En partenariat avec MAIF Social Club

Roxane Andrès, AnatomIA
© Jean-Louis Carli / MAIF
D’ordinaire, un écorché a tout pour nous dégoûter. Avec ses muscles sans peau, ses os à nu et ses organes, cette emblématique illustration anatomique fascine les artistes depuis le XVIIe siècle – qui le représentent volontiers homme, fort, grand, évidemment. Soucieuse de renouveler le genre, l’artiste et designer Roxane Andrès (née en 1981) a décidé, sur commande du MAIF Social Club, d’en donner une version tout autre, séduisante, féminine, textile.
Sa tapisserie AnatomIA (2024) ouvre ainsi l’exposition « Faisons corps » et donne à lire (et à toucher !) l’anatomie d’une femme, tuftée à la main et truffée de petites fleurs, qui viennent ajouter de la douceur et de la sensualité à ce corps à nu. Une mini révolution dans la représentation scientifique du corps humain !
À deux pas de cette première œuvre, les assises élastiques sChaises conçues par le studio Smarin imaginent de nouvelles façons de s’asseoir, pour mieux résister à la sédentarité de nos modes de vie contemporains, et proposent carrément de sautiller tout en restant assis.
Nicolas Guiet, MDLR, 2024
© Jean-Louis Carli / MAIF
Mais si le design change et s’adapte au corps, qu’en est-il de l’architecture ? La question est posée par l’artiste Nicolas Guiet (né en 1976), qui provoque dans une sculpture monumentale la rigueur sévère des proportions du célèbre Modulor de Le Corbusier. Comment ? En faisant dialoguer les dimensions pensées par le maître (pour le corps debout, assis, accoudé…) avec des formes roses, bulles spontanées qui débordent des lignes géométriques pour mieux y ramener de la vie.
Après ce premier chapitre intitulé « Mesurer nos forces », le MAIF Social Club interroge notre rapport à l’altérité dans « Identifier d’où nous parlons » avec le monstre de mousse polyuréthane de l’artiste norvégienne Andrea Scholze (née en 1988). Debout mais penchée, figée dans une attitude malhabile, cette effrayante créature n’a au demeurant rien de menaçant ; au contraire, elle semble symboliser nos peurs, excessives face à nos congénères, projections de nos propres angoisses… Et, finalement, provoque notre tendresse.
À gauche : “Juste pour être là”, Andréa Scholze ; À droite : “Le Sourire de Judy” et “Les Pièges des rêves perdus”, Myriam Mechita
© Jean-Louis Carli / MAIF
Toujours virtuose, l’artiste Myriam Mechita (née en 1974) y fait face avec une série de céramiques, morceaux de corps pop et délurés, ainsi qu’avec le dessin ahurissant d’une contorsionniste, illustration littérale des contraintes intenables imposées aux femmes. Le corps est politique, ne l’oublions pas !
Vue de l’exposition « Faisons corps » au MAIF Social Club
© Jean-Louis Carli / MAIF
Enfin, on s’arrêtera sur deux œuvres d’Élisabeth Daynès (née en 1960), paléo-sculptrice qui travaille avec des scientifiques pour redonner un visage aux crânes trouvés par les archéologues. Elle présente ici le portrait en hologramme d’une femme âgée de 25 000 ans, qui interroge notre rapport à nos ancêtres les plus anciens. Face à elle, un spectateur immobile et captivé – on se rend compte, stupéfait, qu’il n’est autre que la sculpture hyperréaliste d’un homme (le fils d’Élisabeth Daynès). Celui-ci apparaît comme notre double, un visiteur parmi d’autres, alors qu’il est œuvre parmi les œuvres… Troublant !
Faisons corps
Jusqu’au 4 janvier 2025
programmation.maifsocialclub.fr
MAIF Social Club • 37 Rue de Turenne • 75003 Paris
www.maifsocialclub.fr
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