Nils Schillmark, Nature morte à la bougie, 1795-1797
huile sur toile • Ateneum, Helsinki • © Photo Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen
Richard Hall, Odalisque, 1883
Paradis artificiels
Alanguie sur de moelleux coussins dans le plus simple appareil, chaussée seulement de ballerines, elle affiche un sourire béat, les yeux dans le vague. Ivre de la félicité que procurent les paradis artificiels, l’Odalisque de Richard Hall (1903–1982), artiste finlandais ayant fait carrière en France, aux États-Unis et en Argentine, offre sa nudité au spectateur avec sensualité et sans pudeur.
Huile sur toile • Ateneum, Helsinki • © Finnish National Gallery / Jenni Nurminen
Akseli Gallen-Kallela, Lost, 1886
Accouchement tragique
Gloire nationale, le plus célèbre des peintres finlandais, Akseli Gallen-Kallela (1865–1931), connu pour ses scènes rurales réalistes et ses envolées néo-romantiques, parvient à représenter en une image le récit glaçant d’une tragédie. Celle d’une jeune fille du peuple épuisée, perdue, les yeux cernés, qui a dû accoucher clandestinement dans la forêt. Encore sous le choc, elle tient fermement le petit baluchon contenant le souvenir de ce qui n’est plus.
huile sur toile • Ateneum, Helsinki • © Photo Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen
Eero Järnefelt, Under the Yoke (Burning the Brushwood), 1893
Visage du monde paysan
Le visage sali par la suie, avec ses chaussures de fortune et ses vêtements déchirés, la jeune adolescente interpelle le spectateur de son air triste et résigné. Elle fait de lui le témoin des très rudes conditions de vie du monde paysan. Impossible de ne pas être touché par cette œuvre, la plus célèbre de Järnefelt (1863–1937), peinte à Lapinlahti (région de la Savonie du Nord) où la technique du brûlage dirigé était encore pratiquée.
Huile sur toile • Ateneum, Helsinki • © Photo Finnish National Gallery / Yehia Eweis
Magnus Enckell, Tête (Bruno Aspelin), 1894
Portrait intemporel
Un visage perdu dans la profondeur de la matière picturale. Du noir pour dire l’infini, un horizon nocturne à peine lumineux. Et ce rouge cramoisi qui laisse deviner les coups de pinceaux ayant absorbé tout le corps. Dans une veine encore symboliste Magnus Enckell (1870–1925), qui créera plus tard en Finlande le Groupe Septem sous la coupe de l’impressionnisme et du néo-impressionnisme, immortalise dans ce portrait intemporel son ami artiste Bruno Aspelin.
Huile sur toile • Ateneum, Helsinki • © Photo Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen
Juhani Linnovaara, Nature morte, 1955
Tableau-rébus
Ce pourrait être une énigme visuelle, un rébus né de l’esprit malicieux d’un artiste un brin excentrique : Juhani Linnovaara (1934–2022). La composition savamment déconstruite de cette nature morte vient titiller l’œil et l’esprit, créant des associations d’idées incongrues entre l’oiseau assassiné d’une balle dans le cou suspendu à un fil, la partition de musique et la trompette, un coquetier séparé de sa coquille d’œuf, un quartier de pomme entamé, des branches de bois, le vase ébréché et son bouquet de fleur des champs… À chacun de raconter son histoire.
Huile sur toile • Ateneum, Helsinki • © Photo Finnish National Gallery / Hannu Pakarinen
Kimmo Kaivanto, The Globe, 1968
La Terre est molle
Il est tout dégonflé d’avoir trop servi. Il y a un demi-siècle déjà le globe de Kimmo Kaivanto (1932–2012), artiste influent qui représenta la Finlande à la Biennale de Venise cette même année, mettait en lumière la fragilité de notre Terre. Et cela, par la grâce d’une sculpture de plâtre évoquant une forme molle, striée de lignes tout en longitudes et latitudes.
platre • Ateneum, Helsinki • © Photo Finnish National Gallery / Hannu Aaltonen
Reidar Särestöniemi, Redbearded moor, 1970
Brûlante Laponie
Lumineuse et incandescente, elle attire à elle tous les regards. Dans ce paysage abstrait fait de rouges – vermillon, cardinal, sang, ocre, rose -, l’artiste finlandais Reidar Särestöniemi (1925–1981), originaire de Laponie, fait exploser les couleurs vives dans une étendue sauvage digne des soleils de minuit et des aurores boréales de sa terre natale. Le tableau porte les marques du geste créateur et le tempérament bouillonnant de son auteur.
Ateneum, Helsinki • © Finnish National Gallery Ateneum Art Museum. Photo Finnish National Gallery Hannu Pakarinen
Toni R. Toivonen, Giving birth and dying still, 2016
Décomposition abstraite
Cette forme organique torturée a été créée par le jeune Toni R. Toivonen (né en 1987) en usant de véritable sang animal. De prime abord séduisante avec ses reflets sur laiton doré, l’œuvre de grand format montre, à bien y regarder, le corps d’un animal mort en décomposition. L’artiste s’intéresse à l’ambivalence de la représentation, la dualité de la vie, indissociable de la mort.
Matière organique animal, laiton • Ateneum, Helsinki • © Finnish National Gallery Museum Of Contemporary Art Kiasma. Picture Finnish National Gallery Petri
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Un instant suspendu
Déployés ainsi dans le silence et la blancheur d’un intérieur finlandais, les ustensiles du fumeur de pipe font d’une banale table un autel dédié aux rituels du quotidien. D’une grande minutie – du reflet de la pièce dans la carafe d’eau à la flamme fragile de la bougie en passant par la pliure du sachet de tabac – cet artiste virtuose de la nature morte (1745–1804) parvient à évoquer un moment suspendu dans le temps.