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Musée d'Orsay

20 000 merveilles sous les mers

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Publié le , mis à jour le
Au XIXe siècle, les fonds marins commencent à faire l’objet de grandes expéditions scientifiques, comme celle du navire Challenger (1872– 1876) dont les découvertes étranges captivent le public. Avec le développement de l’océanographie, la mer n’est plus vue comme une menace de naufrage, mais comme un vivier de trésors inexplorés dont s’emparent écrivains, peintres et artisans avides de formes nouvelles. Une ode à la mer et aux grandes découvertes des profondeurs à découvrir bientôt au musée d’Orsay dans une passionnante exposition sur la fascination du XIXe siècle pour les origines. Extrait de notre numéro hors-série.
Edward Moran, La Vallée dans la mer
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Edward Moran, La Vallée dans la mer, 1862

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Exploration aquatique

Inspirée des découvertes faites lors de l’installation du télégraphe transatlantique, cette vallée corallienne fait sensation à Philadelphie en 1862, et pour cause : il s’agit de la première représentation connue d’un fond marin !

Huile sur toile • 102,9 x 162,6 cm • Coll. Indianapolis Museum of Art, Newfields • Courtesy Indianapolis Museum of Art, Newfields

Alfred Kubin, Die Stunde der Geburt (L’Heure de la naissance)
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Alfred Kubin, Die Stunde der Geburt (L’Heure de la naissance), 1901-1902

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Monstruosités marines

Sombres et difficiles d’accès, les profondeurs, d’où commencent à émerger de curieux spécimens, constituent un monde mystérieux propice aux fantasmes les plus fous.

Encre de Chine, lavis et crachis sur papier • Coll. Hans von Weber Mappe, Dom Museum, Vienne • © Alfred Kubin/ADAGP/Photo akg-images

Illustration tirée de l’ouvrage de Jules Verne, <em>Vingt Mille Lieues sous les mers</em>
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Illustration tirée de l’ouvrage de Jules Verne, Vingt Mille Lieues sous les mers

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Un imaginaire tentaculaire

Illustrées de 111 gravures d’Édouard Riou et Alphonse de Neuville, les fabuleuses aventures du sous-marin Nautilus, narrées par Jules Verne dans son roman Vingt Mille Lieues sous les mers (1869) ancrent durablement dans l’imaginaire collectif l’idée d’un univers obscur et insaisissable, grouillant de calmars géants (dont l’existence ne sera prouvée qu’en 2013), mais aussi de narvals, de sirènes et d’autres créatures légendaires.

Éd. Paris, Hetzel, 1870 • © Patrice Cartier/ Bridgeman images

Léopold et Rudolf Blaschka, Podocoryne carnea
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Léopold et Rudolf Blaschka, Podocoryne carnea, vers 1890

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Beauté filante

Leur beauté ne survivant pas à une conservation dans des bocaux d’alcool, les musées d’Histoire naturelle commandent aux maîtres-verriers allemands Léopold et Rudolf Blaschka, en guise d’outils pédagogiques, des reproductions d’animaux marins plus vrais que nature. Des créations en verre soufflé et filé d’une finesse inouïe, aujourd’hui considérées comme de stupéfiantes œuvres d’art !

Modèle en verre • Coll. musée zoologique, Strasbourg • © Musées de la ville de Strasbourg/M. Bertol

Charles-Alexandre Lesueur, Méduse Chrysaora hysocella
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Charles-Alexandre Lesueur, Méduse Chrysaora hysocella, entre 1804 et 1810

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Médusantes créatures

Parmi les milliers d’invertébrés marins découverts au XIXe siècle, les méduses se révèlent particulièrement fascinantes. Suite à son voyage en terres Australes de 1800 à 1804, l’explorateur Charles-Alexandre Lesueur représente avec une extrême minutie leurs formes translucides et leurs filaments hypnotiques dans des aquarelles naturalistes, dont la grâce aérienne abolit les frontières entre l’art et la science.

Aquarelle sur vélin • Coll. Muséum d’Histoire naturelle, Le Havre • Courtesy Museum d’histoire naturelle, Le Havre

Philip Henry Gosse, Planche II, étude pour Actinologia Britannica : A History of the British Sea Anemones and Corals
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Philip Henry Gosse, Planche II, étude pour Actinologia Britannica : A History of the British Sea Anemones and Corals, 1860

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À la découverte d’abysses inexplorés

Qu’y a-t-il au fond des océans ? Pour découvrir l’étrange beauté de ces zones inaccessibles, le public ne peut compter que sur de talentueux artistes-scientifiques. Passionné par la vie aquatique et co-inventeur de l’aquarium d’eau de mer, le naturaliste britannique Philip Henry Gosse réalise dès les années 1850 de magnifiques illustrations de biologie marine, comme celles de l’Actinologia Britannica (1858), qui révèlent la beauté des coraux et surtout des anémones de mer.

Graphite, aquarelle et gouache sur papier • Coll. Horniman Museum, Londres • © Heini Schneebeli/Photo Bridgeman Images

Philip Henry Gosse, The Diadem Pimplet, planche VI, étude pour Actinologia Britannica : A History of the British Sea Anemones and Corals
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Philip Henry Gosse, The Diadem Pimplet, planche VI, étude pour Actinologia Britannica : A History of the British Sea Anemones and Corals, 1860

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Luxuriant récif

Mesurant entre 1 cm et 2 m de diamètre, ces animaux sans squelette, de formes et de couleurs variées, composent une végétation exotique et ondulante. Fixées comme des ventouses aux rochers, les anémones bordent des gouffres obscurs et tapissent des paysages escarpés, agitant au gré des courants leurs chevelures multicolores…

Graphite, aquarelle et gouache sur papier • Coll. particulière • © Bridgeman Images

Ernst Haeckel, Kunstformen der Natur
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Ernst Haeckel, Kunstformen der Natur, 1904

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Un microorganisme marin pour motif

La nature est une artiste : telle est la devise du biologiste allemand Ernst Haeckel, auteur de l’ouvrage Formes artistiques de la nature (1899) qu’il truffe de minutieuses représentations d’organismes vivants. Membre de l’expédition Challenger, ce darwiniste raffole de la symétrie des radiolaires, étranges micro-organismes marins unicellulaires aux formes géométriques variées, évoquant des fleurs ou des boules hérissées de piquants : des planctons si petits (entre 0,05 et 0,3 mm) qu’ils ne s’observent qu’au microscope !

Planche 1 : Phaeodaria • © Bridgeman Images

Léopold et Rudolf Blaschka, “Lapromitra Schultzei (radiolaire)” (vers 1890) et l’un des quatre lustres radiolaires réalisés par la maison Baguès et installés dans salon d’honneur de l’Institut océanographique de Monaco.
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Léopold et Rudolf Blaschka, “Lapromitra Schultzei (radiolaire)” (vers 1890) et l’un des quatre lustres radiolaires réalisés par la maison Baguès et installés dans salon d’honneur de l’Institut océanographique de Monaco.

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Joyaux piquants

Les superbes dessins d’Ernst Haeckel inspirent l’Art nouveau – notamment les lustres en verre soufflé du Musée océanographique de Monaco – mais aussi les Blaschka, maîtres verriers allemands, dont les radiolaires en verre filé, agrandis à 30 cm de diamètre et assemblés avec de la colle de poisson, se muent en bijoux féériques !

Courtesy Museum d’histoire naturelle, Le Havre. © Institut océanographique de Monaco/Michel Dagnino.

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Les Origines du monde - L’invention de la nature au XIXe siècle

Du 15 décembre 2020 au 18 juillet 2021

m.musee-orsay.fr

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