En 1941, Pablo Picasso (ici joué par l’excellent Jean-Pierre Bouvier) a soixante ans ; il est une star de la peinture mondialement reconnue. L’envahisseur allemand veut l’inclure dans une exposition sur l’art dit « dégénéré ». Une attachée culturelle (Sylvia Roux) se rend dans son atelier pour lui faire authentifier une œuvre, afin que celle-ci y soit montrée puis brûlée… Sur la scène du Studio Hébertot, les deux se font face. Elle, en amoureuse de l’art, ne sait guère cacher son admiration pour le maître, mais sa tâche l’oblige. Lui, tantôt vulnérable, tantôt furieux, lui oppose une colère de feu. Leur discussion est un combat, une étreinte. Ce spectacle court (1h15) brille par le jeu fiévreux et parfaitement maîtrisé des deux comédiens : Jean-Pierre Bouvier ressemble comme deux gouttes d’eau au peintre, et fait de lui un portrait violent, entre artiste génial et bourreau. On sort de la salle ému aux larmes par la justesse de l’écriture signée Jeffrey Hatcher, et par l’implication totale du duo. Un coup de cœur !
