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LE TOPO

Alexandre Cabanel en 2 minutes

En bref

Incarnation de la perfection académique du XIXe siècle, coloriste délicat et dessinateur habile, Alexandre Cabanel (1823–1889) est un grand représentant de cet art que l’on dit « pompier ». Coqueluche du Second Empire, son parcours dit assez sa réussite officielle : chevalier de la Légion d’honneur en 1855, membre de l’Académie des beaux-arts en 1863, professeur et chef d’atelier à l’École des beaux-arts en 1864, dix-sept fois membre du jury du Salon entre 1868 et 1888. L’artiste est mondialement connu pour sa Naissance de Vénus, qui fut si souvent opposée à l’Olympia de Manet, la première illustrant l’esthétique académique et la seconde l’école moderne.

Alexandre Cabanel, Autoportrait
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Alexandre Cabanel, Autoportrait, 1852

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huile sur toile • Musée Fabre, Montpellier • Photo Wikimedia Commons

Il a dit

« Rien n’égale la satisfaction que l’on éprouve à voir enfin réussie une œuvre bien à soi, une œuvre qui est la moelle de vos os, l’essence de votre cœur, une véritable création en un mot… »

Sa vie

Un montpelliérain d’origine modeste

Né à Montpellier, Alexandre Cabanel est le fils d’un modeste fabricant de meubles. Ses parents ne s’opposent nullement à son désir de devenir peintre, et le jeune garçon entre à l’École des beaux-arts de la ville. Dès l’âge de 13 ans, il montre un talent supérieur, notamment dans l’art du dessin. Distingué lors d’un concours public, il obtient un soutien financier pour se rendre à Paris à l’âge de 15 ans. L’un de ses frères aînés l’accompagne, en raison de son jeune âge. Alexandre Cabanel s’inscrit dans la classe de Picot aux Beaux-Arts de Paris, et fait ses preuves jusqu’à l’obtention d’un second prix de Rome, consécration de l’enseignement académique qui lui permet de rejoindre la ville italienne.

Face à face avec les maîtres à Rome

Installé à la villa Médicis, Cabanel passe des années studieuses, admirant Raphaël et Titien. L’artiste est pétri de grandes ambitions et entreprend la réalisation de La Mort de Moïse (1850–1851), dont l’exécution le fait passer par des moments de profond doute et de grande exaltation. L’œuvre représente son envoi de dernière année, et lui assure un grand succès à Paris.

La coqueluche du Tout-Paris

Les commandes commencent à affluer, d’abord pour une série de peintures décoratives pour l’Hôtel de Ville de Paris, puis pour le Panthéon ou l’hôtel de la Païva, célèbre courtisane. L’artiste se livre en effet à divers genres, de la peinture religieuse à la peinture profane. Cabanel est aussi très recherché comme portraitiste, à tel point que les commanditaires doivent s’inscrire sur une liste d’attente.

Un portraitiste flatteur

L’artiste est un exposant fidèle du Salon officiel, où ses commanditaires aiment justement à retrouver leur visage exposé au Tout-Paris. Ses portraits, de femmes du monde en particulier, sont délicats, parfois sévères, toujours distingués. L’artiste atténue les effets du vieillissement, rend admirable les mains et les carnations de ses modèles.

Sa Vénus honnie par les modernes, adorée par l’Empereur

Au Salon de 1863, l’artiste produit un coup d’éclat en exposant La Naissance de Vénus, qui lui attire les foudres des critiques modernistes (Joris-Karl Huysmans, Émile Zola…). D’aucuns le qualifient de « Raphaël d’Épinal », lui reprochant de chercher à plaire plutôt qu’à innover. Mais l’œuvre est très goûtée par l’Empereur, qui l’acquiert pour sa collection personnelle. Les toiles de Cabanel sont très bien diffusées grâce à un contrat qu’il signe avec la maison Goupil.

La tradition du beau idéal

Cabanel est un opposant farouche à toute l’école moderne, en particulier les réalistes et les impressionnistes. Étant professeur à l’École des beaux-arts, il forme de très nombreux artistes dans la tradition académique, respectueuse de l’idéal, de la bienséance, de la distinction. Onze grands prix de Rome sortent de son atelier.

Une figure de Montpellier

Le peintre meurt en 1889 à Paris, mais sa dépouille est transférée dans sa ville natale, et repose au cimetière Saint-Lazare. Son tombeau est réalisé par l’architecte Jean Camille Formigé, orné d’une sculpture d’Antonin Mercié. En 2010, le musée Fabre à Montpellier organise une vaste rétrospective, « Alexandre Cabanel, la tradition du beau », qui réévalue son œuvre notamment à l’aune de son influence sur le cinéma hollywoodien.

Ses œuvres clés

Alexandre Cabanel, La naissance de Vénus
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Alexandre Cabanel, La naissance de Vénus, 1863

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Huile sur toile • 130 x 225 cm • Musée d'Orsay, Paris • Artvee

La Naissance de Vénus, 1863

Vénus naissante des flots de la mer, à l’érotisme diffus mais respectable pour la morale publique, cette œuvre de Cabanel est diversement appréciée par la critique du Salon de 1863. Théophile Gautier la trouve fraîche et jolie, tout comme Paul de Saint-Victor. Mais Émile Zola ne voit en elle qu’une fille ordinaire travestie sous les artifices de la mythologie. Bien que nue, elle reste pudique et ignorante de sa nudité, tout l’inverse de sa « rivale », l’Olympia de Manet.

Alexandre Cabanel, Portrait de Napoléon III
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Alexandre Cabanel, Portrait de Napoléon III, 1865

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Huile sur toile • 230 × 171 cm • Château de Compiègne • Artvee

Portrait de Napoléon III, 1865

Artiste favori de l’Empereur, Cabanel le représente ici en pied, dans le cadre luxueux du palais des Tuileries. Derrière lui, figurent le manteau d’hermine, la couronne impériale et la main de justice qui soulignent la continuité de la royauté française. Napoléon III porte un habit noir, barré du grand cordon de la Légion d’honneur. Cette effigie très solennelle et pleine de dignité représente l’Empereur comme un homme de son temps. Il s’agit du dernier portrait officiel de l’Empereur.

Alexandre Cabanel, La Comtesse De Keller
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Alexandre Cabanel, La Comtesse De Keller, 1873

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huile sur toile • 99 × 77 cm • Musée d’Orsay, Paris • Photo Wikimedia Commons

Portrait de la comtesse de Keller, 1873

Voici le portrait d’une célèbre femme du monde, le teint diaphane, les épaules découvertes, prête pour assister à un bal mondain ou à une soirée au théâtre. Richement vêtue, parée, elle regarde le peintre d’un air mélancolique et distingué. L’artiste était réputé pour sa science des carnations, sa capacité à représenter la finesse des mains et des visages de ses modèles. Très à la mode, il est adulé par la haute société du Second Empire.

Par • le 13 février 2023
Retrouvez dans l’Encyclo : Peinture académique Alexandre Cabanel

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