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Réouverture

À Marseille, le musée d’art contemporain reprend vie !

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Après quatre années de travaux, le musée d’art contemporain de Marseille a inauguré jeudi 7 avril des espaces repensés, une nouvelle terrasse ensoleillée et une exposition dédiée à l’Italienne Paola Pivi. Une inauguration festive, où l’on a vu des élus de la ville arpenter en chaussettes roses une œuvre immersive, des manifestants profiter de la présence des journalistes pour clamer leur colère et une foule compacte s’enjouer pour une performance de (La)Horde. Reportage.
[mac], musée d’art contemporain de Marseille
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[mac], musée d’art contemporain de Marseille

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© Photo de W.Squitieri

[mac], entrée du musée d’art contemporain de Marseille
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[mac], entrée du musée d’art contemporain de Marseille

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© Ville De Marseille

Marseille, 8e arrondissement. Loin, très loin du Vieux-Port mais à deux pas des plages du Prado, le musée d’art contemporain se vit comme une parenthèse entre deux bains de soleil − d’ailleurs son nom s’écrit entre crochets : [mac]. Excentré certes, mais bien placé puisque le musée est situé dans un quartier agréable, juste à la lisière du parc de Bonneveine. Il y est même désormais intégré, grâce à une nouvelle passerelle conçue par le Bureau Architecture Méditerranée (BAM), jeune agence marseillaise chargée de la renaissance du musée. Sa mission a consisté en quelques ajouts majeurs (un hall d’entrée avec une belle hauteur sous plafond, un espace pour l’accueil des publics, un centre de documentation, une rampe menant à une grande terrasse sur le toit…) et des ajustements pour retrouver la richesse occultée au fil des années de l’architecture originelle du lieu (rouvrir des baies vitrées sur le ciel, dégager les travées et les perspectives…).

Un « lieu de vie » pour attirer les publics les plus éloignés

Avec sa terrasse libre d’usage, dont l’accès est gratuit et n’oblige pas à passer par l’intérieur du musée, son cinéma et ses collections gratuites − comme toutes celles de Marseille −, le [mac] veut s’affirmer en « lieu de vie », appuie Nicolas Misery, dynamique directeur des musées de la Ville. Le refrain est bien connu, quoique louable : il s’agit d’attirer ici toutes sortes de visiteurs, y compris les plus éloignés du monde de la culture. Pour ce faire, le [mac] a utilisé son temps de fermeture pour « aller dans tous les quartiers de Marseille afin de faire vivre les collections », c’est-à-dire dans les écoles, les centres sociaux, les mairies de secteur et les salles de quartier, où les médiateurs, armés de mallettes, de projecteurs et d’œuvres, ont tâché de diffuser au maximum les collections. « Ça nous a permis de nous rapprocher des publics, et de leur faire comprendre notre démarche », constate Nicolas Misery. Résultat ? En termes de visites de groupes (scolaires, etc), « nous sommes complets pour les quatre prochains mois. »

Jean Michel Basquiat ; César, King Of The Zulus, 1984-85 (à gauche) ; Le Pouce, 1965 (à droite)
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Jean Michel Basquiat ; César, King Of The Zulus, 1984-85 (à gauche) ; Le Pouce, 1965 (à droite)

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Technique mixte sur toile ; Bronze poli • 208 x 173 cm ; 200 x 100 cm de diamètre • © The estate of Jean-Michel Basquiat / Adagp, Paris 2023, Photo Chipault-Soligny / Ville de Marseille © SBJ / Adagp, Paris 2023, Photo Chipault-Soligny / Ville de Marseille

Une relecture en chapitres prenant le pouls du monde actuel, avec notamment de belles réflexions sur le genre et l’identité.

À l’origine du musée, il y a le docteur Gustav Rau (1922–2002), un collectionneur qui avait fait construire ce bâtiment pour y montrer ses œuvres, mais, y ayant renoncé, en a fait don à Marseille − trop contente d’y ouvrir son propre musée d’art contemporain dès 1994. Divisé en neuf travées, auxquelles s’ajoute désormais une ancienne réserve transformée en salle d’exposition, l’espace en consacre trois aux accrochages temporaires et six aux collections. Celles-ci font plaisir à voir, non seulement pour leurs chefs-d’œuvre, dont certains ont été restaurés (un très beau Basquiat, La DS (1993) pour une personne de Gabriel Orozco, un Pouce (1965) de César, la spectaculaire Rotozaza I (1967) de Jean Tinguely), mais aussi pour sa relecture en chapitres prenant le pouls du monde actuel, avec notamment de belles réflexions sur le genre et l’identité (Louise Bourgeois, Maïa Izzo-Foulquier, Valie Export…) ou sur la transdisciplinarité. Des artistes marseillaises ou passées par la ville sont également mises en lumière, ce qui nous offre l’occasion plaisante de (re)voir la stupéfiante vidéo La Voie lactée (2016) Marie Bovo, mise en scène de Marseille envahie par le lait…

Maïa Izzo Foulquier, Homme Sandwich / Femme Propagande
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Maïa Izzo Foulquier, Homme Sandwich / Femme Propagande, 2018

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Dépôt Du Centre National Des Arts Plastiques © Droits Réservés, Cnap, Photo Courtesy Of Maïa Izzo Foulquier

 

Un long couloir de toiles de jean où l’on peut s’aventurer après avoir ôté ses chaussures et enfilé des chaussettes rose fluo.

Pour célébrer sa réouverture, le [mac] a choisi d’exposer l’artiste Paola Pivi (née en 1971), Milanaise émigrée en Alaska, où elle crée des installations spectaculaires, pop et rigolotes, tels les gros ours polaires colorés qui ont fait sa signature [ill. ci-dessous]. Représentée par la galerie Perrotin, l’artiste récemment exposée au Andy Warhol Museum de Pittsburgh déploie un univers joyeux où, nous dit le directeur du musée Thierry Ollat, peut se glisser un soupçon acide de réflexion sur le monde globalisé (les ours polaires et la crise écologique, par exemple), mais qui surtout réjouit par son côté festif et interactif (et très instagrammable…). Preuve en est, son installation monumentale Free Land Scape (2022), qui consiste en un long couloir de toiles de jean où l’on peut s’aventurer après avoir ôté ses chaussures et enfilé des chaussettes rose fluo, a remporté un franc succès le soir de l’inauguration. C’était la grande attraction du moment, les élus, les journalistes et jusqu’au maire de la ville, Benoît Payan, se prêtant au jeu avec un plaisir manifeste, devant les flashs crépitants des photographes. [NDLR : cet article a été écrit avant l’effondrement d’un immeuble rue de Tivoli à Marseille.]

Paola Pivi, Vue de l’exposition « It’s not my job, it’s your Job » au [mac]
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Paola Pivi, Vue de l’exposition « It’s not my job, it’s your Job » au [mac], 2023

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mousse d’uréthane, plastique et plumes • © Courtesy of the artist et Perrotin / Photo de Hugo Glendinning

L’inauguration, qui a précédé un week-end de festivités et d’activités pour les familles, a également marqué les esprits avec une performance ultra-sexy de (La)Horde, emblématique ballet de Marseille (l’une des plus grandes fiertés culturelles de la ville actuellement). On n’oubliera pas de citer les quelques manifestants, « travailleurs du monde de l’art », venus devant le micro rappeler leur colère (contre leur précarité, contre la réforme des retraites) le temps d’un happening politique imprévu. Sagement contenu toutefois, les militants ne souhaitant pas gâcher la fête mais simplement profiter de sa tribune. Fête où l’on a vu se presser une foule de Marseillais impatients de retrouver leur musée… Et dont la réouverture apparaît, d’ores et déjà, comme une réussite.

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[mac] - musée d'art contemporain de Marseille

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Paola Pivi – It's not my job, it's your job / Ce n’est pas mon travail, c'est votre travail

Du 7 avril 2023 au 6 août 2023

musees.marseille.fr

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