convoitées par plusieurs nations, elles sont colonisées par la France en 1842, puis intègrent le territoire d’outre-mer de la Polynésie française suite à un référendum en 1958. Les tikis (sculptures traditionnelles de divinités en pierre, bois ou os) et les paepaes (maisons en bois aux toits de feuilles installées sur des socles en pierre volcanique) y sont l’expression de la culture polynésienne qui y a pris racine il y a plus de 2 000 ans.
Même si elles sont aujourd’hui plus rapides à atteindre qu’au temps de Gauguin, visiter les îles Marquises se mérite. Pour s’y rendre, il faudra emprunter un vol non direct vers Papeete (île de Tahiti), capitale de la Polynésie française – un long voyage d’environ 24 heures sans compter les escales –, puis l’avion ou le bateau pour sauter d’île en île.
Paul Gauguin, L’Invocation, 1903
Huile sur toile • 65,5 × 76,6 cm • Coll. National Gallery of Art, Washington • © NGA
À Atuona, plusieurs lieux permettent (sans peintures originales) de marcher sur les pas du chef de file de l’École de Pont-Aven : sa case, baptisée « la Maison du Jouir », le centre culturel Paul-Gauguin et sa tombe donnant sur la baie et ses eaux turquoise. Un lieu qui ravira autant les amateurs d’art que les mordus de nature sauvage.
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