Zacharie Gaudrillot-Roy, Tiré de la série Façades #3, 2016-2017
© Zacharie Gaudrillot-Roy 2016/2017
Et si soudain le monde se révélait n’être qu’un décor de carton-pâte ? C’est l’étrange sentiment que produisent les photomontages que compose Zacharie Gaudrillot-Roy, en passionné de cinéma. Il y réduit de réels bâtiments à leurs seules façades, à leurs surfaces visibles. Parce que le passant ne peut saisir les secrets cachés derrière les murs, il déréalise la ville et fait surgir un nouveau paysage. Le jeune photographe, déjà vu au festival Circulation(s) en 2014 ou à la Biennale de Lyon − où il vit − en 2010, laisse apparaître une nature qui souligne la construction et l’artifice des rues à la manière d’un plateau de tournage laissé à l’abandon. Impossible de s’abriter dans ces bâtiments aux allures familières : on ne peut qu’y faire de la figuration.
Dans sa série Façades #3, l’artiste aborde les bâtiments génériques des campagnes et petites villes de France. La ferme, le garage, l’épicerie, la maison se déclinent ainsi sous leurs abords extérieurs comme une image d’Épinal du pays. En jouant des surfaces et des profondeurs, Zacharie Gaudrillot-Roy attire notre attention sur la fragilité de la carte postale. Presque fantomatique, ici enveloppée dans une lueur nocturne, la campagne, la vraie, qui traverse aujourd’hui une crise, se trouve à mille lieux de ce décor idéalisé qui occupe notre imaginaire.
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