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James Ensor en 2 minutes

En bref

Peintre belge appartenant à la mouvance symboliste, souvent présenté comme un précurseur des expressionnistes et du surréalisme, James Ensor (1860 – 1949) est célèbre pour ses carnavals macabres, ses scènes inquiétantes mêlant masques et squelettes. L’artiste est une personnalité inclassable, à la fois fantasque et angoissée, dont les œuvres traduisent un regard plein d’ironie sur le monde. Bien qu’isolé, Ensor a joué un rôle déterminant dans la naissance de la peinture moderne en Belgique.

James Ensor dans son atelier
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James Ensor dans son atelier, 1898

Il a dit

« J’ai donné un style libre, […] reflétant mes mépris, mes joies, mes peines […]. »

Sa vie

Anglais par son père, James Ensor est né dans un milieu bourgeois à Ostende, une ville balnéaire de la région flamande dont sa mère est originaire. Son enfance n’est pas sans histoire : le père de James, souffrant d’addictions, sombre dans l’alcoolisme et la toxicomanie.

D’où vient l’inspiration d’Ensor ? Sans aucun doute de sa mère, qui tenait une boutique de souvenirs et de masques de carnavals à destination des estivants. Plus attiré par le dessin que par les études, il intègre l’Académie des Beaux-arts de Bruxelles en 1877 dont les cours académiques ne satisfont guère son esprit inventif. Il entre en contact avec les membres de l’avant-garde symboliste, Bruxelles étant à cette époque une plaque tournante de cette mouvance dite décadente.

Souvent comparé aux impressionnistes, Ensor est un peintre de la lumière. La ville balnéaire d’Ostende lui offre de multiples occasions de travailler ce sujet. Les nuages notamment le fascinent. L’artiste ne voit pas la lumière comme un simple phénomène atmosphérique, il lui attache un pouvoir mystique. Pour vivre, il réalise également des eaux-fortes, ainsi que des caricatures. Ensor choisit souvent ses modèles parmi ses proches.

L’artiste développe une iconographie symboliste atypique à partir de 1887, après la mort de plusieurs proches : scènes de carnavals macabres, peuple de squelettes, autoportraits inquiétants. En 1888, il peint L’Entrée du Christ à Bruxelles, une toile refusée en 1889 au Salon des XX, un cercle moderne fondé par Octave Maus. Dans cette œuvre ironique, Ensor semble comparer son statut d’artiste incompris à la destinée tragique du Christ.

Ensor a largement développé dans son œuvre le thème de l’autoportrait, mais celui-ci n’est pas toujours flatteur. L’artiste se ridiculise, se fait subir de multiples métamorphoses, s’entoure de pantins fantomatiques. Le peintre était un homme blessé, surtout par la critique. En s’entourant de masques et de squelettes, Ensor semble expier ses angoisses, tout en cherchant à mettre mal à l’aise le public et la critique qui l’ont souvent rejeté. Personnage excentrique, demeuré dans sa ville d’Ostende, il finit par abandonner la peinture et se consacrer à la musique.

Les honneurs lui sont venus sur le tard, dans les années 1930, mais l’artiste semble alors trop aigri pour en jouir. Ensor décède en 1949 dans sa ville natale.

Ses œuvres clés

James Ensor, La Mangeuse d’huîtres
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James Ensor, La Mangeuse d’huîtres, 1882

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Huile sur toile • 207 × 150,5 cm • Coll. Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers

La Mangeuse d’huîtres, 1882

Dans une pièce ensoleillée, la sœur d’Ensor, Mitch, s’apprête à manger une huître. La table est dressée pour eux mais elle est seule. L’ambiance est bourgeoise, et la toile représentative des travaux de jeunesse du peintre. L’œuvre est refusée au Salon d’Anvers en 1882 en raison de son sujet. L’huître (réputée aphrodisiaque et évoquant le sexe féminin) ainsi que le vin ont pu sembler être un repas indécent pour une jeune femme.

James Ensor, L’Entrée du Christ à Bruxelles
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James Ensor, L’Entrée du Christ à Bruxelles, 1888

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Huile sur toile • 258 × 430 cm • Coll. Getty Museum, Los Angeles

L’Entrée du Christ à Bruxelles, 1888

Considérée comme l’œuvre majeure d’Ensor, cette scène représente le peintre sous les traits du Christ (au milieu, la tête largement auréolée) entrant dans la ville de Bruxelles à l’époque contemporaine, en pleine mutation sociale. L’artiste dénonce l’hypocrisie de la bourgeoisie locale et de l’Église catholique, mais aussi tous ceux qui ne reconnaissent pas la modernité de son art. L’artiste apparaît seul au milieu de la foule, comme ignoré de tous.

James Ensor, Autoportrait aux masques
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James Ensor, Autoportrait aux masques, 1899

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Huile sur toile • 120 × 80 cm • Coll. particulière • © Menart Art Museum, Aichi

Autoportrait aux masques, 1899

Ensor se représente au sein d’une myriade de masques plus menaçants et agressifs les uns que les autres. L’artiste pose « à la Rubens », coiffé d’un chapeau à plumes et jetant un regard ironique vers le spectateur. Il ne semble pas effrayé par les visages cauchemardesques qui l’entourent, comme s’il était lui-même un personnage de carnaval… Le thème du masque traduit le sentiment de mensonge et d’injustice, mais aussi la quête insondable de la vérité. Tout au long de sa carrière, l’artiste a réalisé pas moins de 112 autoportraits.

Par • le 14 mars 2020
Retrouvez dans l’Encyclo : Symbolisme James Ensor

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