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100 % L’Expo

6 jeunes diplômés d’écoles d’art talentueux, à découvrir absolument à la Villette !

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Publié le , mis à jour le
Amateurs de talents bruts, à vos agendas ! La Grande Halle de La Villette héberge la sixième édition de 100 % L’Expo, soit la réunion d’une cinquantaine de (très) jeunes artistes fraîchement diplômés des plus grandes écoles d’art françaises. Peinture, photographie, sculpture, installation… Tous s’en donnent à cœur joie, et présentent chacun un projet d’envergure. Avant-goût, en six coups de cœur.

Ils ont suivi les cours des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire, de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, des Beaux-Arts de Marseille, de l’École des Arts Décoratifs, des Beaux-Arts de Paris ou encore de la Villa Arson de Nice. Récemment diplômés, ils sont partis à la conquête du monde de l’art

Étape devenue incontournable dans une jeune carrière, «  100 % L’Expo » représente pour chacun l’une des premières occasions de montrer à un large public une œuvre, une série, un projet, d’occuper plusieurs mètres carrés, plusieurs murs voire une pièce entière. Pour les visiteurs, c’est donc le moment de repérer au berceau les talents de demain ! Et si certains, comme Park Chae Dalle, nous avait déjà tapé dans l’œil auparavant, d’autres nous ont plu pour leur audace, leur sensibilité, leur démesure, leur sensualité. Suivez le guide.

Héloïse Farago, médiéval.e

Vue de l’oeuvre « Arbre Généalogique » d’Héloïse Farago à l’exposition « 100% Expo » à la Grande Halle de la Villette à Paris, 2024
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Vue de l’oeuvre « Arbre Généalogique » d’Héloïse Farago à l’exposition « 100% Expo » à la Grande Halle de la Villette à Paris, 2024

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© Photo Florent Michel – Agence 11h45

Son projet domine de sa hauteur la nef de la Grande Halle de La Villette : ambitieuse, Héloïse Farago (née en 1997) a créé pour « 100% L’Expo » un immense dessin à l’application enfantine, déclinaison au feutre de l’emblématique tapisserie de La Dame à la licorne (1484–1538). Fascinée par le Moyen Âge dont elle reprend les codes à sa façon, l’artiste a en commun avec sa comparse Mélina Ghorafi [voir plus bas] son école (la Villa Arson) et son envie de réécrire au féminin des histoires jusqu’ici dominées par le fameux « male gaze » (ou regard masculin). Un projet typique de l’époque, certes, mais royalement exécuté par cette touche-à-tout qui expose donc un dessin, mais aussi des céramiques et surtout un film de 17 minutes hilarant, libre adaptation médiévale et queer du Voyage sans fin (1985) de l’autrice lesbienne Monique Wittig.

Daria Svertilova, impressionnante photographe venue d’Ukraine

Daria Svertilova, Série « Maisons Éphémères »
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Daria Svertilova, Série « Maisons Éphémères », 2023

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Photographie • Coll. particulière • © Daria Svertilova / ENSAD / Courtesy 100% L’Expo La Villette

Récemment exposée au Hangar, centre d’art dédié à la photographie à Bruxelles, la jeune Daria Svertilova (née en 1996) interpelle immédiatement le visiteur à l’entrée de la Grande Halle. Son travail occupe deux murs, l’un couvert de portraits et de natures mortes, l’autre empli d’une seule photographie, celle d’un bâtiment gris, surréaliste dans ses proportions dantesques. L’ensemble fait partie d’une seule et même série, réalisée entre 2019 et 2023, qui raconte l’histoire des résidences étudiantes, devenues les seuls logements sociaux disponibles en Ukraine, son pays natal. L’artiste, qui vit désormais entre Paris et Kiev, opère ici un zoom dans ces chambres où la vie se niche dans des objets, des amitiés, des cigarettes, des solitudes. Extrêmement sensible.

Marcelle Germaine : un journal intime en cellophane

Vue de l’œuvre « Remembering is Work » de Marcelle Germaine (2024) lors de l’exposition des Alumni à la Villa Arson à Nice
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Vue de l’œuvre « Remembering is Work » de Marcelle Germaine (2024) lors de l’exposition des Alumni à la Villa Arson à Nice, 2024

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© Marcelle Germaine / Villa Arson / Courtesy 100% L’Expo La Villette

« Si je ne suis pas tendre avec mon art et avec moi, qui le sera ? » Inscrite sur un post-it violet, cette petite phrase qui opère comme un mantra fait partie des nombreux extraits de journaux intimes et autres micro-formats textuels insérés par Marcelle Germaine (née en 1996 et diplômée en 2021 de la Villa Arson) dans son installation, une cabine tendue de cellophane. On y pénètre comme dans un cerveau en panorama, pour y lire ses pensées, décrypter ses errances, et y entendre des enregistrements de conversations. Une intéressante invitation à découvrir un peu des questionnements qui traversent une jeune artiste d’aujourd’hui, entre écriture intime et matériaux industriels.

Mélina Ghorafi : réécrire les chansons paillardes

Mélina Ghorafi, Les Mirlitons, Les Bouchées à la reine ou Pamela Sweet Agony
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Mélina Ghorafi, Les Mirlitons, Les Bouchées à la reine ou Pamela Sweet Agony, 2022

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Technique mixte • Coll. particulière • © Mélina Ghorafi / Villa Arson / Courtesy 100% L’Expo La Villette

Innocentes, les chansons paillardes entonnées par les âmes ivres au cœur de la nuit ? Pas si sûr ! Militante convaincue que le sexisme se chasse jusque dans la culture populaire, Mélina Ghorafi (née en 1995) – qui a organisé en 2020 un workshop visant à « définir une façon de se réapproprier la misogynie et sa violence » dans son propre appartement ! – donne ici à écouter des chansons paillardes et galantes traditionnelles… Mais réécrites et conjuguées au mode lesbien. Les visiteurs sont invités à passer un casque sur leurs oreilles pour danser au son de ces chansons revisitées, et associées à des couvertures de romans lesbiens américains apposées sur des boîtes d’allumettes. Pas de doute, cette artiste a les armes pour mettre le feu aux poudres !

La fascinante orchidée d’Anastasia Simonin et Kazuo Marsden

Vue de l’œuvre « Good Heavens (What Insect Can Suck It) » de Anastasia Simonin & Kazuo Marsden (2022), montrée lors de l’exposition « Murmurations – Volet 2 » à la Friche de belle mai à Marseille
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Vue de l’œuvre « Good Heavens (What Insect Can Suck It) » de Anastasia Simonin & Kazuo Marsden (2022), montrée lors de l’exposition « Murmurations – Volet 2 » à la Friche de belle mai à Marseille

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© Kazuo Marsden / INSEAMM / Courtesy 100% L’Expo La Villette

Duo installé à Marseille, Anastasia Simonin et Kazuo Marsden (nés en 1996 et 1995) sont ensemble les auteurs d’un ultra-sensuel projet floral. D’abord, les visiteurs s’installent sur un banc, où sont mises à disposition de petites sculptures en bois. Là, chacun est invité à toucher, soupeser, caresser, manipuler ces jouets quasi-sexuels, représentations en trois dimensions d’une orchidée ; face au banc, une vidéo joue de zooms et de flous pour faire pénétrer le regard dans ladite fleur… Et ainsi s’approprier l’expérience d’une abeille venue butiner le pollen tant désiré. Captivant ! À cela s’ajoute une autre installation sculpturale et sonore, où un refrain bien connu de Madonna (« Give yourself to me ») répété en boucle achève d’envelopper le visiteur d’une aura de séduction. Canon.

Berenice Vargas Bravo, prometteuse peintre mexicaine

Bérénice Vargas Bravo, La Pesca
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Bérénice Vargas Bravo, La Pesca, 2023

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Acrylique et huile sur toile • 230 × 180 cm • Coll. particulière • © Bérénice Vargas Bravo / Courtesy 100% L’Expo La Villette

Née en 1998 à Mexico City, Berenice Vargas Bravo a été diplômée l’année dernière des Beaux-Arts de Nantes Saint-Nazaire et montre ici deux impressionnantes peintures de grand format. Son sujet ? La violence, qu’elle aborde de façon détournée et joueuse. Par exemple, en représentant un homme et une femme à la peau rouge, figés dans une pose combattive mais enfermés dans des filets, coincés, l’un comme l’autre à deux doigts de la défaite. Énigmatiques, expressionnistes, évoquant la liberté théâtrale d’une Paula Rego aussi bien que les couleurs vives et les mines outrées d’un Yue Minjun, ses peintures jouent d’attraction et de répulsion, d’ombre et de lumière. À suivre de près !

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100 % L'expo 2024

Du 27 mars 2024 au 28 avril 2024

lavillette.com

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