Port et corniche du Lavandou
© TAO Images / © Hemis
Une plage sauvage, des collines verdoyantes de pins parasols, de la lumière et la mer à perte de vue… Impossible de ne pas tomber sous le charme méditerranéen du Lavandou. Dans les années 1890, Henri-Edmond Cross, Paul Signac et Théo Van Rysselberghe, figures majeures du néo-impressionnisme, trouvent sur les rivages de la côte varoise une source d’inspiration inépuisable.
Le Lavandou, et plus particulièrement la plage de Saint-Clair, aimante les peintres en quête de lumière pure et de paysages encore préservés. La côte devient alors un véritable laboratoire créatif, où la nature, la mer et la couleur s’entremêlent pour faire émerger une nouvelle peinture, vibrante et audacieuse, marquant durablement l’histoire de l’art.
Venu du Nord, Henri-Edmond Cross s’installe dès 1891 au Lavandou et en devient le chantre de la lumière et des couleurs. Émerveillé par la « lumière répandue à profusion sur toutes choses », il trouve dans les collines, les plages et la végétation luxuriante de Saint-Clair une formidable matière traduite en touches vibrantes. Son ami Théo Van Rysselberghe, lui aussi séduit par la région à la fin des années 1890, y construit sa villa-atelier, qui deviendra un haut lieu de la vie artistique locale.
Theo Van Rysselberghe, La Méditerranée au Lavandou, 1904
Huile sur Toile • 81.5 × 65.5 cm • © Artvee
Lors de ses séjours chez son ami Théo Van Rysselberghe, Paul Signac immortalise la plage, la pinède et la Villa Raynaud, en passant par l’aquarelle pour capter la spontanéité et les variations de la lumière méditerranéenne. Sous l’influence des théories de Seurat et Pissarro, le résident de Saint-Tropez défend le divisionnisme, cherchant à traduire les moindres fluctuations chromatiques du paysage.
Entre 1892 et 1926, le Lavandou accueille une véritable colonie d’artistes et d’intellectuels. Outre Cross, Signac et Van Rysselberghe, on y croise Maurice Denis, Maximilien Luce, mais aussi des écrivains comme André Gide et Émile Verhaeren. Le quartier de Saint-Clair, avec sa plage, ses pins et ses maisons blanches, devient le décor privilégié de nombreuses œuvres néo-impressionnistes, où la lumière, la couleur et l’émotion sont au cœur de la création.
Maximilien Luce, La Fossette Saint-Clair, près du Lavandou, Vers 1903 – 1905
Huile sur toile • 65,4 × 92 cm • © Artvee
Le Lavandou, avec ses plages baignées de lumière, ses collines parfumées et son patrimoine artistique, a conservé l’atmosphère paisible et vibrante des œuvres de Cross, Signac et Van Rysselberghe. Le quartier de Saint-Clair, en particulier, donne à voir aux promeneurs une lumière changeante, à l’abri dans une anse.
Pour rendre hommage à cette effervescence artistique, la ville du Lavandou a créé le « Chemin des peintres », un parcours de 2,5 km ponctué de reproductions des toiles réalisées sur place, invitant les visiteurs à marcher dans les pas de ces artistes.
Le "Chemin des peintres"
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