Photographie : 15 talents à suivre, du figuratif à l’abstrait
Photographie : 15 talents à suivre, du figuratif à l’abstrait
Les grands rendez-vous de la photo auront bien lieu cette année en novembre. De Paris Photo au singulier salon Approche, Beaux Arts a repéré pour vous des artistes de tous âges, qui rivalisent d’imagination dans la réinvention du médium.
TENDANCES
1. Réinventer l’imaginaire et la matière
Quand on ne sait plus si c’est de la photo tant elle est hybridée, pour le meilleur !
Malala Andrialavidrazana, photocolleuse d’archives
Née à Madagascar en 1971. Vit et travaille à Paris. Représentée par Dominique Fiat, Paris.
Portrait de Malala Andrialavidrazana
© Malala Andrialavidrazana
Sur un atlas ancien, le lion anglais et le coq gaulois se partagent les continents, le tout sous le regard amusé de l’Oncle Sam. Ailleurs, ce sont les détails d’un billet de banque imprimé, d’une carte postale ou de gravures populaires que l’on devine. Les collages de Malala Andrialavidrazana sont comme des feuilles de calque où se télescopent les lieux et les époques, mais surtout les clichés d’un exotisme fantasmé par l’Occident dominant. Avec sa série Figures, l’artiste d’origine malgache, architecte de formation, puise dans les archives mondiales pour créer un pays imaginaire, anachronique et pourtant si actuel. La construction des empires ou l’industrialisation du XIXe siècle servant de socle pour mieux dénoncer l’ethnocentrisme européen, elle interroge notre identité et invente un nouveau langage au croisement entre collecte, photomontage et dessin.
Malala Andrialavidrazana, Figures 1854, The World at One View, 2021
Photocollage • Courtesy Dominique Fiat, Paris et Malala Andrialavidrazana.
À voir à Paris Photo
Joana Choumali, brodeuse et raccommodeuse de l’histoire
Née à Abidjan en 1974. Vit et travaille à Abidjan. Représentée par Loft Art Gallery, Casablanca, et Gallery 1957, Accra.
Portrait de Joana Choumali
© Joana Choumali.
Des bulles de couleur au-dessus d’une rivière, des enfants flottant dans les airs… Comme dans un songe, les photographies « brodées » de Joana Choumali nous transportent à Abidjan, où le ciel de l’aube est violet et la brume tissée de fil. Dans la série Alba’hian (qui signifie « la première lumière du jour » en langue agni), elle poursuit la réflexion contemplative commencée en 2016 avec Ça va aller, témoignage à fleur de peau sur les attentats terroristes de Grand- Bassam, où elle recouvrait déjà de soie les rives de son enfance. La broderie lui permettra de panser ses plaies et de retisser le lien avec ses souvenirs heureux, « comme pour raccommoder la situation ». Aujourd’hui, la mélancolie est plus sereine, et le textile sculpte toujours les paysages de ses promenades matinales. En résultent des toiles empreintes de rêveries palpables, où s’entrelacent les silhouettes qu’elle y croise. Délicat.
Joana Choumali, Fly Us Back Home (série Alba’hian), 2021
Photographie rebrodée • Courtesy Loft Art, Casablanca.
À voir à Paris Photo (solo show)
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