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Au Petit Palais, plongée dans le tourbillon de la modernité

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Après les grande expositions « Paris romantique, 1815–1848 » et « Paris 1900, la Ville spectacle », le Petit Palais poursuit son exploration de l’histoire de la capitale avec « Le Paris de la modernité ». Arts, mode, joaillerie, spectacle vivant… Le parcours riche de plus de 400 œuvres met en lumière la prodigieuse créativité des années 1905 à 1925 en réunissant quelques-uns des plus grands artistes de cette période, de Pablo Picasso à Sonia et Robert Delaunay, en passant par Amedeo Modigliani, Chana Orloff, Fernand Léger, Marie Laurencin…
Pablo Picasso, Buste de femme ou de marin (étude pour Les Demoiselles d’Avignon)
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Pablo Picasso, Buste de femme ou de marin (étude pour Les Demoiselles d’Avignon), 1907

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Les « Demoiselles » font trembler Montmartre

Berceau des avant-gardes, Montmartre a accueilli un formidable vivier d’artistes venus de toute l’Europe, parmi lesquels Picasso. Dans son fameux atelier du Bateau-Lavoir, il peint, en 1907, les Demoiselles d’Avignon, toile manifeste du cubisme figurant cinq nus féminins. L’artiste rompt totalement avec la tradition occidentale. Il puise l’inspiration dans un corpus de formes géométriques auquel se mêlent des références aux arts premiers. L’exposition évoque ce moment charnière de l’histoire de l’art avec cette étude représentant un buste de femme ou de marin réalisée au printemps 1907 et qui annonce les grandes lignes du chef-d’œuvre (et l’ampleur du scandale) à venir.

Huile sur carton • 53,5 x 36,2 cm • Coll. Musée national Picasso, Paris • © Succession Picasso 2023 - Gestion droits d’auteur / Photo © RMN-Grand Palais presse / Adrien Didierjean

Gino Severini, La Danse du pan-pan au “Monico”
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Gino Severini, La Danse du pan-pan au “Monico”, 1909-1960 (réplique de l’original de 1910-1911)

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Danse futuriste

Apparu en 1909 en Italie sous l’impulsion de Filippo Tommaso Marinetti, dont le fameux manifeste fait l’effet d’une bombe, le futurisme se déploie rapidement à l’international, en particulier en France. En 1912, Gino Severini présente à la galerie Bernheim-Jeune, cette toile monumentale inspirée par la danse. Décomposée en une multitude de facettes colorées, à la manière d’un kaléidoscope, une foule compacte est entraînée dans le tourbillon d’une fête endiablée, à l’image de celles qui animaient alors les cafés et cabarets parisiens. Décrite par Apollinaire comme « l’œuvre la plus importante qu’ait peinte un pinceau futuriste », la toile originale a disparu en 1926. L’œuvre exposée est une réplique réalisée par Severini dans les années 1960.

Huile sur toile • 280 x 400 cm • Coll. Centre Pompidou - Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle, Paris • © ADAGP, Paris 2023 / Photo RMN-Grand Palais presse / Hélène Mauri

Marcel Duchamp, Roue de bicyclette
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Marcel Duchamp, Roue de bicyclette, 1913-1914

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Tout roule pour Duchamp

Mouvement, vitesse, technique : à l’aube du XXe siècle, le boom des moyens de locomotion, en particulier de l’automobile et de l’aviation, bouleverse les artistes et leur rapport au monde. Alors qu’il arpente les allées du quatrième Salon de la locomotion aérienne en compagnie du peintre Fernand Léger et du sculpteur Constantin Brancusi en 1912, Marcel Duchamp s’exclame : « C’est fini, la peinture. Qui ferait mieux que cette hélice ? ». Profondément marqué par sa visite, il s’empare l’année suivante d’un tabouret, sur lequel il plante une roue de bicyclette qu’il fait tourner : les prémices du ready-made !

Objet, Métal, bois peint • 126,5 x 31,5 x 6,5 cm • Coll. Musée National d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris • © ADAGP, Paris 2023 / © Association Marcel Duchamp / Photo RMN-Grand Palais presse / Christian Bahier / Philippe Migeat

Marevna, La Mort et la femme
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Marevna, La Mort et la femme, 1917

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Le choc de la Grande Guerre

Une jeune femme en bas résille, le visage dissimulé par un masque à gaz, fait face à la mort, déguisée en soldat médaillé dans un uniforme bleu horizon. Sous leur pied, un sol en damier évoque un échiquier, renvoyant la guerre à un jeu sinistre. Cette œuvre aux accents cubistes de l’artiste d’origine russe Marie Vorobieff (dite Marevna) montre comment la Première Guerre mondiale ébranle les artistes. Certains, à l’image d’Ossip Zadkine ou de Guillaume Apollinaire, s’engagent dans les forces armées. D’autres encore le font à l’arrière, telle Marie Vassilieff qui crée une soupe populaire pour les artistes.

Huile sur bois • 107 x 134 cm • Coll. Association des Amis du Petit Palais, Genève • © Studio Monique Bernaz, Genève

Félix Vallotton, Portrait d’Aïcha Goblet
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Félix Vallotton, Portrait d’Aïcha Goblet, 1922

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Nouvelles têtes

Une fois la paix retrouvée, les Années folles viennent agiter la scène artistique et culturelle parisienne. La capitale voit alors émerger de nouvelles vedettes qui enflamment les cabarets et inspirent les artistes : Joséphine Baker, Kiki de Montparnasse ou Madeleine Julie Gobelet. Née d’un père martiniquais et d’une mère métropolitaine, cette comédienne, artiste de cirque et de music-hall, qui se fait connaître sous le pseudonyme orientalisant d’Aïcha, s’impose comme l’un des modèles favoris des avant-gardes et pose pour Henri Matisse, Kees van Dongen ou encore Félix Vallotton.

Huile sur toile • 100 x 81,5 cm • Coll. Hamburger Kunsthalle, Hambourg • © RMN-Grand Palais presse / image BPK

Tamara de Lempicka, Saint-Moritz
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Tamara de Lempicka, Saint-Moritz, 1929

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L’âge d’or de la « garçonne »

Cheveux coupés au carré, lèvres carmin en rappel de la couleur du pull masculin en laine, cette élégante skieuse apparaît, sur les sommets enneigés de Saint-Moritz, comme l’archétype du style Art déco. Réalisée par Tamara de Lempicka pour la une d’un magazine, ce portrait aux traits post-cubistes et néoclassiques témoigne surtout de l’avènement, dans les Années folles, de la figure de la « garçonne » et des sports d’hiver comme symboles d’une modernité résolument chic.

Huile sur bois • 35 x 27 cm • Coll. musée des Beaux-Arts d’Orléans • Photo François Lauginie / © ADAGP, Paris 2023 / © Tamara Art Heritage

Robert Delaunay, Paris – La femme et la tour
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Robert Delaunay, Paris – La femme et la tour, 1925

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Toujours plus moderne

En 1925, Paris accueille l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui rassemble 21 pays représentés par 150 galeries et pavillons éphémères. Pour décorer son pavillon, la Société des artistes décorateurs fait notamment appel à Robert Delaunay qui réalise une immense tour Eiffel de 4,25 mètres de haut (dont cette œuvre constitue une version réduite), autour de laquelle on distingue des usines, la place de la Concorde flanquée de son célèbre obélisque et le rond-point des Champs-Élysées. Icône de la Belle Époque, la tour Eiffel, qui pour l’artiste « parle à toute l’humanité », incarne toujours une certaine image de la modernité.

Huile sur toile • 52,5 x 207,5 cm • Coll. Staatsgalerie Stuttgart • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais presse

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Le Paris de la modernité (1905-1925)

Du 14 novembre 2023 au 14 avril 2024

www.petitpalais.paris.fr

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