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Descendez du train et déjà, l’héritage romain vient à votre rencontre : les architectes ont pris soin d’orienter la gare vers la tour Magne qui trône au loin, de l’autre côté de la ville. Pénétrez dans les petites ruelles sans vous soucier des transports : Nîmes sourit aux piétons. On peut sillonner le centre-ville d’un bout à l’autre en moins de vingt minutes. Prévoyez néanmoins une bouteille d’eau : le zèle du soleil méridional pourrait bien vous surprendre.
Tour Magne
© akg-images / Richard Booth
Rendez-vous au cœur de la cité, pour admirer le joyau de la ville : la Maison Carrée. En fait de maison, l’édifice est un temple gallo-romain : 13 mètres de large pour 26 mètres de long, trente colonnes de neuf mètres de haut, le tout surélevé afin de dominer l’esplanade. C’est tout simplement le temple antique le mieux conservé au monde ! Une inspiration nettement italienne et étrusque a animé sa conception : la Maison Carrée est, dirait-on, une copie miniature du temple d’Apollon à Rome. Mais les colonnes corinthiennes trahissent également l’influence de la civilisation grecque implantée à Marseille, d’où elle irradiait dans toute la région. Bâtie au temps d’Auguste, la Maison Carrée était dédiée au culte impérial. Sur sa façade dominait en lettres de bronze une dédicace aujourd’hui disparue : « À Caius Caesar consul et Lucius Caesar consul, désigné, fils d’Auguste, princes de la jeunesse ». Caius et Lucius étaient les fils du général Agrippa, héritiers désignés de l’empire mais disparus prématurément. En consacrant leur temple à ces regrettés « princes de la jeunesse », les Nîmois affirmaient leur appartenance pleine et entière à la civilisation romaine. Ils en seraient récompensés par une participation croissante au rayonnement impérial.
La Maison Carrée
© MATTES René / hemis.fr
Déjà un petit creux ? À deux pas de la Maison Carrée, prenez la direction des Halles pour une halte placée sous le signe du goût. Une centaine d’artisans et commerçants vous attendent dans une galerie couverte de 3500 m2. Ici on trouve de tout pour se repaître, jusqu’aux étals débordant de miel, vin, café, fleurs, épices… Un véritable « macellum » moderne : le marché couvert des anciens romains.
Les Halles de Nîmes
5, Rue des Halles • 30000 Nîmes
leshallesdenimes.com
Impossible de ne pas le voir ! Face à la Maison Carrée, on trouve le Carré d’Art. Inauguré en 1993, cet édifice est signé Norman Foster. Séparés par une place entièrement réaménagée pour l’occasion, les deux monuments parlementent : un dialogue muet entre modernité et passé s’opère. Là où les anciens glorifiaient la symétrie, les contemporains ont opté pour le contraire. Aux colonnes en nombre pair du temple impérial répondent les colonnes en nombre impair du Carré d’Art. Et tandis que la Maison Carrée est fermée, sans fenêtre, sanctuarisée, le Carré d’Art se veut ouvert, tout érigé de verre. À l’intérieur de l’édifice, vous pouvez découvrir les collections du musée d’art contemporain de la ville. Jusqu’au mois de septembre 2018, l’exposition « Wolfgang Tillmans » ravira également les amateurs de photographie. L’après-midi passe vite…
Carré d’Art et vue de l’exposition “Wolfgang Tillmans”
© David Huguenin Façade / © C Eymenier
Wolfgang Tillmans
Du 4 mai 2018 au 16 septembre 2018
Carré d'Art-Musée d'art contemporain • Place de la Maison Carrée • 30000 Nîmes
www.carreartmusee.com
Carré d'Art - Musée d'art contemporain de Nîmes
Place de la Maison Carrée • 30000 Nîmes
www.carreartmusee.com
Les lieux où se restaurer ne manquent pas à Nîmes. Mais pour continuer votre voyage dans le temps, pourquoi ne pas tenter une escapade au Second Empire ? C’est ce que propose la brasserie Le Napoléon. Le lieu est classé monument historique et pour cause, tout ici évoque le XIXe siècle de Napoléon III : des tapis colorés aux moulures du plafond, en passant par les ornements en feuille d’or, la vaisselle en argent et le mobilier pourpre. Mais ne vous fiez pas à ses airs de salon parisien : le Napoléon est ouvert à tous. Comptez toutefois un peu plus de 30 euros pour une entrée et un plat, cuisine de qualité oblige. Le matin et l’après-midi, les étudiants viennent ici boire un café en terrasse et les portes ne ferment qu’à deux heures du matin dans une ambiance animée.
Le Café Napoléon
Le Napoléon
46, Boulevard Victor Hugo • 30900 Nîmes
le-napoleon-restaurant-nimes.com
À Nîmes, le monument le plus spectaculaire est sans aucun doute l’amphithéâtre romain. Bien plus qu’un vestige historique remontant à la fin du Ier siècle, les Arènes sont aujourd’hui encore un lieu de vie. Les Nîmois s’y retrouvent pour assister à des concerts, des représentations, des reconstitutions de jeux romains, des corridas… Exceptionnellement bien conservé, l’amphithéâtre n’en constitue pas moins un formidable témoignage du passé : 133 mètres de long pour 101 de large, une façade circulaire de 21 mètres de haut, deux rangées superposées de 60 arcades. Songez que 24 000 spectateurs pouvaient s’y amasser à l’époque romaine pour se délecter de combats de gladiateurs. Voilà deux millénaires que les Nîmois ont le spectacle dans la peau.
Arènes de Nîmes
© VILLE DE NIMES
Il sent encore la peinture fraîche ! Le nouveau musée de la Romanité vient tout juste d’ouvrir ses portes, ce samedi 2 juin. L’occasion pour les visiteurs de plonger dans plus de vingt siècles d’histoire en admirant des vestiges allant du VIIe siècle av. J.-C. au Moyen Âge.
L’édifice, conçu par l’architecte Élizabeth de Portzamparc, a été pensé en contraste avec les Arènes devant lesquelles il se dresse. À la circularité de l’amphithéâtre érigé en pierres fermement enracinées, il oppose sa forme rectangulaire et son allure aérienne. Sa façade de verre ondulée (composée de 7000 lames de verre sérigraphiées) évoque le drapé d’une toge romaine. Le lieu est ouvert sur la ville, en prise avec la vie quotidienne des Nîmois : en son centre, une vaste trouée est emménagée et sert de lieu de passage aux piétons. À l’arrière du musée, un jardin fait office de « musée végétal » : il se décompose en trois couches superposées représentant les époques gauloise, romaine, et médiévale. À chaque étage sont plantés arbustes, arbres et plantes d’époque. Au milieu de l’espace vert se dresse un vestige de l’ancienne enceinte romaine de la ville.
Entrez ! Nîmes peut se targuer de posséder pas moins de 25 000 pièces archéologiques, dont 5000 sont désormais exposées dans ce musée flambant neuf. La reconstitution à taille réelle d’une maison gauloise, exhumée sur l’oppidum de Gailhan (Gard) entre 1978 et 1981, compte parmi les séquences fortes du parcours. Cet habitat, lieu de vie et d’intimité, offre une vision inédite du quotidien des Gaulois. Quelques salles plus loin, après avoir franchi les siècles jusqu’à l’époque césarienne, découvrez plusieurs exemplaires de monnaies romaines dont le fameux « As de Nîmes » ! Cette pièce emblématique de la ville, frappée au Ier siècle av. J.-C., doit son nom au crocodile enchaîné qui orne l’une des faces. L’animal symbolise la soumission de l’Égypte par Auguste lors de la bataille d’Actium, acte fondateur de l’Empire. Vous serez également séduit par une vaste mosaïque exhumée en 1950 et mise en valeur dans un espace entièrement dédié à sa contemplation. Elle représente le héros grec Bellérophon, juché sur sa monture Pégase, abattant d’un trait de lance la Chimère.
Vous en voulez encore ? Descendez donc à l’étage inférieur, espace dédié aux expositions temporaires. Vous pouvez admirer, jusqu’au 24 septembre 2018, l’exposition itinérante « Gladiateurs, héros du Colisée », qui présente des œuvres en provenance des meilleurs musées d’Italie. Un programme qui promet sable, sueur et sang ! À la fin de votre voyage dans le temps, n’hésitez pas à grimper au dernier étage du musée. Du toit végétalisé, on contemple un des plus beaux panoramas.
Musée de la Romanité et Mosaïque de Bellérophon, panneau central
© Stephane Ramillon ville de Nîmes / Adagp, Paris, 2018
Tout ça vous a donné envie de marcher encore un peu ? Filez vers le nord de la ville. Vous atteindrez bientôt son cœur le plus intime : le jardin de la Fontaine. Une source d’eau y jaillit : c’est ici que les Volques Arécomiques, les Celtes à l’origine de la fondation de la cité, vénéraient Nemausus. Cette divinité a donné son nom à Nîmes. À l’époque d’Auguste, cet espace sacré a été reconverti en lieu de culte impérial, mais n’a pas pour autant perdu son obédience d’origine. Ici, dieux romains et celtes cohabitent en paix. En 1745, un espace de verdure a été emménagé autour de la source et de ses bassins : c’est l’un des plus anciens jardins publics de France.
Déambulez au cours d’une rafraîchissante promenade jusqu’au bout du parc, où trône un remarquable monument : la tour Magne, qui nous toisait depuis la gare. Vingt-deux siècles vous contemplent ! Érigée à la fin du IIIe siècle av. J.-C. par les Celtes, cette tour défensive a été prise par les Romains. Ils en feront une puissante bâtisse octogonale qu’ils intégreront à l’enceinte fortifiée offerte aux Nîmois, en récompense de leur fidélité, par Auguste. De ces formidables fortifications, il ne reste que la tour Magne. Elle veille à jamais les Nîmois. Ave !
Les jardins de la Fontaine
© René Mattes / hemis.fr
Y aller depuis Paris
En train, départ de la gare de Lyon. Compter 3h de trajet
La gare de Nîmes se trouve à 10 minutes à pied du centre-ville
Où se loger ?
Hôtel des tuileries
22, rue Roussy, 30000 Nîmes
En plein centre-ville à 5 minutes à pied des Arènes
À partir de 78 € la nuit
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