RENCONTRES D’ARLES

Le Mexique ancestral et vivant d’Octavio Aguilar, Prix Découverte Roederer à Arles

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Octavio Aguilar, Tajëëw, ja tsa´any [Tajëëw, le serpent]
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Octavio Aguilar, Tajëëw, ja tsa´any [Tajëëw, le serpent], 2020

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© Courtesy de Octavio Aguilar / © Parallel Oaxaca

À Santiago Zacatepec, au Mexique, les histoires se transmettent par la parole, de génération en génération. Ainsi bien souvent, au fil des conversations familiales, les récits intimes se mêlent-ils aux mythes fondateurs de cette cité agrippée aux imposants reliefs d’Oaxaca, verdoyant berceau du peuple Ayuuk (ou Mixe).

Pour le photographe Octavio Aguilar, lui-même natif de cette région, cette transmission est d’abord passée par sa grand-mère, Aurea Romero, puis par les différents habitants dont il a croisé la route. Tous sont les garants de l’infinie richesse de ce patrimoine immatériel, qui a résisté au fil des siècles à la violence de l’histoire coloniale du Mexique.

Hommage à l’imaginaire Ayuuk

Octavio Aguilar, Tajëëw, ja tsa´any [Tajëëw, le serpent]
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Octavio Aguilar, Tajëëw, ja tsa´any [Tajëëw, le serpent], 2020

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© Courtesy de Octavio Aguilar / © Parallel Oaxaca

C’est à cette mémoire aussi ancienne que fragile, que le photographe rend hommage dans sa série Tajëëw et Kontoy, tout juste auréolée du Prix découverte Fondation Louis Roederer, à l’occasion des Rencontres d’Arles. Son titre sonne comme un lointain écho aux noms des ancêtres du peuple Ayuuk, ici incarnés par les amis de Octavio Aguilar dont le visage se trouve dissimulé par d’imposants masques aux couleurs éclatantes.

Leurs portraits, mis en scène dans des décors qui évoquent tout autant l’imaginaire Ayuuk, dialoguent entre autres avec des morceaux de textiles brodés de slogans en faveur d’une autonomie indigène, dont la culture ancestrale est aujourd’hui menacée par la mondialisation galopante et l’uniformisation des modes de vie.

Une édition engagée

Heba Khalifa, Sauvage
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Heba Khalifa, Sauvage, 2025

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© Courtesy de Heba Khalifa

Résolument engagée, la proposition de Octavio Aguilar pour cette nouvelle édition du Prix découverte de la fondation Louis Roederer, dont l’exposition est orchestrée par le commissaire mexicain César González-Aguirre, s’inscrit avec force dans la thématique de ces 56e Rencontres d’Arles, consacrées aux « Images indociles ».

En marge de ce prix décerné par un jury d’experts, (composé d’Elias Redstone, Marcella Legrand Marer, Keisha Scarville et Sergio Valenzuela-Escobedo), le public a quant a lui choisi de récompenser le travail de la Française Julie Joubert, qui sonde les rapports à la masculinité au sein de la légion étrangère. Fait exceptionnel, la photographe égyptienne Heba Khalifa a, pour sa part, reçu une « mention spéciale » du jury, distinguant son travail d’une grande sensibilité autour de la mémoire traumatique et de l’émancipation du corps féminin. Autant de projets puissants, qui donnent à voir et ressentir les préoccupations de l’époque et du monde.

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Prix découverte 2025 Fondation Louis Roederer

Du 7 juillet 2025 au 5 octobre 2025

www.fondation-louisroederer.com

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