Le musée de l’Ermitage en hiver
© The State Hermitage Museum
Par temps de neige, le panorama du musée de l’Ermitage, avec ses tons pastel, a des allures d’image de conte de Noël… Fièrement dressé au bord de la Neva, il incarne à lui seul l’histoire mouvementée de la Russie, du faste des Romanov aux idéaux révolutionnaires. Maintes fois menacées, ses collections ont traversé les siècles. À l’intérieur, l’on se sent presque étourdi par tant de dorures et de trésors qui ont élu domicile dans les quelque 2 000 salles du musée, qui conserve en tout près de 3 millions d’œuvres. Lors de votre visite, ouvrez l’œil : sans doute aurez-vous l’occasion de croiser l’un des chats de l’Ermitage, célèbres gardiens du musée qui, lorsqu’ils ne font pas la chasse aux souris dans les réserves, se promènent tranquillement aux abords du musée !
Ancienne résidence des tsars de Russie, l’Ermitage est avant tout un immense complexe qui comprend plusieurs bâtiments édifiés aux XVIIIe et XIXe siècles : le Petit Ermitage, le Grand Ermitage, le Nouvel Ermitage, le théâtre et le Palais d’Hiver. Le musée est fondé en 1764 sous l’impulsion de l’Impératrice Catherine II, qui souhaitait matérialiser la grandeur et la puissance de l’Empire. Elle rachète alors, en Europe, d’importants ensembles d’œuvres qu’elle présente aux membres de la cour au sein du Petit Ermitage, construit spécialement. Une ambition poursuivie par son successeur, Nicolas II, qui agrandit le musée et l’ouvre au public. Contrairement à La Neva qui coule paisiblement en contrebas, le destin de l’Ermitage ne fut pas un long fleuve tranquille. Plusieurs fois, ses collections furent menacées et parfois même miraculeusement épargnées, comme lors du grand incendie de 1837 qui a ravagé le Palais d’Hiver ou du siège de Leningrad pendant la Seconde Guerre mondiale. Renommé musée d’État après la Révolution d’octobre, l’Ermitage a perdu quelques-uns de ses trésors (parmi lesquels Diane, le marbre de Jean-Antoine Houdon, racheté par l’Arménien Calouste Gulbenkian) lors du démantèlement d’une partie de ses collections dans le cadre du premier plan quinquennal de l’URSS mais est resté, jusque dans les années 1990, la vitrine de l’Union Soviétique. C’est aujourd’hui le premier musée de Russie et l’un des plus grands musées du monde.
Par où commencer ? Dans ce fastueux dédale de chefs-d’œuvre, impossible de faire l’impasse sur la Vénus Tauride (IIe siècle av. J.-C.) – le tout premier marbre antique exposé en Russie ! –, le Garçon accroupi (1530–1534) de Michel-Ange ou encore les délicates Trois Grâces (1812) de Canova. Côté peinture, on s’émerveille devant les angéliques Madone Benois (1478–1482) et Madone Litta (vers 1490) de Léonard de Vinci, le Joueur de Luth (1595–1596) de Caravage, le portrait touchant de Saskia enceinte peint par son mari Rembrandt… C’est aussi au musée de l’Ermitage que l’on peut admirer une partie des merveilleuses collections de Sergueï Chtchoukine et des frères Morozov, grands mécènes de la modernité.
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