Stéphane Couturier, Tourette n°3, Chandigarh, 2009-2010
Tirage couleur • © Stéphane Couturier
Au sortir de la Première Guerre mondiale, Fernand Léger (1881–1955), célèbre pionnier de l’avant-garde du XXe siècle, croit en la toute-puissance de la modernité. Son œuvre emplie de machines, de rouages, de poutres d’acier et d’ouvriers témoigne d’une véritable fascination pour cette ère industrielle naissante. Le travail du photographe Stéphane Couturier (né en 1957), qui s’intéresse lui aussi à l’industrie, évoque à l’inverse une époque où la place de l’usine a été remise en question.
Initiée par le musée national Fernand Léger de Biot, cette rencontre à la fois évidente et improbable confronte ainsi, à un siècle d’écart, deux regards sur une histoire commune. Un face à face qui met non seulement en lumière le sujet qui les réunit mais aussi leurs similitudes plastiques : tous deux démantèlent une réalité, lui retire toute perspective pour ne conserver qu’une structure et une palette colorée. Le message devient immédiat. Cette construction à la fois solide et décomposée renforce chez Léger la célébration du monde machinique quand, au contraire, la superposition des clichés de Stéphane Couturier opère un effacement des contours, brouille le regard et met en évidence la disparition annoncée de l’industrie. Une déconstruction visuelle autant que réelle.
Stéphane Couturier
Du 6 octobre 2018 au 4 mars 2019
Musée national Fernand Léger • 255 Chemin du Val de Pôme • 06410 Biot
musees-nationaux-alpesmaritimes.fr
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