Pas question de s’ennuyer cet hiver : de nombreux films, séries et docus sur l’art sont actuellement disponibles en streaming ! Cueillis sur les plateformes Netflix et Prime Video, ou en replay sur Arte ou France TV, Beaux Arts vous a concocté une jolie hotte de programmes à savourer bien au chaud sous un plaid.
Un film retraçant l’histoire d’un incroyable faussaire incarné par Guy Pearce (Le Dernier Vermeer), le fameux biopic de Van Gogh signé Julian Schnabel (At Eternity’s Gate), une série policière mettant en scène des meurtres inspirés d’œuvres célèbres (Polar Park), un voyage aux quatre coins du monde en compagnie de JR (Paper & Glue)… Voici une sélection qui vous ne laissera pas de glace !
Guy Pearce dans le rôle du faussaire Han van Meegeren pour le film « Le Dernier Vermeer », 2019
© Sony Pictures
Récemment ajouté sur Netflix, ce film américain narre l’incroyable histoire vraie de l’un des faussaires les plus talentueux de l’histoire : Han van Meegeren (1889–1947), qui avait réussi à arnaquer Hermann Göring et d’autres nazis influents en leur extorquant des millions avec ses faux Vermeer. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, personne ne sait encore qu’il s’agit de contrefaçons. Emprisonné pour avoir vendu à l’ennemi des trésors de la peinture néerlandaise, l’artiste est poussé à avouer la vérité afin d’éviter la peine de mort… Passant ainsi de traître à héros national ! Porté par l’acteur Guy Pearce, très bon dans le rôle du filou difficile à cerner, ce film nous plonge dans l’histoire de son procès rocambolesque, truffé de rebondissements savoureux. Un portrait au vitriol des failles du marché de l’art, qui se conclut par un excellent twist final.
Scène de crime du premier épisode de « Polar Park »
© Arte
Véritable pépite d’humour décalé, cette série en six épisodes a cartonné sur Arte lors de sa diffusion début novembre ! Semé de détails surréalistes, ce polar aux airs de comédie noire nous plonge dans une série de meurtres inspirés d’œuvres d’art célèbres (l’Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, la Marilyn Monroe d’Andy Warhol, le David de Michel-Ange…) et perpétrés dans le décor enneigé d’une petite ville française où vit une étrange communauté de moines. Campé par Jean-Paul Rouve, un auteur de romans policiers en panne d’inspiration tente d’élucider l’affaire au milieu d’une galerie de personnages improbables, dont un bibliothécaire aux centres d’intérêt morbides et une prof de français groupie incarnée par l’excellente India Hair : une belle réussite !
Polar Park
Série française de Gérald Hustache-Mathieu
2023, six épisodes de 52 minutes. Disponible gratuitement en replay sur Arte jusqu’en avril 2024.
Scène de vol dans le documentaire « Vjeran Tomic, l’homme araignée de Paris », 2023
© Netflix / Gael Turpo 2023
Parmi les plus vus sur Netflix, ce documentaire déroule un récit haletant : celui du plus grand vol de tableaux de l’histoire de France, raconté en détail par le voleur lui-même. Ce dernier, un « homme-araignée » et cambrioleur virtuose du nom de Vjeran Tomic, escalade les toits de Paris avec l’agilité de John Robie dans La Main au collet (1955) d’Alfred Hitchcock ! Le 20 mai 2010, après de longs préparatifs (dont le malfaiteur livre savoureusement tous les détails techniques), ce Français d’origine bosniaque parvient à pénétrer dans le musée d’Art moderne de la Ville de Paris. En dix-sept minutes, il décroche et emporte cinq chefs-d’œuvre de Fernand Léger, Henri Matisse, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso et Georges Braque. Un butin d’une valeur de 100 millions d’euros qui n’a jamais été retrouvé…
Vjeran Tomic, l’homme-araignée de Paris
Documentaire de Jamie Roberts
2023, 1h26. Disponible sur Netflix.
Sally Hawkins interprétant l’artiste canadienne Maud Lewis, dans le film « Maudie », 2016
© Duncan Deyoung
Ce biopic émouvant nous plonge dans l’histoire vraie de l’artiste Maud Lewis, qui travaillait comme femme de ménage dans les années 1930 avant de devenir une célébrité en Nouvelle-Écosse grâce à ses peintures naïves emplies de joie. Porté par le talent éblouissant de Sally Hawkins et Ethan Hawke, et récompensé par vingt-cinq prix à travers le monde, ce film de la réalisatrice irlandaise Aisling Walsh restitue aussi bien la beauté des paysages canadiens que le dénuement, la maladie et les difficultés conjugales de l’artiste, en couple avec un vendeur de poissons bourru. Un récit touchant d’émancipation féminine, qui montre comment les couleurs chatoyantes de l’art peuvent être un fabuleux remède à la grisaille de la vie !
Film d’animation « Your Name », realisé par Makoto Shinkai, 2016
© 2016 – Toho Co., Ltd. / CoMix Wave Films Inc. / Kadokawa Corporation / East Japan Marketing & Communications Inc. / Amuse Inc. / Voque Ting Co., Ltd. / Lawson HMV Entertainment, Inc.
Par la grâce d’un curieux phénomène paranormal, deux adolescents, une jeune fille vivant à la campagne et un lycéen de Tokyo, se réveillent régulièrement dans la vie et la peau de l’autre. Ces deux personnages, qui n’auraient jamais dû se croiser, se découvrent progressivement et vont tenter de se rencontrer… Signé Makoto Shinkai, qui a travaillé pour les studios Ghibli, ce film d’animation onirique brille par ses images et ses décors somptueux, véritables tableaux vivants pleins de douceur et de poésie, et sa bande originale, composée par le groupe de rock et de musique électronique japonais Radwimps. Des qualités qui lui ont valu le grand prix de l’animation au Japan Media Arts Festival, et celui du meilleur long métrage d’animation aux Los Angeles Film Critics Association Awards.
Your Name
Film d’animation japonais de Makoto Shinkai
Willem Dafoe interprétant Vincent van Gogh dans le film « At Eternity’s Gate », 2018
© Netflix
Réalisé par le peintre américain Julian Schnabel, ce biopic est l’un des plus intéressants consacrés à Vincent van Gogh. Récompensé pour ce rôle à la Mostra de Venise par la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine, l’acteur italo-américain Willem Dafoe s’y glisse à la perfection dans la peau de l’artiste torturé aux côtés d’autres grands noms du septième art tels Mads Mikkelsen, Niels Arestrup, Rupert Friend, Oscar Isaac et Mathieu Amalric. Filtres bleus et jaunes, vues tournoyantes, champs acides, tournesols calcinés… : le cinéaste signe un film expressionniste, crépusculaire et mystique, pour toucher au plus près aux tourments hallucinés de ce génie de l’art.
At Eternity’s Gate
Film américano-britannico-français de Julian Schnabel
2018, 1h50. Disponible sur Netflix.
Extrait du film « Shirley. Visions of Reality » de Gustav Deutsch, 2014
© KMBO
À travers le regard d’un personnage féminin, ce long-métrage rend hommage à la peinture de l’artiste américain Edward Hopper (1882–1967) en donnant vie à treize de ses tableaux. À défaut d’un scénario passionnant, cette œuvre lente et contemplative est avant tout un exercice de style esthétique du réalisateur autrichien Gustav Deutsch, qui restitue de façon troublante les couleurs, la lumière et les décors de ces célèbres instantanés de l’Amérique des années 1930–1960. Évoquant déjà des plateaux de cinéma de par leur netteté inquiétante (encore plus à l’écran que sur toile !) et leurs contrastes dramatiques d’ombre et de lumière, les compositions épurées de Hopper sont dominées par la solitude et l’incommunicabilité : un malaise palpable, masqué par un calme apparent…
Shirley. Visions of Reality
Film autrichien de Gustav Deutsch
2014, 1h29. Disponible sur Amazon Prime Vidéo.
À gauche, Adèle Haenel dans le rôle d’Héloïse. À droite, Noémie Merlant dans le rôle de Marianne pour le film « Portrait de la jeune fille en feu », 2020
© Liliesfilms
C’est la première fois que Céline Sciamma, réalisatrice de Naissance des pieuvres (2007) et Tomboy (2011), se lance dans le film en costumes ! Récompensé en 2019 par le César de la meilleure photographie ainsi que par le prix du scénario et la Queer Palm au festival de Cannes, Portrait de la jeune fille en feu conte l’histoire de Marianne (Noémie Merlant), une artiste peintre du XVIIIe siècle, missionnée pour faire le portrait de la fille d’une comtesse (Adèle Haenel). Promise contre son gré à un noble milanais, cette dernière refuse de poser. Marianne doit donc se faire passer pour une dame de compagnie afin de mémoriser secrètement ses traits. Une relation se noue entre les deux femmes… Une réflexion élégante et raffinée sur les rapports entre amour, peinture et sensualité, portée par une photographie magnifique évoquant des tableaux anciens.
La Cène de Léonard de Vinci, La Liberté guidant le peuple de Delacroix, Les Ménines de Vélasquez, La Grande Vague d’Hokusai… ; autant d’œuvres mythiques qui n’ont cessé d’être copiées, détournées et réappropriées par d’autres artistes, modernes ou contemporains ! Tirée d’un livre éponyme publié aux éditions de La Martinière, la série Artjacking ! offre un voyage passionnant au pays du « vol » artistique. On y croise aussi bien le Saint Sébastien de Guido Reni, revisité par le duo de photographes gay Pierre et Gilles, que la Victoire de Samothrace colorée en bleu par Yves Klein, ou les toiles de Mondrian réinventées en robes par Yves Saint Laurent. Disponibles en replay sur Arte, ces vingt épisodes de quatre minutes se picorent comme des bonbons, pop et savoureux !
Artjacking ! Le grand détournement
Série documentaire française d’Aurélie Pollet et Gustavo Almenara
Écrite par Jean Nayrolles, Juliette Cazanave et Rebecca Manzoni, 20 épisodes de 4 minutes. Disponible en replay sur Arte jusqu’au 21 décembre 2025.
À la fois réalisateur et sujet de ce documentaire, l’artiste JR nous emmène avec lui aux quatre coins du monde pour assister à la mise en place de ses immenses collages de papier déployés en plein air : de spectaculaires images imprimées en noir et blanc qui jouent avec leur environnement et mettent à l’honneur les visages d’anonymes rencontrés sur sa route. Des toits de Paris à une prison de sécurité maximale en Californie, en passant par les favelas de Rio de Janeiro, le film (qui fait suite à Visages villages, coréalisé avec Agnès Varda en 2017) dévoile les coulisses de certains de ses projets les plus emblématiques.
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