Photographie tirée du livre “Paris de toutes les couleurs” de Jean Baptiste Pellerin
© Jean Baptiste Pellerin / Adagp, Paris 2024
Vous les avez probablement déjà vues dans la rue, collées au mur sous un verre transparent : les photographies de Jean-Baptiste Pellerin (né en 1968) apparaissent depuis dix ans tout pile au coin des boulevards des villes, interpellant les passants attentifs.
Leur sujet : les Parisiens, leurs dégaines, leurs sourires, leurs mimiques, leurs poses entre copains, leurs enfants, leurs petits boulots (barmans, portiers, balayeurs), leurs animaux de compagnie, leurs colères aussi (durant une manifestation, arrêtés par des policiers, réunis devant un feu survolté place de la République).
« Je cherche par mon sourire et ma bonne humeur à mettre mon modèle suffisamment en confiance pour susciter le naturel de la pose. »
Pour le dixième anniversaire de ce grand portrait de Paris, les éditions Les Grandes Personnes en publient un passionnant recueil, avec une courte introduction écrite par son auteur suivie par près de 200 photos… Où presque tous les modèles regardent l’objectif droit dans les yeux, en souriant.
Il faut imaginer l’homme derrière l’appareil, un extravagant photographe tout en gentillesse et coiffé d’un béret : « Je cherche par mon sourire et ma bonne humeur à mettre mon modèle suffisamment en confiance pour susciter le naturel de la pose », explique-t-il ainsi en préambule.
Il raconte aussi comment il a découvert la photographie, un peu par hasard, grâce à un cadeau de son père inquiet pour son avenir. Doté dès lors d’un boîtier Pentax « un peu usé, comme dans les films », il saisit d’abord « les gens à leur insu », inspiré par les images de Robert Doisneau.
Le photographe Jean-Baptiste Pellerin collant ses photos sur les murs de Paris
Photo Coralie Pellerin
En 2014, il opte pour la photo posée, et immortalise les réfugiés d’un camp installé à deux pas de chez lui. La même année, il s’ouvre aux « inconnus », puis un documentaire sur Banksy le décide à accrocher ses photographies un peu partout en ville, « le concept étant de rendre mes photos à la rue », détaille-t-il encore.
Photographie de rue par Jean Baptiste Pellerin
© Jean Baptiste Pellerin / Adagp, Paris 2024
Depuis, il a accroché plus de 4 000 cadres partout dans le monde, et pris encore plus de photographies, la plupart légères, joyeuses, riches du style fou des personnes sur lesquelles il s’arrête, d’autres plus troublantes, des portraits de militants, de sans-abri, d’éboueurs, de personnes en situation de handicap, de transgenres, de ramoneurs.
Des ultra-visibles et des invisibles, sur lesquels l’homme pose toujours un regard bienveillant – au sens le plus honorable et respectueux du terme. Il y a de l’humour dans chacune de ses images, de la lumière et, surtout, un amour infini pour Paris, ses nuances, ses êtres étranges, ses mômes en trottinette, ses parapluies. L’ensemble est très beau, et bien plus émouvant qu’il n’y paraît au premier regard.
Paris de toutes les couleurs
Par Jean-Baptiste Pellerin
Éditions Les Grandes Personnes · 256 pages · 29,50 €
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique