Fauchés ? Pas de quoi grimacer ! En plus de notre sélection d’expositions gratuites, qui passe par le musée des Beaux-Arts de Calais, le musée Dauphinois à Grenoble ou encore le domaine départemental de Pierresvives à Montpellier, n’oubliez pas de jeter un œil à l’actualité des galeries parisiennes et franciliennes, comme toujours gratuites, comme toujours inventives.
Ce mois-ci, le Paris Gallery Weekend, programmé les 24, 25 et 26 mai prochain, offre l’occasion de les (re)découvrir en nombre, grâce à un riche menu de vernissages, performances, visites guidées, rencontres, et on en passe… L’occasion de faire un tour chez Marcelle Alix à Belleville, chez Templon dans le centre, chez Thaddaeus Ropac à Pantin ou encore chez Jocelyn Wolff à Romainville, entre deux balades au soleil !
Philippe Bazin, Les Adolescents, 1993–1995
Tirage argentique noir & blanc contrecollé sur aluminium • Coll. musée des beaux-arts de Calais • © Philippe Bazin
On l’oublie parfois mais les collections des musées ne cessent de s’enrichir, constamment. Au fil des mois, acquisitions et dons viennent grossir les collections… C’est pourquoi, de temps à autre, les musées consacrent à leur propre richesse une exposition temporaire. C’est le cas en ce moment au musée des Beaux-Arts de Calais, qui a voulu mettre en valeur les œuvres récemment entrées dans ses réserves, notamment grâce à des dons (d’artistes, de collectionneurs, d’Amis du musée…). Pour les réunir, c’est le thème du visage – simple mais efficace – qui a été choisi. Ainsi voisinent les tirailleurs sénégalais peints par le street artiste C215 sur des boîtes aux lettres jaunes, les visages adolescents photographiés par Philippe Bazin (né en 1954) dans les collèges calaisiens, la chanteuse Lio sublime dans l’œil si sophistiqué de Pierre et Gilles (nés en 1950 et 1953), la silhouette translucide d’un supporter peint à l’aquarelle par Françoise Pétrovitch (née en 1964)… Autant de regards dans lesquels plonger le sien, pour de poignants face-à-face.
Quels beaux visages !
Du 20 avril 2024 au 3 novembre 2024
Musée des Beaux-Arts de Calais • 25 Rue Richelieu • 62100 Calais
mba.calais.fr
Lars Fredrikson, Écriture subversive, 1968
Photographie • Coll. particulière • Courtesy Lars Fredrikson Estate & Galerie In Situ Fabienne Leclerc, Grand Paris
Il était un peu joueur, un peu ingénieur, totalement savant fou – mais artiste, surtout. Lars Fredrikson (1926–1997) a réalisé des sculptures à l’explosif sur une plage, sculpté la lumière dansante, réalisé des dessins avec des machines à fax, martelé de grands panneaux d’acier inoxydable pour mieux travestir la réalité qui s’y reflète. Voyageur, l’homme a été successivement chercheur pour l’armée suédoise, ingénieur radio, plasticien expatrié de sa Suède natale en Provence, professeur à la Villa Arson de Nice. Ses recherches ont nourri l’art cinétique et revivent aujourd’hui dans l’écrin de l’Institut suédois à Paris, qui remet l’artiste au goût du goût en le faisant dialoguer avec deux artistes contemporaines : Christine Ödlund (née en 1963), qui fait pousser des orties en musique dans le jardin de l’Institut, et Anastasia Ax (née en 1979), qui a provoqué une rencontre étonnante entre des feuilles miroitantes et de l’encre, répondant parfaitement à l’univers de Fredrikson.
Suivre les ondes : Lars Fredrikson en résonance avec Anastasia Ax et Christine Ödlund
Du 8 mars 2024 au 16 juin 2024
Institut suédois • 11 Rue Payenne • 75003 Paris
paris.si.se
Felix Blume, L’Essaim, 2021
Installation sonore, hauts parleurs • Coll. particulière • © Felix Blume
La nature a le vent en poupe ! Muse des artistes depuis la nuit de temps mais plus particulièrement depuis qu’elle est menacée par l’Homme, elle est au centre de la nouvelle exposition de l’Espace multimédia Gantner à Bourogne (Territoire de Belfort), qui offre de porter sur elle un regard enrichi. Car ici, les artistes réunis ont pour point commun un usage gourmand de la technologie, utilisée pour transmettre des sensations inédites liées au vivant. C’est l’installation sonore de l’artiste et ingénieur du son Félix Blume (né en 1984) qui donne à entendre 250 abeilles en vol et tâche de traduire leur fragilité, ou les montagnes suisses du Grand Cor, évanescentes dans l’œil d’une caméra à vent bricolée par Rémy Bender (né en 1988). Ce sont aussi les animaux saisis de nuit, par surprise, par la caméra-piège d’Anne Zimmermann (née en 1973), dans le parc zoologique et botanique de Mulhouse, l’artiste tâchant de se placer à leur hauteur. Pour mieux affirmer sa place de vivante parmi les vivants, sans hiérarchie.
Dans la nature...
Du 12 avril 2024 au 13 juillet 2024
www.espacemultimediagantner.cg90.net
Espace multimédia Gantner • 1 Rue de la Varonne • 90140 Bourogne
www.espacemultimediagantner.cg90.net
Jacques Henri Lartigues, Florette, Megève, 1965
Photographie argentique • Coll. archives des Monuments historiques et de l’Archéologie / Patrimoine photographique de l’État • J. H. Lartigue © Ministère de la Culture (France), MPP-AAJHL
La goutte au nez, les lèvres gercées, la vieille doudoune démodée ressortie du placard… À ces accessoires traditionnels de la montagne en hiver, Jacques Henri Lartigue (1894–1986) a toujours préféré le style ultra-chic de ses acolytes fortunés. Bottes en fourrure, pantalons fuseaux, maquillage impeccable, rien n’est laissé au hasard dans l’allure étudiée de ces modeux à skis. Le photographe autodidacte, qui a grandi et s’est construit dans un milieu très privilégié, a aimé promener son œil dans les luxueuses stations de Saint-Moritz et de Megève, où la nature disciplinée accueillait encore sans gémir les mondains sportifs. À Grenoble, le musée Dauphinois réunit ces clichés d’une autre époque qui racontent à la fois un sens du style indéniable et jouissif, mais aussi un rapport au paysage comme une ressource de loisirs. D’ici quelques décennies, quand il sera devenu définitivement impossible de faire du ski, ou même d’apercevoir de la neige en montagne, parions que ces images se teinteront d’une saveur bien plus amère…
Styles & Cimes. Photographies de Jacques-Henri Lartigue
Du 12 avril 2024 au 6 janvier 2025
Musée dauphinois • 30 Rue Maurice Gignoux • 38000 Grenoble
musees.isere.fr
Les artistes Lek & Sowat ont investi la galerie d’exposition de Pierresvives conçue par l’architecte Zaha Hadid à Montpellier, dans le cadre de leur exposition « In retrospect »
© Domaine du Département Pierrevives / Photo Lina Barthe
Ils se sont rencontrés il y a quatorze ans : Frédéric Malek (Lek ; né en 1971) et Mathieu Kendrick (Sowat ; né en 1978) sont depuis devenus un duo incontournable de l’art urbain français. Leur style : des compositions ultra-rythmées de formes géométriques, parfois pointues, en angles aigus, ou tubulaires et extravagantes. Tout-terrain, leur art s’est déjà emparé des verrières de la piscine Molitor, du mur du Pavillon Carré de Baudouin, du Palais de Tokyo, d’un tunnelier aux dimensions monumentales… À Montpellier, le domaine départemental de Pierresvives fait le point sur plus d’une décennie d’explorations, exposant aussi bien quelques-unes de leurs œuvres (dont certaines réalisées sur place) que leurs accessoires fétiches (bombes, pin’s, casque de musique), des photographies de leurs fresques les plus folles, des films documentaires… Bref, une rétrospective digne de ce nom, pour un duo qui a encore de belles et longues années de peinture devant lui.
Lek & Sowat. In retrospect
Du 29 mars 2024 au 27 juillet 2024
Domaine départemental Pierresvives de Montpellier • 907 Rue du Professeur Blayac • 34080 Montpellier
pierresvives.herault.fr
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