Article proposé par Exponaute

© Jeff Koons – Louis Vuitton, 2017
La date de lancement officielle de la nouvelle collection de sacs Louis Vuitton intitulée « Masters » est prévue pour le 28 avril prochain. Néanmoins, cette dernière a d’ores-et-déjà été dévoilée (et ne manque pas de défrayer la toile) depuis mardi 11 avril dernier ; date de sa présentation, puis de sa célébration par un dîner de gala ô combien chic organisé dans la salle abritant La Joconde. Pas moins de deux-cent personnalités se sont donné rendez-vous au musée ce soir-là (Catherine Deneuve, Jennifer Aniston, Cate Blanchett, entre autres) pour découvrir la nouvelle série de sacs à mains associant Koons à la marque de malletiers la plus célèbre au monde.
Un pari osé pour certains, détonant pour d’autres, quoi qu’on en pense, les retombées médiatiques sont déjà énormes. « Certes, son travail suscite le débat… surtout en France. Mais quand il expose à Beaubourg en 2015, il crève tous les records », explique Michael Burke, le PDG du groupe Louis Vuitton, dans un entretien qu’il donne au Figaro. D’ailleurs la marque n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en 2001, déjà, elle s’associait au designer Stephen Sprouse ; avant de collaborer avec de très prestigieuses signatures comme Takashi Murakami, Richard Prince et Yayoi Kusama. C’est donc au tour de Jeff Koons d’inscrire son nom dans l’histoire de la collection de sacs Louis Vuitton ; et l’artiste ne fait pas les choses à moitié.

© Jeff Koons – Louis Vuitton, 2017
Koons convie la grande Histoire de l’art afin d’orner sacs à mains, pochettes, sacs-à-dos, portefeuilles et foulards-maison Vuitton. Outre le sourire de Mona Lisa, la série « Masters » convoque Mars, Vénus et Cupidon du Titien ; La Chasse au Tigre de Rubens ; La Gimblette de Fragonard ; et le Champ de blé avec cyprès de van Gogh, rien que ça. Aussi à l’intérieur de chaque sac sont délivrés une série de documentation, dont la biographie du peintre, un texte explicatif de l’œuvre, la mention du musée où elle est exposée ; et la biographie de Jeff Koons (représenté par son lapin gonflable).
Une sélection loin d’être anodine puisqu’elle est en réalité tirée de sa célèbre et dernière grande série intitulée « Gazing Balls », là où l’artiste faisait déjà dialoguer l’art classique avec la pop-culture. Devant chaque tableau de maître, Koons avait apposé des boules réfléchissantes bleues. Le but, projeter dans un même espace visuel l’œuvre et le spectateur. Dans une interview donnée à la maison Vuitton, Koons explique que sa démarche est la même avec la série de sacs « Masters », sauf que les boules réfléchissantes bleues ont été remplacées par des lettres métallisées, serties de monogrammes (retravaillés, aussi, par Koons).

© Jeff Koons – Louis Vuitton, 2017
Pour Koons, les peintures Gazing Balls comme les sacs « ne sont pas de simples copies de peintres. Ils en sont une transcendance. L’objet devient autre », confie-t-il, avant d’ajouter que son geste n’était rien de moins qu’une « célébration de l’Humanité » ; espérant que le public ressente lui aussi cette connexion.
Aussi la commercialisation de la série « Masters » débutera le 28 avril dans les 450 boutiques du réseau Louis Vuitton, pour un tarif oscillant entre 1 800 et 3 000 euros, selon le modèle (contre 760 euros pour la version Speedy classique). Kitschissime.
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