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5 mouvements artistiques que vous ne connaissiez peut-être pas

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Publié le , mis à jour le
Du romantisme au cubisme en passant par l’impressionnisme, nombreux sont les mouvements à avoir marqué l’histoire de l’art. Mais combien sont, au contraire, tombés dans l’oubli ? Rayonnisme, Arts incohérents, vorticisme… Lumière sur cinq mouvements injustement oubliés.

Romantisme, impressionnisme, cubisme… Si certains mouvements ont fait date, l’histoire de l’art est aussi féconde de courants aujourd’hui tombés dans l’oubli, éclipsés par les révolutions esthétiques d’un Malévitch ou d’un Duchamp, ou tout simplement jugés ringards.

C’est le cas des Arts incohérents qui, du haut de la butte Montmarte, ont préfiguré l’avènement du ready-made au siècle suivant ; des Nazaréens, peintres germaniques vivant d’amour et de prières ; ou encore du vorticisme, réponse des Anglais au cubisme français et au futurisme italien…

Les Arts incohérents, pionniers méconnus des avant-gardes

À gauche une illustration d’Alphonse Allais pour son albun Primo-Avrilesque en 1897. À droite, l’affiche de Jules Chéret pour l’exposition des arts incohérents à Nantes en 1886
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À gauche une illustration d’Alphonse Allais pour son albun Primo-Avrilesque en 1897. À droite, l’affiche de Jules Chéret pour l’exposition des arts incohérents à Nantes en 1886

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© Gusman / Bridgeman Images. DR

Un visage hilare en forme de lune (qui n’est pas sans rappeler le célèbre Voyage dans la Lune de Méliès) dévore à la chaîne des élégants en queue de pie. Signée Jules Chéret, cette affiche de l’Exposition des Arts incohérents donne le ton ! Fondé par l’écrivain Jules Lévy en 1882, ce mouvement artistique héritier de l’esprit joyeusement iconoclaste des Hydropathes a fait du burlesque et de la parodie son crédo. Volontiers impertinents et farceurs, les Arts incohérents ont marqué la fin du XIXe siècle par leur originalité et leur gaîté, qui se sont manifestées dans des expositions dénonçant les mœurs de leur époque, mais aussi dans des bals costumés mémorables. Aujourd’hui tombés dans l’oubli, les artistes de ce mouvement (parmi lesquels figurent Alphonse Allais, Paul Bilhaud ou encore Émile Cohl) ont pourtant, avec leurs facétieux détournements d’objets du quotidien et leurs monochromes, annoncé la révolution des avant-gardes du XXe siècle !

Le rayonnisme, une lumière venue de l’est

Natalia Gontcharova, Rayonnisme, forêt bleu-vert
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Natalia Gontcharova, Rayonnisme, forêt bleu-vert, 1913

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huile sur toile • 54,6 × 49,5 cm • Coll. MoMA, New York • © SuperStock / Aurimages / © Adagp, Paris 2023

Créé au début des années 1910 en Russie par les artistes Mikhaïl Larionov et Natalia Gontcharova, le rayonnisme s’inspire des avant-gardes européennes comme le futurisme et le cubisme. Précurseur de l’abstraction, ce mouvement cherche à traduire en peinture les effets de lumière. Dans son Manifeste du rayonnisme, publié en 1913, Larionov détaille ainsi : « Le rayonnisme est la peinture des chocs et des accouplements des rayons entre les objets. » Sur la toile, le sujet éclate en une multitude de rayons de couleur pure qui s’entrechoquent, donnant au spectateur une prodigieuse impression de mouvement, souvent explosif !

Les Nazaréens, pieux romantiques

Peter von Cornelius, Joseph reconnu par ses frères
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Peter von Cornelius, Joseph reconnu par ses frères, 1816

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fresque • 244 × 298 cm • Coll. Alte Nationalgalerie, Berlin

Au début du XIXe siècle, un groupe de peintres germaniques lassés des enseignements de l’Académie des beaux-arts de Vienne, jugés sans âme, se retire dans un monastère abandonné en Italie. Rapidement, cette bande d’artistes échevelés habillés de longues robes d’inspiration médiévale se voit affublée du surnom de « Nazaréens », en référence aux premiers chrétiens. Il faut dire que leur peinture, qui puise dans l’art primitif de l’Allemagne du XVIe siècle et dans la Renaissance italienne, regorge de sujets religieux, et de madones à l’air mélancolique en particulier. Dissoute en 1817, cette confrérie aux chastes aspirations esthétiques, s’est imposée comme le fer de lance de l’académisme germanique.

Le vorticisme, une avant-garde so british

Wyndham Lewis, Composition
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Wyndham Lewis, Composition, 1913

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encre, aquarelle et crayon sur papier • 34,3 × 26,7 cm • Coll. & © Tate, Londres

En 1913, alors que le cubisme et le futurisme sont en plein essor dans le milieu des avant-gardes, un groupe d’artistes britanniques tente de se démarquer et fondent le vorticisme – un terme inventé par l’écrivain Ezra Pound dans la revue artistique Blast. Dans son manifeste, Wyndham Lewis, figure centrale du mouvement, explique ainsi ses ambitions : « Par Vorticisme, nous entendons : a. L’ACTIVITÉ en opposition à la PASSIVITÉ de bon goût de Picasso ; b. la SIGNIFICATION en opposition au caractère ennuyeux ou anecdotique auquel le naturaliste est condamné ; c. MOUVEMENT ESSENTIEL et ACTIVITÉ (telle l’énergie d’un esprit) en opposition à la technique cinématographique imitative, l’hystérie et les complexifications à outrance des futuristes. ». Préfigurant l’abstraction, les œuvres du vorticisme se caractérisent par un rayonnement de lignes courbes, parfois brisées, qui décrivent sur la toile un mouvement giratoire – une allusion au peintre et sculpteur futuriste Umberto Boccioni, pour qui l’art trouve sa source dans le « vortex » des émotions.

L’Oupeinpo ou l’art de la contrainte

Achyap, Ada Lovelace
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Achyap, Ada Lovelace

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montage d’après la contrainte suivante : ces portraits interprètent sous forme picturale des formules mathématiques qui peuvent paraître mystérieuses au profane, ce à l’aide de divers dictionnaires. Dictionnaire 1 (ab)-(ca)=a(b-c). Dictionnaire 2 (ab)-(ca)=a(b-c) • © Achyap / Oupeinpo

L’Oupeinpo, kesako ? Derrière ce curieux nom, qui sonne comme une contrepèterie, se cache l’Ouvroir de peinture potentielle, un mouvement artistique (bien que ses membres s’en défendent) issu de l’Ou-X-Po. En 1980, ce groupe s’est lancé le défi, dans la lignée de l’Oulipo en littérature, d’imaginer toutes sortes de règles nommées « contraintes », destinées à nourrir et enrichir la créativité des artistes, rangées en deux catégories : les « obligations de moyens » et les « obligations de résultat » discutées lors de réunions mensuelles. « Groupe de travail » plutôt que mouvement à proprement parler, l’Oupeinpo continue aujourd’hui encore d’œuvrer au service des artistes !

Retrouvez dans l’Encyclo : Futurisme

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