Lyon

En partenariat avec macLYON

http://macLYON

Au macLYON, un grand collectionneur d’art dévoile ses désordres

Par

Publié le , mis à jour le
Le musée d’art contemporain de Lyon invite Antoine de Galbert à exposer un large choix d’œuvres de sa collection sur tout un étage du musée, où se côtoient grands noms et signatures plus confidentielles. Une vision personnelle de l’art pleine d’audaces.
Thibault Scemama de Gialluly, Collectionneur d’emmerdes
voir toutes les images

Thibault Scemama de Gialluly, Collectionneur d’emmerdes, 2016

i

Collection Antoine de Galbert

Collectionneur d’emmerdes : cette peinture du jeune Thibault Scemama de Gialluly (né en 1987), qui l’affirme vertement en toutes lettres sur un fond rose, a sûrement fait sourire Antoine de Galbert. Pendant plus de quatorze années, de 2004 à 2018, le collectionneur a fait palpiter la vie culturelle parisienne avec la maison rouge, son espace d’expositions où il dévoilait ses coups de cœur très éclectiques : grands noms de l’art moderne, jeune génération, figures de l’art brut ou encore objets ethnographiques…  Après 130 expositions, l’aventure singulière de cet ex-contrôleur de gestion, héritier d’une grande fortune, lancé dans l’art en 1987 en s’improvisant galeriste à Grenoble, aurait pu se terminer là.

Mais on n’arrête pas la passion de l’art aussi facilement ! « La fermeture de la maison rouge n’a aucunement modifié ou atténué mon désir de collection », avoue Antoine de Galbert dont la fondation– reconnue d’utilité publique – continue de soutenir la création, en parallèle aux incursions de ses œuvres personnelles dans les musées. Ainsi le collectionneur continue d’exposer un peu partout : « J’ai déjà montré des extraits de ma collection aux musées des Beaux-Arts de Lyon et de Grenoble, au Muzeum Sztuki de Lodz, en Pologne, au MAAT de Lisbonne, au Portugal… »

Au musée d’art contemporain de Lyon, on lui a fait confiance pour surprendre les visiteurs avec une sélection d’œuvres (environ 200 au total) peu ou jamais montrées auparavant, dévoilées aux côtés de quelques acquisitions récentes.

Une collection très personnelle sur tout un étage

Qu’est-ce qui plaît à l’œil d’Antoine de Galbert ? Déployé sur tout un étage, le parcours du macLYON réserve son lot de surprises irrévérencieuses, exprime une désobéissance face au (bon) goût, un art qui se fiche bien souvent des règles. Ça commence avec une courte vidéo en noir et blanc de Radenko Milak (né en 1980), où l’on voit s’effondrer la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans une brume rappelant les films des expressionnistes allemands du début du XXe siècle.

De René Magritte à Shary Boyle, un bazar visuel

Bienvenue dans la tête d’Antoine de Galbert ! Un imaginaire en « Désordres », pour emprunter le titre donné à l’exposition lyonnaise, où se côtoient une céramique de l’artiste canadienne Shary Boyle (née en 1972), un dessin de René Magritte (1898–1967), une tête du Vanuatu… Une planche anatomique du XVIIIe siècle voisine avec une petite sculpture textile de Yayoi Kusama (née en 1929). Clou de cette étonnante visite, une vitrine de 20 mètres de long, façon cabinet de curiosité, qui abrite des œuvres et des objets de cultures et d’époques différentes, de l’art brut à l’ethnographie, en passant par des pointures de l’époque moderne.

Shary Boyle, King Cobra
voir toutes les images

Shary Boyle, King Cobra, 2010

i

Collection Antoine de Galbert

© Rafael Goldchain

Une histoire d’œil

Peinture, installation, sculpture… Si le fil qui relie les œuvres entre elles reste mystérieux, aucun choix d’Antoine de Galbert ne laisse indifférent : de L’Armée de la Paix, avec sa ribambelle de personnages et d’animaux kitchs que réunit Ingrid Berger (née en 1967) dans une manifestation silencieuse, aux portraits troublants de la Japonaise Mari Katayama (née en 1987) affichant ses prothèses de jambes.

À gauche : « L’Armée de la Paix » détail, Ingrid Berger, 2019 ; À droite : « Burning House », Ida Tursic & Wilfried Mille, 2006
voir toutes les images

À gauche : « L’Armée de la Paix » détail, Ingrid Berger, 2019 ; À droite : « Burning House », Ida Tursic & Wilfried Mille, 2006

i

Collection Antoine de Galbert

À gauche : © Marc Domage ; À droite : © Etienne Pottier

« Seul le regard des autres peut définir une collection qui est déjà en elle-même un mode d’expression », affirme le collectionneur autodidacte. Dans la sélection montrée au macLYON, une huile sur toile du duo formé par Tursic & Mille (nés en 1974), finalistes du prix Marcel Duchamp en 2019, montre des maisons en feu, tandis que Stéphane Thidet (né en 1974) réactive un souvenir d’enfance en brisant, quelques jours avant l’ouverture de l’exposition « Désordres », d’immenses vitres au musée… Toute une verrière de quatre mètres de haut volant en éclats : façon de faire surgir la beauté au milieu du chaos.

Arrow

Désordres - Extraits de la collection Antoine de Galbert

Du 8 mars 2024 au 7 juillet 2024

www.mac-lyon.com

Arrow

À voir aussi en ce moment

Arrow

Sylvie Selig, River of No Return

Du 8 mars 2024 au 7 juillet 2024

www.mac-lyon.com

Arrow

Friends in Love and War — L’Éloge des meilleur·es ennemi·es

Du 8 mars 2024 au 7 juillet 2024

www.mac-lyon.com

Retrouvez dans l’Encyclo : Art brut

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi