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Week-end arty

Limoges, d’art et de feu

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Publié le , mis à jour le
Oubliée des circuits touristiques, la capitale de la porcelaine se révèle pourtant hautement créative.

Jour 1. 10h. Sur les traces de l’or blanc

Sur fond de vertes collines, Limoges la Rouge doit son surnom aux flammes des fours à porcelaine qui illuminaient la cité au XIXe siècle, mais aussi à son ancrage historique à gauche – c’est là qu’est née la CGT, en 1895. Pour découvrir ce riche passé industriel, démarrez la journée par le musée abritant le four des Casseaux, accolé à la manufacture de porcelaine Royal Limoges. Sauvé de la ruine par l’association Espace Porcelaine, ce four rond à flammes renversées de 20 mètres de hauteur (1900–1905), classé « monument historique » en 1987, offre une plongée émouvante dans l’histoire porcelainière de la ville. Cet été, le site accueille l’exposition phare des 25 ans du Centre de recherche sur les arts du feu et de la terre (Craft), avec des oeuvres inédites de Stephen Schofield et Daniel Nadaud, jusqu’au 31 octobre.

Le musée des Casseaux entretient la flamme pour la porcelaine
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Le musée des Casseaux entretient la flamme pour la porcelaine

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© Musée du four des Casseaux, Limoges

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Musée des Casseaux

11h30. Émaux et vieilles pierres

En remontant vers la vieille ville et le quartier de la Cité, des ruelles bordées de maisons à pan de bois débouchent sur la place Saint-Étienne et sa cathédrale gothique encore dotée d’un magnifique jubé Renaissance. À deux pas, le musée des Beaux-Arts, entouré d’un jardin en terrasses surplombant la Vienne, est installé depuis 1912 dans l’ancien palais épiscopal du XVIIIe siècle. Levez les yeux, le hall est orné d’une fresque de Stéphane Calais. Ne manquez surtout pas les collections d’émaux, l’une des plus riches au monde – près de 600 pièces du Moyen Âge à nos jours. Poursuivez par les salles « beaux-arts » ponctuées d’oeuvres d’Auguste Renoir ou Suzanne Valadon, tous deux enfants du pays.

Cathédrale Saint-Étienne de Limoges
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Cathédrale Saint-Étienne de Limoges, XIIIe–XIXe siècle

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© JL Kokel Tourisme Nouvelle-Aquitaine

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Cathédrale Saint-Étienne

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Musée des Beaux-Arts de Limoges

14h30. Sur les pas de Raymond Loewy et Sophie Calle

Loin d’être grise, laborieuse et figée dans son passé, Limoges cultive un bel esprit créatif. Un exemple ? Bernardaud, champion mondial de la porcelaine. Fidèle à une longue tradition, cette entreprise familiale fondée en 1863 multiplie les collaborations avec des artistes et des designers de renom, de Raymond Loewy à Sophie Calle en passant par JR. Une partie de ses anciens ateliers a été réhabilitée en musée, proposant une découverte de toutes les étapes de la fabrication de la porcelaine – en mettant la main à la pâte –, mais aussi une exposition de créations contemporaines, consacrée cette année à la technologie numérique (« Sans les mains ! », du 15 juin 2018 au 30 mars 2019).

Manufacture Bernardaud
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Manufacture Bernardaud

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© Manufacture Bernardaud

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Manufacture Bernardaud

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Sans les mains !

Du 15 juin 2018 au 30 mars 2019

16h. Virée contemporaine

Entre création et innovation industrielle, le Craft a pour mission de « donner à la céramique une place singulière dans l’art contemporain ». Accessible sur rendez-vous, cette structure unique en France fête ses 25 ans. Filez ensuite au Frac-Artothèque du Limousin, installé dans un bâtiment industriel du XIXe siècle (« L’arbre de Darwin – La céramique comme expérience », du 28 juin au 29 septembre). Puis descendez en direction de la gare des Bénédictins, emblème de la ville, célèbre pour son dôme et ses vitraux Art nouveau, et faites une halte à Lavitrine, espace d’art contemporain fondé par des anciens de l’École des beaux-arts (« Eve Ariza – Murmuri », jusqu’au 21 juillet). Il est temps de reprendre des forces dans l’un des nombreux restaurants de la ville. Notre préféré, Le Cheverny, situé dans une ancienne fabrique de chaussures.

Vue de l’exposition « L’esprit de notre temps », tout juste achevée, au Frac-Artothèque
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Vue de l’exposition « L’esprit de notre temps », tout juste achevée, au Frac-Artothèque

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Photo Frédérique Avril

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CRAFT

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Gare des Bénédictins

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LAC & S – Lavitrine

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Le Cheverny

Jour 2. 10h30. Parcours historique entre les mosaïques

Entamez la journée en douceur avec une balade dans la ville haute, noyau historique de la cité médiévale. Dans ce dédale de vieilles pierres où il fait bon flâner, l’empreinte des arts du feu est partout. Ainsi, dans la cour du Temple bordée de riches demeures Renaissance en granit et colombages, le pavage est en tessons de gazettes (boîtes de terre utilisées dans la cuisson de la porcelaine). Non loin, le pavillon du Verdurier, ancienne halle frigorifique conçue en 1919 par Roger Gonthier, l’architecte de la gare, présente un beau décor de carreaux de grès flammés aux teintes vertes et bleues et des mosaïques dans le style Art déco. Place de la Motte, les halles centrales à charpente métallique inaugurées en 1889 (actuellement en travaux) révèlent une frise de 328 panneaux de porcelaine grand feu. Un bel exemple de porcelaine architecturale.

Roger Gonthier, Pavillon du Verdurier
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Roger Gonthier, Pavillon du Verdurier, 1919

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© Ville de Limoges

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Cour du Temple

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Pavillon du Verdurier

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Halles centrales

14h. Éloge de la porcelaine

Visiter le musée national Adrien Dubouché, c’est découvrir ce qui a façonné la ville depuis la découverte du kaolin en 1768 à Saint-Yrieix-la-Perche, au sud de Limoges. Ornée de médaillons et d’une frise en porcelaine grand feu, sa façade historique (1896) est un beau manifeste des arts décoratifs. Magnifiquement rénové en 2012, le musée conserve près de 16 000 pièces représentatives des arts du feu et la plus riche collection de porcelaine de Limoges au monde. À partir du 29 juin, un nouvel accrochage des salles contemporaines est proposé avec les oeuvres d’artistes tels que Johan Creten, Wim Delvoye ou encore Elsa Sahal. En sortant, ne manquez pas la nouvelle cité judiciaire (agence Nicolas Michelin & Associés) et son immense auvent, paré de 12 800 petits carreaux blancs de porcelaine mis au point par le porcelainier Bernardaud. Esthétiquement fort et surprenant. Une belle découverte. À l’image de la ville.

Henri Mayeux, Musée national Adrien Dubouché
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Henri Mayeux, Musée national Adrien Dubouché, 1900

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© Musée national Adrien Dubouché / Cité de la céramique – Sèvres & Limoges

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Musée national Adrien Dubouché

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Cité judiciaire

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Y aller

En voiture : Paris-Limoges 3 h 45, Bordeaux-Limoges 2 h 40

En train : Paris-Limoges 3 h 10

En avion : vols réguliers au départ de Paris-Orly et Lyon

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Site de la ville

www.limoges-tourisme.com

Bon plan : le Limoges City Pass offre un accès gratuit à 20 sites de la ville ainsi que – 30 % sur deux nuits d’hôtels, et des réductions auprès de 75 partenaires.

À noter : la biennale Toques et porcelaine mixe chefs étoilés, parcours gourmands, design et ateliers de porcelaine. Prochaine édition : septembre 2019. www.toquesetporcelaine.limoges.fr

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Où se loger ?

Best Western Plus Hôtel Richelieu 40, avenue Baudin

05 55 34 22 82 • www.bestwestern-richelieu-limoges.com

Ce 4-étoiles est installé dans un ancien hôtel particulier, entre le quartier de la Cité et la ville haute. Le plus : une terrasse ensoleillée et une salle de fitness. À partir de 85 € la nuit.

Art hôtel tendance 37, rue Armand Barbès

05 55 77 31 72 • www.arthoteltendance.fr

Dépaysement garanti pour ce petit hôtel 3-étoiles, à dix minutes à pied de la gare, qui propose 16 chambres à thème (Bali, Canada, Égypte…). Notre préférée : la Grèce.

À partir de 70 € la nuit en semaine (59 € le week-end).

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Où manger ?

La Table du couvent 15, rue Neuve des Carmes

05 55 32 30 66 • www.latableducouvent.com

Au menu, côte de boeuf, bavette ou entrecôte, cuisinées dans la cheminée de l’ancien réfectoire du couvent des Carmes (XIIIe siècle). Sur les murs, un magnifique tondo en céramique de Pierre Alechinsky. Prix moyen : 28 €.

Philippe Redon 14, rue Adrien Dubouché • 05 55 79 37 50

Dans la ville haute, à deux pas des halles centrales, un bistrot gastronomique locavore avec aux manettes le chef (ex-étoilé) Philippe Redon. Cadre chic et cosy. Dans l’assiette : une cuisine savoureuse et créative (truffe en brioche, ravioles au basilic sorbet tomate, millefeuille de Saint-Jacques ou côte de bœuf limousine maturée). Prix : de 18 € à 48 €.

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