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DOSSIER

Nouvelles tendances : les mondes parallèles du dessin contemporain

le 2 mai 2022 à 17h05

De mai à juin, le dessin bourgeonne dans toute la France à travers de nombreux salons et expositions. L’occasion pour Beaux Arts d’explorer les univers parallèles de 20 artistes au crayonné fantastique. Le printemps sera graphique ou ne sera pas !

D’un oiseau phallique (à moins que ce ne soit l’inverse, un pénis ailé) datant de la première moitié du XVIe siècle à cet homme (qui peut aussi bien être une femme) à tête de marguerite dessiné l’an dernier par Maxime Verdier, 32 ans, le dessin n’a cessé de se jouer des grilles étanches qui séparent le vivant en espèces distinctes, réservant aux êtres humains la première place pour reléguer le reste des habitants de la planète au second rang. L’harmonieuse coexistence des corps, des tiges, de la peau et des pétales, des poils et du pollen, du sang et de la sève, des uns (nous) et des autres (que nous), réclamée à raison par ceux qui font remarquer que l’homme ne s’est pas gêné, à l’ère du capitalocène, pour brûler et épuiser les ressources naturelles aux dépens du reste de la biosphère (et des générations futures).

Car le dessin ne connaît nulle entrave pour commencer à esquisser la silhouette d’une personne qui s’achèvera en plante ou en pierre, quitte à être passé entretemps à l’état liquide, voire gazeux. Ces métamorphoses graphiques, ces passerelles longtemps ignorées, ces dépendances obstinément niées entre les conditions de vie des uns et celles des autres, le dessin en a toujours eu l’intuition et les a mis au jour en laissant l’encre et les pigments déborder, couler, baver. La tonalité de ces œuvres n’est pas tant comique ou grotesque que prophétique, grave et sardonique, à l’image de ce dessin de la Suédoise Emma Larsson où une espèce de corail rougeoyant, orbites noires et paluches haut dressées, tire une langue démoniaque à la face d’un monde en passe d’éteindre tous ses semblables.

Maxime Verdier : fantaisies rêveuses

Né à Dieppe en 1991, il vit à Paris.

Maxime Verdier dans l’atelier collectif Espace Double Carré à Gennevilliers
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Maxime Verdier dans l’atelier collectif Espace Double Carré à Gennevilliers

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© Maurine Tric

Diplômé des Beaux-Arts de Paris il y a cinq ans, Maxime Verdier imagine dans ses dessins au crayon de couleur des situations imaginaires dont les personnages sont eux-mêmes en train de rêvasser. Une espèce de rêverie enchâssée dans une autre. D’ailleurs, les lignes de fuite se multiplient dans le travail du jeune artiste. À l’image de ce dessin, intitulé l’Échappée belle et où, entre deux horizons, l’un domestique, l’autre de plein air, cet homme à la tête de marguerite semble hésiter un peu, beaucoup, passionnément, à la folie.

Représenté par Anne-Sarah Bénichou (Paris).

Maxime Verdier, L’Échappée belle
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Maxime Verdier, L’Échappée belle, 2021

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© Courtesy Maxime Verdier et galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris

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À voir à Drawing Now Art Fair

Du 19 au 22 mai

Carreau du Temple • 4 Rue Eugène Spuller, 75003 Paris.

https://www.drawingnowartfair.com/

Emma Larsson : intuitions oniriques

Née en 1977, elle vit à Stockholm.

Emma Larsson
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Emma Larsson

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© Emma Larsson et galerie DYS, Paris

Autodidacte et précoce (elle dessine depuis son adolescence), Emma Larsson assume le caractère intuitif de ses aquarelles, sculptures ou collages. Elle se laisse ainsi porter par le rythme et les caprices du pinceau, des couleurs et de la matière pour prêter forme et présence à des paysages nébuleux ou à des créatures à la chair et aux contours tout aussi fluides et vacillants, mais pas moins étranges et oniriques.

Représentée par la galerie DYS (Bruxelles).

Emma Larsson, African Dance II
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Emma Larsson, African Dance II, 2021

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© Emma Larsson et galerie DYS, Paris

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À voir à Drawing Now Art Fair

Du 19 au 22 mai

Carreau du Temple • 4 Rue Eugène Spuller, 75003 Paris.

https://www.drawingnowartfair.com/

Tudi Deligne, Dispute avec Pierre Paul Rubens – Chasse au loup et au renard
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Tudi Deligne, Dispute avec Pierre Paul Rubens – Chasse au loup et au renard, 2022

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Née en 1986, l’artiste franco-suisse Tudi Deligne revisite, au fusain et d’un trait tonitruant, des tableaux des siècles passés en déconstruisant le corps des protagonistes et en organisant un chaos d’une noirceur vorace.

fusain sur papier • 115 x 175 cm • Courtesy Tudi Deligne et galerie Mariska Hammoudi, Paris.

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Éclosion du printemps du dessin

Les feuilles de papier dessinées fleurissent à la pelle en cet opportunément nommé Printemps du dessin, qui jusqu’au 21 juin regroupe, à Paris et ailleurs, sous cette bannière, un large éventail de salons, de foires, d’expositions personnelles ou collectives, mettant à l’honneur cette pratique modeste (autrement dit, relativement abordable) et vivace, chérie par des artistes qui ne s’interdisent pas de la combiner avec d’autres, qu’il s’agisse de la vidéo, de la sculpture ou de l’installation. Pour marquer le coup (de crayon), chacun des organisateurs y va de son prix et de son exposition du lauréat de l’année dernière. Et puisque la pratique du dessin ne date pas d’hier, toutes les époques figurent en bonne place, depuis le Salon du dessin, où se vend une Sainte Famille de Tiepolo (1696-1770) mais où s’affiche aussi un Feuillage bleu moiré de Sam Szafran (1934-2019), jusqu’à l’antenne la plus contemporaine, la Drawing Now Art Fair, qui propose, au milieu de son salon, un accrochage (intitulé «Hyperdrawing») où «le dessin dans l’espace» peut prendre ses aises sous l’éclairé commissariat de Joana P.R. Neves. Un projet qui rebondit simultanément au Frac Picardie, historiquement spécialisé dans les arts graphiques. Retour à Paris, où il faut filer droit aux Beaux-Arts, qui affirment «partage(r) une passion pour le dessin» (essentiellement classique) puis à l’exposition hors des clous (tant elle déroule ses cimaises aux outsiders) qui se tient à la Halle Saint Pierre : «Hey ! Le dessin», proclame son titre. Drawing Lab, cet espace qui ne s’occupe que des dessinateurs, s’ouvre aux œuvres, rêveuses et voyageuses, de Chourouk Hriech, sous le commissariat de Jérôme Sans. Et il faut dire un mot aussi de cet autre salon, DDessinParis, voué aux jeunes plumes dont celle, colorée et sauvage, de Rithika Merchant (née en 1986, lauréate du prix l’an passé). Enfin, la Paris Print Fair, avec sa petite vingtaine d’exposants, se fera une joie de rappeler que l’estampe est un médium impérissable.

Programme complet : printempsdudessin.com

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Drawing Now Art Fair 2022

Du 19 mai 2022 au 22 mai 2022

www.drawingnowartfair.com

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30e Salon du dessin

Du 18 mai 2022 au 24 mai 2022

www.salondudessin.com

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DDessinParis

Du 20 mai 2022 au 22 mai 2022

ddessinparis.com

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Paris Print Fair

Du 19 mai 2022 au 22 mai 2022

parisprintfair.fr

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HEY! Le dessin

Du 22 janvier 2022 au 31 décembre 2022

www.hallesaintpierre.org

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