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Dossier Spécial

Fiac, une forme olympique !

le 17 octobre 2017 à 18h10

Johan Creten, The Boy
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Johan Creten, The Boy, 2015–2016

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Grès verni • 147 × 47 × 47 cm • Galerie Almine Rech, Paris-Bruxelles-New York. • Courtesy de l’artiste et de la galerie Almine Rech Photo Hugard Vanoverschelde © Adagp Paris 2017

C’est désormais une (bonne) habitude : la Fiac traverse l’avenue Winston Churchill pour s’installer au Petit Palais. Échange de bons procédés entre l’événement marchand et le musée attaché à la Ville de Paris, qui ont tous deux à y gagner. Le premier s’offre un site splendide où exposer des projets hors normes (en accès libre et gratuit), le second acquiert une visibilité auprès d’un public qui négligeait auparavant d’y mettre les pieds et une notoriété plus internationale. De son exotique bassin, cerné de palmiers, à ses arcades et ses halls immenses, le charmant musée des Beaux-Arts héberge ainsi cette année une flopée de sculptures sélectionnées par la commissaire d’expositions Eva Wittocx, venue du dynamique M Museum de Louvain, à partir des propositions lancées par les galeries de la Fiac souhaitant participer à ce projet, baptisé « On Site ».

Yona Friedman fait du hula hoop avenue Winston Churchill

Parmi la quarantaine d’œuvres retenues, on a hâte de découvrir comment les décapantes poubelles d’Arman (dont celle intitulée Déchets bourgeois – Et s’il n’en restait qu’un, je serai celui-là) et les monstres de poussière de Peter Buggenhout s’accommoderont des splendeurs du bâtiment Art nouveau… Semblables à des marbres antiques, n’était leur bizarrerie qui se révèle à l’approche, les sculptures de Justin Matherly viennent plutôt, elles, se fondre dans le décor, comme le visage abîmé d’Alina Szapocznikow, qui signe là l’un de ses plus troublants autoportraits.

À noter aussi les immenses pelotes et tressages colorés de l’Américaine Sheila Hicks, en très bonne compagnie : Claude Closky, Françoise Pétrovitch, pour les Français, et Barthélémy Toguo, Joëlle Tuerlinckx, Enrique Ramírez ou Erwin Wurm, pour les étrangers, sont de la partie. Invité un peu à part, sur une proposition de sa (nouvelle) galeriste Nathalie Obadia, le sulfureux photographe américain Andres Serrano s’infiltre carrément dans les collections. Sa série consacrée à la torture, réalisée dans le sillage du 11-Septembre, répond ici à la peinture d’histoire des romantiques, tandis que les images de la série Holy Works résonnent violemment avec les toiles religieuses de Gustave Doré, Benjamin-Constant ou William Bouguereau, bijoux du musée.

Yona Friedman, Projet pour un musée sans bâtiment
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Yona Friedman, Projet pour un musée sans bâtiment, 2017

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Hula hoops • Dimensions variables • Photo Christophe Brachet / Courtesy Jérôme Poggi, Paris

Enfin, c’est au délicieux architecte Yona Friedman qu’a été confié le soin de lier l’ensemble, en intervenant sur l’avenue même qui sépare Petit et Grand Palais. Celle-ci est en effet, comme l’an passé, rendue aux piétons, à condition que la circulation des véhicules d’urgence ne soit pas entravée – rappelons que l’Élysée est à deux pas. En écho à son intervention sur le stand de la galerie Poggi, Friedman, 94 ans, déploie à même le bitume son fameux « musée sans bâtiment ». Soit des centaines de cerceaux de hula hoop ultra-bigarrés, sur lesquels chacun peut venir accrocher des images d’œuvres de son choix. Au fur et à mesure de la semaine, la structure très légère accueillera tous les fantasmes de collection des visiteurs mais aussi des badauds pour composer une sorte de Fiac imaginaire.

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FIAC 2017 ON SITE

Du 19 octobre 2017 au 22 octobre 2017

www.fiac.com

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