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CINÉMA

Que vaut “Showing up”, portrait d’une sculptrice solitaire incarnée par Michelle Williams ?

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Michelle Williams, en prise autant avec les affres de la création qu’avec un chauffe-eau défectueux.
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Michelle Williams, en prise autant avec les affres de la création qu’avec un chauffe-eau défectueux.

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© Photo Allyson Riggs / Courtesy A24.

La vie et l’art. Là, tout près, à portée des yeux, sur le mode intimiste. C’est toute la beauté de Showing Up, une perle de plus de notre mascotte favorite du cinéma indépendant américain, Kelly Reichardt (Old Joy, First Cow). La réalisatrice brosse ici le portrait teinté d’ironie tendre de Lizzy (Michelle Williams), artiste solitaire et taciturne qui habite une maisonnette dans un quartier néo-bohème de Portland (Oregon) et crée d’étranges figurines en céramique. À l’approche d’une exposition de ses œuvres, elle stresse d’autant plus que divers tracas domestiques et familiaux l’empêchent de se consacrer sereinement à son activité. La nuit, elle sculpte ses dernières pièces d’argile dans son garage transformé en atelier, le jour elle travaille dans un centre de résidence pour artistes. Look à la Lee Bontecou (coupe carrée, frange blonde), elle est irritable et touchante, lunaire et anxieuse. Ni maudite ni auréolée de succès, mais en passe d’être un minimum reconnue.

La sensation d’une humanité fragile

On n’avait encore jamais vu l’art contemporain approché avec autant de minutie à travers l’un de ses microcosmes. Rien de spectaculaire ici, mais la vision juste de la vie et de la création entremêlées, où la réalisatrice s’est servi d’œuvres d’artistes existantes (Cynthia Lahti, Michelle Segre, Jessica Jackson Hutchins). Traversé par un courant de faible intensité, ponctué d’une certaine noirceur, Showing Up procure la sensation diffuse d’une humanité fragile. Où l’art est montré comme vital et dérisoire à la fois. Le sort d’un pigeon blessé que Lizzy soigne, à contrecœur au début, a valeur de symbole. Alberto Giacometti eut ces mots : « Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat. » On parie que c’est aussi ce que dirait Kelly Reichardt.

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Showing Up

de Kelly Reichardt, 1 h 48

En salles le 3 mai

Avec Michelle Williams, Hong Chau, Maryann Plunkett

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