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À peine arrivé, c’est déjà la récré. Inauguré en 2005, le musée de l’illustration jeunesse (MIJ) occupe un hôtel particulier du XVIIIe siècle, qui fut l’ancien QG des imprimeries Desrosiers, de la Gestapo, puis de la DDASS (la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales). Près de cinq mille œuvres graphiques (Gustave Doré, François Rocca, Rebecca Dautremer…), donations et acquisitions, y sont conservées, dont quelque soixante-dix planches originales présentées au rez-de-chaussée. Le parcours des collections permanentes est en cours d’agrandissement. À l’étage sommeille actuellement une exposition consacrée à Olivier Desvaux, peintre officiel de la Marine qui voit l’illustration comme de « la poésie en couleur ».
Le musée de l’Illustration Jeunesse
Photo J. Mondière
Direction la cathédrale Notre Dame de l’Annonciation, ancienne collégiale gothique du XVe siècle augmentée au XIXe, qui recèle un précieux trésor de la Renaissance flamande : le Triptyque du Maître de Moulins (1502). Au centre, figure au milieu d’une éblouissante mandorle arc-en-ciel la Vierge de l’Apocalypse entourée d’anges, tandis que les panneaux gauche et droit représentent respectivement, avec un réalisme saisissant, Pierre II de Bourbon et son épouse Anne de Beaujeu, les commanditaires. Ce chef-d’œuvre fut découvert par l’écrivain, historien et archéologue Prosper Mérimée en 1838, et est attribué au peintre d’origine flamande Jean Hey depuis 2005. Son beau cadre doré et ouvragé devrait prochainement faire l’objet d’une restauration.
À gauche, vue de la nef et du chœur de la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation. À droite, le “Triptyque du Maître de Moulins” de Jean Hey, 1502
huile sur bois • 157 × 283 cm • Coll. Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation de Moulins • © Hémis / Hervé Lenain. © CDT03 / Luc Olivier
Cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation
Place de la Déportation • 03000 Moulins
paroisse-notredamedubourbonnais.catholique-moulins.fr
Rien de tel pour prendre ses marques qu’une balade dans les rues pavées du centre historique, lui-même jalonné de façades en briques roses et noires losangées. Pour l’anecdote, Coco Chanel fit ici ses débuts de couturière, dès 1902, et y aurait même gagné son surnom en chantant au café-concert de la Rotonde. Étape incontournable : le musée de la Visitation conserve le patrimoine artistique de l’ordre éponyme. Ses réserves contiennent des pépites dont une chasuble confectionnée à partir de l’une des trois robes portées par Marie-Antoinette à son arrivée en France (1770). Exploration rythmée par les cloches du Jacquemart, tour horloge d’une trentaine de mètres toute proche, rénovée à la suite de deux incendies, en 1655 et en 1946. Tout en haut (vérifiez : il n’est pas toujours possible d’y monter) se déploie une vue sur la ville, le donjon dit de la Mal Coiffée et le Centre national du costume de scène (CNCS), perspectives du lendemain.
Le musée de la Visitation
© musée de la Visitation, Moulins
Pendant les fêtes de fin d’année, et de mai à septembre, tous les jours, à la tombée de la nuit, des projections monumentales habillent certaines façades de la ville. Le restaurant La Bulle d’air est aussi un bon point de départ pour une balade à la belle étoile, après y avoir dégusté dans un cadre Art déco une carte gastronomique tournée vers la mer.
L’église du Sacré-Cœur de Moulins lors de l’édition de 2020 de « Moulins entre en scène »
© Moulins-tourisme
C’est la seule institution de son genre en France, l’un des rares sites ouverts le dimanche matin à Moulins. Inauguré en 2006 en présence du couturier Christian Lacroix, le centre national du costume de scène se spécialise dans la conservation et la valorisation de tenues et décors de théâtre, opéra et ballet provenant essentiellement de la BnF, de la Comédie Française et du Palais Garnier. À l’espace d’exposition permanente réservé au danseur Rudolf Noureev répond, tous les quatre mois, à l’étage, une exposition différente dont la scénographie se révèle toujours spectaculaire. La prochaine, sous couveuse, rend hommage au scénographe et metteur en scène grec Yánnis Kókkos. Sublime !
Scénographie de l’exposition “Scènes de Yánnis Kókkos” au Centre National des Costumes de Scène, 2021
Photo Jean Marc Teissonnier
Centre national du costume de scène et de la scénographie
Route de Montilly • 03000 Moulins
www.cncs.fr
Rendez-vous au Grand Café, pour vous régaler… les yeux. Créée en 1899, cette table inscrite à l’inventaire des Monuments historiques a gardé sa décoration d’origine placée sous le signe de l’Art nouveau. Guirlandes de feuillages, balustrade en fer forgé, murs tapissés de miroirs, lustre en bronze… attirent immédiatement le regard. Le plafond se divise entre une grande verrière des années 1930 et une fresque allégorique d’Auguste Sauroy, décorateur attitré de la Maison Mantin, prochaine étape du jour…
Le Grand Café
© Hémis / Christian Guy
Pour y aller, longez le château des ducs de Bourbons – victime d’un incendie en 1755 – et son fameux donjon, plus connu sous le nom de la Mal Coiffée. Sur les ruines de ce palais ducal, actuellement en travaux, un riche bourgeois moulinois fit construire, entre 1893 et 1897, une maison d’une grande modernité (électricité, téléphone, baignoire en fonte…). Son nom ? Louis Mantin (1851–1905). Ancien avocat, il décide scrupuleusement de léguer sa demeure à la ville, à condition que celle-ci soit ouverte au public pour une durée minimum de cent ans. Son testament prévoit la conversion des cuisines en un bureau destiné aux conservateurs du futur musée. Mantin avait pensé à tout ! Des photos de cet intérieur au style éclectique, typique du XIXe, sont exposées sur le cours Jean-Jaurès, en attendant la réouverture officielle des musées.
La Maison Mantin
© Jérome Mondière
Dernière volonté : Louis Mantin exige que sa maison soit adjointe au pavillon Renaissance bâti vers 1500 pour les époux Anne de France et Pierre II de Beaujeu. C’est là que se trouve à présent le musée Anne-de-Beaujeu, dont les collections comportent quelque 20 000 objets. Au rez-de-chaussée cohabitent des pièces d’archéologie régionale, des sculptures liées à l’histoire des Bourbons, des peintures germaniques et flamandes des XVe et XVIe siècles, et un fond de faïence moulinoise. Les collections du XIXe, dont la fameuse Vérité sortant du puits de Jean-Léon Gérôme (1896), reposent à l’étage avec l’exposition Témoins d’argile, qui n’aura ouvert ses portes qu’une semaine en octobre.
Le musée Anne-de-Beaujeu
© CDT03
Y aller ?
En train : depuis la gare de Bercy, environ 2h20
En voiture : depuis Paris, environ 300 km et 3h de route via A77
Où se loger ?
Clos de Bourgogne
Les gourmands ne seront pas déçus. Forte de onze chambres décorées avec goût, cette coquette demeure du XVIIIe possède un restaurant réputé, et une pittoresque terrasse à découvrir l’été.
83 Rue de Bourgogne • 03000 Moulins
www.clos-de-bourgogne.com
Où manger ?
La Petite Auberge
Envie de plats traditionnels raffinés, dans un décor authentique ? Arrêtez-vous dans cet ancien relais de poste, de briques et de poutres vêtu.
Entre 15 et 30 €
7 Rue des Bouchers • 03000 Moulins
www.restaurant-la-petite-auberge.net
T. O. C.
Comme son nom le suggère, ce restaurant propose une cuisine "Toujours Originale [et] Créative", préparée avec des produits locaux et bio.
Entre 15-20 €
14 Rue François Péron • 03000 Moulins
www.restaurant-toc.fr
Pauses gourmandes
Brasserie du Centre National du Costume de Scène
Dans cet écrin conçu par Christian Lacroix défilent d’appétissantes douceurs. L'endroit idéal pour goûter.
Quartier Villars, Route de Montilly • 03000 Moulins
www.cncs.fr
Les Palets d’or
Cette confiserie mythique, fondée en 1898 par Bernard Sérardy, porte le nom de sa spécialité, des chocolats ronds garnis d'une crème parfumée au café.
11 Rue de Paris • 03008 Moulins
lespaletsdor.com
Office du tourisme
Visite guidée sur les pas de Coco Chanel
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