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Dessin

Les 1001 états du dessin

le 21 mars 2018 à 14h03

Réceptacle des fantasmes les plus débridés, défouloir gestuel ou matière à rivaliser avec la photo… Autant de tendances que les artistes qui s’adonnent au dessin explorent avec délectation. À découvrir ce printemps dans des événements parisiens à la pointe du trait.

Robert Longo, Sans titre (Luther), série Perfect Gods
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Robert Longo, Sans titre (Luther), série Perfect Gods, 2016

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Mordant

Redoutablement efficaces, les fusains de l’Américain (qui, sur le même mode, dessine de voluptueux décolletés ou des champignons atomiques…) mordent l’œil du spectateur.

Fusain sur papier • 177,8 × 304,8 cm • © Robert Longo © ADAGP Paris 2018

L’élégance du trait, le choc de la ressemblance. Le dessin rêve parfois d’être aussi fidèle à son sujet qu’une photographie. Il y parvient. Pas sans mal certes, pas sans que son auteur y passe des heures et y développe des trésors de dextérité. Cette patience et cette manière d’être dur à la peine caractérisent une famille d’artistes qui s’échinent, sur des formats plus ou moins grands (allant du timbre-poste à l’affiche), à représenter les êtres et les choses plus vrais que nature. Les larges et voluptueux décolletés modelés au fusain par l’Américain Robert Longo (ou bien ses gueules de requins géants, ou ses champignons atomiques) sentent le soufre à force de vouloir ainsi, par leur grasse exactitude, tromper et allécher le spectateur.

En revanche, les minuscules portraits érotiques, minutieusement crayonnés par Antoine Marquis ou Julien Carreyn, ne jouent pas tout à fait sur la même corde sensible : leur petitesse s’apparente à du voyeurisme amateur, discret et sainte-nitouche, mignonnet et vintage, précieux et savoureux. Rien de sulfureux ni d’édifiant ; juste le charme discret de corps impeccablement représentés au crayon à papier, mais qui restent du coup très en retrait. Tout aussi exacts, les dessins au fusain de Nick Devereux sont de ceux qui viennent toutefois contrarier l’extrême ressemblance qu’ils cultivent avec leurs modèles (des aristocrates cravatés, posant le buste droit), en les affublant d’une espèce de chiffonnade de papier.

La série Known Unknown vient ainsi faire et défaire la puissance du dessin hyperréaliste. Pour dire que sa prétention à incarner une personne sur le papier ne suffit jamais si le modèle n’a jamais été là, quelque part, devant l’artiste. Pour dire encore que le dessin est d’abord un rêve, un projet, un dessein, celui de faire que quelqu’un soit là. Mais à l’époque contemporaine, il n’y a plus personne devant le dessinateur : il travaille d’après des photographies, d’après des archives. Le modèle est mort et son nom oublié, si bien que le dessin se froisse et, d’une manière tout aussi hyperréaliste, se replie sur lui-même et voile son modèle.

Antoine Marquis, Nature morte au dieu Thot, 2013

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Ne pas déranger

Avec une minutie troublante, Antoine Marquis s’arrête sur des motifs paisibles sur lesquels le temps qui passe n’a pas de prise. Telles des natures mortes que l’on n’ose pas troubler.

Graphite sur papier • 29,7 x 21 cm • © Antoine Marquis

Nick Devereux, Known Unknown VIII, 2016

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Modèle froissé

Ruiner le portrait aristocratique en révélant la face cachée et chiffonnée du modèle : Nick Devereux rejoue dans sa pratique une histoire écrite par Oscar Wilde

Huile sur toile • 56 x 43 cm • galerie Bugada & Cargnel, Paris / © Nick Deverreux

Julien Carreyn, Frederique, 2015

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Comme une photo érotique

Le dessin sous le manteau. Julien Carreyn a mis en suspens sa pratique graphique (et on le regrette) au profit de la photographie (très bien aussi). Mais, parfois, on ne sait plus si la photo est un dessin, ou l’inverse, tant le second s’applique à imiter la première…

Graphite sur papier • 16,5 x 12 cm • Courtesy Julien Carreyn et Crèvecoeur, Paris

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Au printemps, les feuilles se ramassent à la pelle

Expérimentaux et contemporains, les dessins s’exposent à la 12e édition de Drawing Now, sur les stands des 72 galeries internationales, au cœur du Carreau du Temple, mais aussi à DDessin. Au Palais Brongniart, près de 40 marchands présentent le meilleur du dessin classique, sans oublier un focus sur les arts appliqués avec un ensemble issu de la collection d’arts graphiques de la Maison Chaumet. Autre collection privée dévoilée : celle de l’entreprise Bic, avec des dessins… au Bic. On ira aussi à Vitry-sur-Seine voir la présentation du fonds municipal qui, depuis 1970, rassemble des œuvres sur papier de Calder ou Messagier.

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27e Salon du dessin

Du 21 mars 2018 au 26 mars 2018

www.salondudessin.com

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Drawing Now Art Fair

Du 22 mars 2018 au 25 mars 2018

www.drawingnowparis.com

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Salon DDessin

Du 23 mars 2018 au 25 mars 2018

www.ddessinparis.fr

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La Collection BIC

Du 14 avril 2018 au 13 mai 2018

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Un choix dans le fonds graphique et photographique de la ville de Vitry (1971-2018)

Du 25 mars 2018 au 6 mai 2018

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Hippolyte Hentgen. Overlay

Du 7 février 2018 au 18 juin 2018

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