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Vue de l’exposition “Deborah Roberts and Niki de Saint Phalle : The Conversation Continues” à la Galerie Mitterrand, Paris
© Aurélien Mole
« Nous utilisons toutes les deux notre travail comme une arme pour combattre le racisme et le sexisme. » Ainsi l’artiste Deborah Roberts (née en 1962), qui se définit comme une activiste, clarifie-t-elle le lien qui l’unit à Niki de Saint Phalle. Orchestrée à la galerie Mitterrand à travers une quinzaine d’œuvres, cette rencontre inédite n’est pas seulement évidente en raison des couleurs et des formes exubérantes employées par les deux femmes. Marquée par le mouvement Black Lives Matter, l’artiste venue du Texas – et peu vue en France – souhaite, selon ses mots, « donner du pouvoir à tous ceux qui ont besoin d’être écoutés, regardés et reconnus dans la société ».
Ainsi les Nanas de Niki de Saint Phalle engagent une conversation silencieuse avec une joyeuse troupe d’enfants tout droit sortie de l’imagination de Deborah Roberts, et qui prend corps grâce à différentes photos glanées sur des banques d’images puis assemblées. « Je cherche des visages, un sourire… Ensuite je passe au découpage, c’est ma partie préférée ! », nous détaille-t-elle. De leurs yeux rieurs, interrogatifs ou inquiets, les bambins observent ces drôles de dames sans visage. La Nana Patineuse est noire, comme eux. Dans son œuvre sur papier California Diary (Black is Different), Niki de Saint Phalle, connue pour ses engagements antiracistes, clame haut et fort l’importance des corps noirs dans son travail.
À gauche, “Holding Complexity” de Deborah Roberts (2023). À droite, “California Diary (Black is different)” de Niki de Saint Phalle (1994)
Technique mixte sur toile ; Sérigraphie en couleurs • 165,1 x 137,2 cm ; 80 x 120 cm • © Deborah Roberts ; Courtesy Galerie Mitterrand / Paul Bardagjy ; © Niki de Saint Phalle Foundation ; Courtesy Galerie Mitterrand / Aurélien Mole
Cette série de peintures-collages intitulée « Période Nègre : The Conversation Continues » fait aussi référence à la période pendant laquelle Picasso est allé puiser son inspiration dans l’art africain pour créer le cubisme, et que Deborah Roberts se réapproprie pour l’appliquer au corps noir américain : « L’art c’est un cycle : il est crucial de créer cette conversation avec des artistes, qu’ils soient vivants ou morts. »
Deborah Roberts and Niki de Saint Phalle: The Conversation Continues
Du 26 mai 2023 au 22 juillet 2023
Galerie Mitterrand • 79 Rue du Temple • 75003 Paris
mitterrand.com
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