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Dent de Bouddha, crâne de saint Valentin… Les reliques religieuses les plus spectaculaires et bizarres

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Un bras, une dent et même un poil… Drôles de trésors ! Sans mauvais jeu de mots, la diversité des reliques religieuses conservées dans le monde a de quoi faire perdre la tête. Chrétiennes, musulmanes ou bouddhistes, en voici quelques exemples des plus étranges que renferment de précieux reliquaires.

Considéré comme sacré depuis l’Antiquité, le principe de la relique existe dans toutes les religions. Ce terme désigne un objet que l’on choisit de vénérer parce qu’il serait lié à une figure ou un événement religieux important. Ce peut être un fragment d’os, une pièce de vêtement, un livre, un artefact symbolique comme une croix, ou plus concrètement une partie du corps plus ou moins bien conservée d’un saint…

Les reliques sont vues comme des points de contact avec le divin, et leur vénération est souvent associée à des rituels spécifiques, des pèlerinages, ou encore des processions. De nombreux miracles leur sont aussi attribués. Pour conserver ces trésors de dévotion, et surtout les mettre en valeur, les artisans rivalisent de maestria en fabriquant de précieux reliquaires depuis le Moyen Âge. Dont voici quelques exemples fous !

1. Des saints couverts de bijoux en Allemagne

Dr Paul Koudounaris, St. Albertus (Saint Albert le Grand)
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Dr Paul Koudounaris, St. Albertus (Saint Albert le Grand), 2013

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tirage photo • 58 × 38 cm • Courtesy La Luz de Jesus Gallery, Los Angeles

Perles, brocarts, dentelles … La mort leur va si bien ! Historien de l’art et photographe, Paul Koudounaris a arpenté une soixantaine de pays en quête des plus spectaculaires ossuaires, squelettes et nombreux autres artefacts macabres. Des images choc qu’il rassemble dans de beaux livres de photo depuis le début des années 2000. En 2008, lors d’un séjour en Allemagne, il tombe sur un incroyable sanctuaire de squelettes sertis de pierres précieuses et habillés de tissus raffinés : découverts en Italie au XVIe siècle, ces restes humains furent envoyés dans les églises et monastères de l’Europe germanophone pour y être présentés dans des expositions à la fois macabres et grandioses, en lieu et place des saintes reliques détruites au cours des conflits nés de la Réforme.

2. Le miraculeux sang de San Gennaro à Naples

Relique du sang de San Gennaro, le miracle de la liquéfaction
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Relique du sang de San Gennaro, le miracle de la liquéfaction

Trois fois par an, les Napolitains attendent que se liquéfie le sang du saint patron de leur ville, San Gennaro conservé à l’état solide dans deux ampoules au sein de la chapelle du Trésor de la cathédrale depuis le XVIe siècle. Né vers la fin du IIIe siècle, San Gennaro fut évêque de Bénévent, située à 50 kilomètres de Naples. Il aurait été arrêté par l’empereur Dioclétien lors de sa campagne de persécution des chrétiens au IVe siècle, puis décapité le 19 septembre de l’an 305. La légende raconte qu’à ce moment-là, un peu de son sang aurait été recueilli par une fidèle et conservé dans deux ampoules. Le 19 septembre est, avec le 16 décembre et le samedi précédant le premier dimanche de mai, l’une des trois dates de l’année où est attendu le « miracle de San Gennaro ». Lorsque ce dernier n’advient pas, c’est un mauvais présage…

3. La face de saint Jean Baptiste dans la cathédrale d’Amiens

Orfèvre Placide Poussièlgue-Rusand, Reliquaire de la face de saint Jean Baptiste
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Orfèvre Placide Poussièlgue-Rusand, Reliquaire de la face de saint Jean Baptiste, XIIIe siècle (cristal de Roche) 1876 (orfèvrerie)

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Argent doré, émaux, pierres semi-précieuses montées en bâtes, cristal de roche • 33 cm • Coll. Trésor de la cathédrale d’Amiens • © Centre des monuments nationaux

Cette tête de saint Jean Baptiste est le clou du trésor de la cathédrale d’Amiens, et ceci depuis le Moyen Âge ! Conservée à partir du 17 décembre 1206, cette relique sainte fut rapportée lors des croisades par le chanoine Walon de Sarton qui en fit don à Richard de Gerberoy, l’évêque d’Amiens de 1204 à 1210. Admirez son précieux reliquaire ! De la main d’un orfèvre du XIXe siècle, il s’appuie sur un modèle qui avait été réalisé à la Renaissance avant d’être fondu à la Révolution. On sait que de prestigieux pèlerins ont offert des pierres précieuses pour orner ce reliquaire : Saint Louis donna une émeraude ; Louis XI, un rubis balais en 1475. Seul le cristal de roche pourrait dater du XIIIe siècle : un rarissime exemple de cristallerie médiévale, certainement taillé dans un atelier parisien.

4. Le bras droit de saint Étienne à Budapest

La Sainte-Dextre (main droite momifiée de Saint Étienne) exposée dans la Basilique Saint-Étienne de Pest
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La Sainte-Dextre (main droite momifiée de Saint Étienne) exposée dans la Basilique Saint-Étienne de Pest

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© Jaroslav Moravčík / Alamy / Hemis

Voici la relique la plus précieuse de Hongrie. Une chapelle de la basilique Saint-Étienne de Budapest conserve la « Sainte-Droite » ou encore la « Sainte-Dextre », soit la main droite de saint Étienne, premier roi des Hongrois. Chaque 20 août, les Hongrois célèbrent la naissance de leur constitution, la fondation du royaume de Hongrie, mais également la fête de saint Étienne qui régna sur le territoire de 1000 à 1038 et christianisa son royaume. Du XIIIe siècle, où il fut placé pour la première fois dans un reliquaire, au XXe siècle, ce bras droit a miraculeusement traversé le temps en étant parfois balloté par l’Histoire. Notamment lors de la Seconde Guerre mondiale, où il demeura caché dans une grotte en Autriche.

5. Le crâne du saint patron des amoureux à Rome

Le crâne de Saint-Valentin exposé à la basilique Santa Maria in Cosmedin, à Rome
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Le crâne de Saint-Valentin exposé à la basilique Santa Maria in Cosmedin, à Rome

C’est un 14 février que saint Valentin aurait été décapité pour avoir célébré des mariages, malgré l’interdiction romaine… Si de nombreuses incertitudes et légendes entourent la vie du saint patron des amoureux du IIIe siècle, il en va de même pour ses reliques que se partagent de nombreuses églises en Europe. À Dublin, en l’église Whitefriar Street, on trouve son cœur. Son squelette repose dans une abbaye de Glasgow. Et une basilique de Prague expose ce qui serait son épaule. À Madrid, les visiteurs honorent ses restes protégés sous une vitrine en verre. Enfin c’est à Rome, à la basilique Santa Maria in Cosmedin, datant du VIe siècle, que son authentique crâne se dévoile dans une boîte dorée et recouvert de fleurs…

6. Les poils de barbe du Prophète à Istanbul

Le poil de barbe du Prophète Mahomet, exposé au Palais Topkapi en Turquie
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Le poil de barbe du Prophète Mahomet, exposé au Palais Topkapi en Turquie

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© Andrea Izzotti / Alamy / Hemis

Comme pour toutes les religions, l’islam ne manque pas de reliques. De son vivant déjà, le prophète Mohamet fit l’objet d’une profonde vénération. La ferveur a continué au fil des siècles. C’est à Istanbul, en Turquie, que sont conservées, au sein du palais de Topkapi, les plus nombreuses et les plus importantes reliques attribuées au Prophète, dévoilées en cinq salles : une empreinte de pied, une bannière, un sceau, un manteau béni… Parmi les précieux témoins, on trouve des poils de barbe. Comme ses cheveux, ils sont très prisés.

7. Les dents vénérées de Bouddha en Asie du Sud-Est

Relique de la dent de Bouddha dans la pagoda de Swe Taw Myat, Yangon au Myanmar
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Relique de la dent de Bouddha dans la pagoda de Swe Taw Myat, Yangon au Myanmar

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© AdobeStock

C’est sur un site sacré du bouddhisme, à Kandy au Sri Lanka, qu’a lieu chaque année la procession de la dent de Bouddha. Associée durant des siècles au pouvoir royal, jusqu’à ce que les Britanniques détrônent les rois de Ceylan, cette précieuse relique ne sort qu’à cette occasion de son « temple de la dent ». Mais il existe bien d’autres endroits où sont conservées les dents du chef spirituel, lequel en aurait possédé quarante, dixit les textes. Cela peut prêter à sourire mais une autre dent se trouve à Pékin, une troisième à Singapour, ou encore en Birmanie…

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