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Cinéma

« The Brutalist », déjà le film de l’année ?

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Publié le , mis à jour le
Cette fresque étourdissante sur un architecte juif hongrois rescapé des camps et immigré aux États-Unis arrive sur les écrans auréolée des superlatifs les plus élogieux. Et mérités.
Pas moins de trois récompenses aux Golden Globes pour le film de Brady Corbet.
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Pas moins de trois récompenses aux Golden Globes pour le film de Brady Corbet.

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© Universal Pictures International France.

On se souvient du formidable Rebelle (1949) de King Vidor avec Gary Cooper, sur un architecte visionnaire lointainement inspiré de Frank Llyod Wright. Dans The Brutalist, on pourrait trouver quelques points communs avec Ludwig Mies van der Rohe ou Marcel Breuer. En vérité, László Toth, son héros, est un pur produit de l’imagination de Brady Corbet (et de Mona Fastvold, la coscénariste). Voilà un tour de force qui vient narguer l’indigence pourtant payante des biopics qui ne cessent de pleuvoir.

Une fresque épique et romanesque

Le caractère épique et foncièrement romanesque de cette fresque de trois heures et demi a quelque chose de stupéfiant quand on sait que le surdoué derrière la caméra, qui a commencé comme acteur (dans Funny Games US de Michael Haneke, notamment), n’a que 36 ans. Il narre ici le destin d’un architecte juif hongrois rescapé des camps de concentration qui arrive à Ellis Island, aux États-Unis, en 1947. L’ancien élève du Bauhaus travaille d’abord chez un cousin vendeur de meubles à Philadelphie, partageant la mouise et la défonce avec un copain de seringue, avant d’être engagé par un millionnaire lunatique et mégalo pour bâtir un immense centre culturel en béton et en marbre.

Adrien Brody aussi puissant que dans Le Pianiste

Cette histoire palpitante, qui se déroule sur près de trente ans, remet au goût du jour ce qu’on croyait révolu : le grand récit. Tant sur le chemin de croix d’un créateur moderniste (la conception lumineuse d’une bibliothèque) que sur les tourments du XXe siècle, le film s’avère précis, inspiré et passionnant à travers des motifs à foison (racisme, antisémitisme, violence faite aux femmes, perversité du capitalisme). Adrien Brody se fond dans le rôle avec la même force que dans Le Pianiste de Roman Polanski. À côté du Megalopolis ultra-boursouflé de Coppola, événement cannois auquel on pense forcément (le film oppose un maire conservateur et un architecte progressiste), il n’y a pas photo.

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The Brutalist

De Brady Corbet

En salles le 12 février

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