SÉLECTION

5 expos gratuites qui fleurissent au mois d’avril

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Publié le , mis à jour le
Radieux, ce printemps l’est déjà, mais le sera d’autant plus avec quelques belles expositions à voir durant tout le mois d’avril, qui plus est gratuitement. La preuve avec cette nouvelle sélection, qui va des peintures d’Henri Regnault aux aquarelles de Makiko Furuichi, et passent par des explorations textiles et sculpturales.

Un grand artiste fauché en pleine jeunesse, des aquarelles hantées de folklore et de magie, un sculpteur cubain dont on redécouvre la virtuosité poétique, un éloge des possibles de l’art textile

Dans cette nouvelle sélection d’expositions gratuites, qui va du XIXe siècle à l’art d’aujourd’hui, l’éclectisme et la réinvention sont de mise. Et vont de pair avec un printemps plus que jamais ouvert à la créativité. En route !

Au musée des Avelines à Saint-Cloud, la comète Henri Regnault

Henri Regnault, Orphée aux enfers
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Henri Regnault, Orphée aux enfers, 1865

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Huile sur toile • 117,5 × 146,5 cm • Coll. musée des Beaux-Arts, Calais • © Musée des Beaux-Arts de Calais / F. Kleinefenn

Il est mort à 27 ans. Atteint par une balle prussienne durant la bataille de Buzenval, Henri Regnault (1843–1871) était un jeune peintre prometteur, tout juste fiancé. Ce printemps, le musée des Avelines à Saint-Cloud met en lumière un artiste estimé de ses pairs, dont la mort a inspiré une toile poignante à son ami Carolus-Duran (Henri Regnault mort au champ de bataille, 1871), également présent dans l’exposition avec quelques-uns de leurs contemporains. Ancien élève du lycée Henri IV, Henri Regnault se forme aux côtés de Louis Lamothe puis d’Alexandre Cabanel. Il remporte le prix de Rome en 1866 grâce à sa toile Thétis apportant à Achille les armes forgées par Vulcain, ce qui lui permet de partir pour la Villa Médicis et, de là, de multiplier les voyages. Salué au salon de 1870, il attire aussi l’attention de Théophile Gautier, qui écrit : « Il est original sans effort, parce qu’il est lui-même. » À redécouvrir.

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Henri Regnault (1843-1871). Le sabre et le pinceau

Du 3 avril 2025 au 13 juillet 2025

www.musee-saintcloud.fr

À la fondation Francès à Clichy, la vie contemporaine en question

Bilal Hamdad, L’horizon
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Bilal Hamdad, L’horizon, 2023

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Huile sur toile • 160 × 200 cm • Courtesy Bilal Hamdad

Le décoratif ? Très peu pour eux. Collectionneurs, Estelle et Hervé Francès ont ouvert leur fondation en 2009 à Senlis, et concentrent depuis leurs acquisitions et leurs expositions sur « des œuvres que l’on n’oublie pas », et ce « même si elles dérangent, choquent, provoquent le débat », comme ils l’expliquent bien volontiers. Pour leur nouvelle exposition à Clichy, ils mettent l’accent sur l’art comme une « blessure ouverte » et réunissent des œuvres puissantes. Comme une Pieta (2012) mi-animale mi-fantomatique de Stéphane Pencréac’h, le portrait d’un jeune garçon absorbé par sa console de jeu sculpté par Aaron Young (Untitled, 2011) ou un Horizon (2023) funèbre peint par Bilal Hamdad, figurant deux corps de migrants flottant sur l’eau noire…

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La vie est une plaie dont je ne me défais pas

Du 5 avril 2025 au 19 juillet 2025

www.fondationfrances.com

À la galerie Mitterand, les sculptures d’Agustín Cárdenas

Vue de l’exposition « La mémoire du futur » d’Agustín Cárdenas à la galerie Mitterand, Paris, 2025
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Vue de l’exposition « La mémoire du futur » d’Agustín Cárdenas à la galerie Mitterand, Paris, 2025

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Courtesy Mitterrand, Paris / Photo Aurélien Mole

Il fait partie des artistes mis en lumière par la grande exposition « Paris noir » au Centre Pompidou : né à Cuba, Agustín Cárdenas (1927–2001) a d’abord étudié aux beaux-arts de La Havane avant de recevoir une bourse pour travailler à Paris, où il rejoint le mouvement surréaliste. Reconnu et salué de son vivant, l’artiste travaille le bronze ou le bois, qu’il patine et peint, et trace un sillon entre figuration et abstraction, ses formes élancées, énigmatiques, étant souvent éclairées d’un titre concret ou poétique, Couple antillais (1957), La vierge à l’enfant (1956), Mon ombre après minuit (1963). « Cárdenas est notre santé, disait Édouard Glissant. Le marbre qu’il a écumé s’enracine dans l’air. Le bronze qu’il a projeté sue un sang nouveau. » Une belle exposition monographique, complément du très copieux « Paris noir », à voir à cinq minutes à pied du Centre Pompidou.

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Agustín Cárdenas. La mémoire du futur

Du 2 avril 2025 au 29 mai 2025

mitterrand.com

À la galerie des Ateliers de Paris, le fil éblouit

Aurélie Mathigot, Série J’adore me perdre au musée (détail)
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Aurélie Mathigot, Série J’adore me perdre au musée (détail), 2018–2019

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Photographies brodées sur toile de peintre, broderies fils et broderies perles • 130 × 97 cm • © Aurélie Mathigot / Photo Matthieu Gauchet

On n’a pas fini d’être étonné par les possibles de l’art textile. Cousus, brodés, sculptés, assemblés, le fil et le tissu sont au cœur de cette exposition du Bureau du design, de la mode et des métiers d’art réunissant 16 créateurs à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art, dans le 12e arrondissement de Paris. Qu’y voit-on ? Des portraits picturaux de la plasticienne Aurélie Mathigot, un fin travail de la maille chez la jeune créatrice diplômée de l’Institut français de la mode Emilie Luc-Duc, une tapisserie noire et blanche tout en formes géométriques signée Hanako Stubbe, un abri en panneaux duveteux créé par Jeanne Goutelle, un sublime paysage souple de Morgane Baroghel-Crucq… Entre art et design, un panorama stimulant.

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Fils et filiations

Du 27 mars 2025 au 28 mai 2025

www.paris.fr

À la galerie des Filles du calvaire, les aquarelles oniriques de Makiko Furuichi

Vue de l’exposition « Plus un oiseau qu’un ange » de Makiko Furuichi à la galerie Les filles du calvaire, Paris, 2025
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Vue de l’exposition « Plus un oiseau qu’un ange » de Makiko Furuichi à la galerie Les filles du calvaire, Paris, 2025

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© Nicolas Brasseur

Parti de la feuille, le pinceau s’échappe du cadre. Il court sur le mur, se laisse glisser sur d’immenses pans de tissu, qui montent jusqu’au plafond et invitent dans l’espace une installation à échelle architecturale. Pour son exposition à la galerie des Filles du calvaire, la peintre Makiko Furuichi (née en 1987) a imaginé une série d’œuvres autour de la figure folklorique du  yōkai  japonais, et donne naissance à de sublimes êtres d’aquarelles, entre animaux, humains et créatures mythologiques. Dans ce conte aux couleurs délavées et aux contours ondulants, n’émerge aucune certitude mais des songes, qui flottent et hypnotisent. Un très beau travail.

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Makiko Furuichi. Plus un oiseau qu'un ange

Du 27 mars 2025 au 10 mai 2025

www.fillesducalvaire.com

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